Tourisme : Un nouveau départ pour la station balnéaire de Saidia
Souvent qualifiée de moribonde voire fantôme, la station balnéaire de la région de l’Oriental revient de loin. Pour la première fois depuis son lancement en 2007, ses 5 unités hôtelières ont réalisé des taux de remplissage proches de 100% au mois d’août dernier. Selon Youssef Zaki qui préside le centre régional du tourisme de l’Oriental, l’explosion estivale de sa fréquentation et son impact médiatique devraient mettre fin à une saisonnalité chronique qui entravait fortement son décollage économique.
"En attendant la publication des chiffres officiels, je peux d’ores et déjà affirmer que les hôtels de la station Saidia ont réalisé des taux d’occupation compris entre 90 et 100% durant le mois d’août. Si juin et juillet ont été satisfaisants, le mois dernier a connu une explosion inédite pour une station qui souffre depuis des années.
"Cette dynamique positive se poursuit d’ailleurs car nous tablons sur au moins 60% pour le mois actuel ce qui est un très bon chiffre sachant que la haute saison est terminée", nous révèle, très satisfait, Youssef Zaki qui préside le CRT de la région de l’Oriental.
"Saidia commence à prendre du poil de la bête"
Des propos inattendus de la part de ce professionnel qui n’hésitait pas à dénoncer, dans un de nos précédents articles, le manque de vision des gestionnaires et d’accompagnement de cette station "sinistrée" qui ouvrait ses portes pendant quelques mois soit insuffisamment pour devenir rentable.
Selon notre interlocuteur, "Saidia est en train de reprendre du poil de la bête et de monter enfin en puissance. Cela devrait donc profiter aux destinations proches comme la ville de Berkane, distante de 20 km, qui a connu une année catastrophique avec un taux de remplissage hôtelier d’à peine 20%".
Ce développement devrait, selon lui, se poursuivre sachant que la quasi-totalité des 5.000 lits ont été occupés et que la capacité litière de la station passera à 6.000 courant 2020.
Lancée en pleine crise mondiale (2008) dans le cadre du plan Azur, cette station balnéaire a longtemps été désertée par les touristes nationaux et étrangers sachant qu’elle n’ouvrait que 2 mois/an avant de diversifier récemment son offre avec apparemment beaucoup de succès.
Pari réussi pour SDS ?
Reprise en main depuis 2011 par la Société de développement de Saidia (SDS) qui a investi 1,6 MMDH, la station dont l’activité était quasi-sinistrée jusqu’à 2017, a dû être remise à niveau (voirie, assainissement, infrastructures de base …) pour devenir plus attractive avec plusieurs projets structurants (Golf, Aquarium …).
Au regard de l’affluence inédite du mois écoulé, il faut croire que la filiale du groupe CDG a réussi à mettre fin à la désaffection touristique en palliant aux nombreuses lacunes dont le manque d’activités.
Après la faible fréquentation des dix dernières années qui impactait sa rentabilité et menaçait même sa survie avec la fermeture en 2014 de l’hôtel Oriental Bay Beach, on peut donc parler de vraie renaissance pour cette énorme structure qualifiée il n’y a pas si longtemps par Nabil Doubi-Kadmiri, directeur général de SDS de peu attractive et moins sexy qu’Agadir.
Dans une interview accordée à Médias24, il affirmait la station n’avait pas encore atteint la masse critique nécessaire pour augmenter le nombre d’arrivées pendant toute l’année.
Avec un taux de remplissage hôtelier flirtant avec les 100%, il va sans dire que la station va faire parler d’elle au niveau national et international ce qui permettra d’allonger sa saisonnalité à toute l’année.
La fin de la saisonnalité pour 2020 ?
Entre la promotion croissante à l’international, le développement de sa capacité litière et des liaisons aériennes, Saidia devrait donc logiquement devenir plus attractive et monter en puissance.
Il aura donc fallu plus d’une décennie pour la faire sortir d’une saisonnalité qui plombait sa rentabilité. Passée de 3 à 7 mois puis à 9 jusqu’en 2018, son excellente performance durant l’été passé a donc de fortes chances de pousser ses structures hôtelières au nombre de 5 à ouvrir toute l’année 2020.
Paradoxalement, son modèle économique basé sur des formules All Inclusive, décrié car inédit pour des hôtels 5 étoiles, a finalement eu beaucoup de succès parmi ses clients nationaux et étrangers.
Selon le président Zaki, cette nouvelle rentabilité ne manquera pas de profiter à toute la région qui a connu une année très difficile. Optimiste, le président du CRT avance que le décollage de la station va se poursuivre jusqu’à atteindre le seuil de rentabilité bien plus vite que prévu.
En conclusion, notre interlocuteur pense qu’il faut arriver à une capacité litière de 10.000 voire 20.000 lits avant que cette destination ne devienne vraiment une vraie locomotive à l’instar d’Agadir pour le sud.
à lire aussi
Article : Bologne : la mort d’un Marocain lors d'une arrestation secoue l’Italie
Installé en Italie depuis plus de trente ans, Abderrahim Fakir a perdu la vie le 19 juillet sous les yeux de ses voisins. Retour sur un drame qui ébranle la péninsule italienne.
Article : Bank Al-Maghrib chiffre l’effet d’éviction du financement public sur le crédit au secteur privé
Bank Al-Maghrib estime qu’une hausse de l’encours des actifs publics détenus par les banques, équivalente à un point de PIB, est associée, à long terme, à une baisse de 0,79 point de PIB du crédit aux entreprises privées. Un chiffrage officiel du canal bancaire de l’effet d’éviction, alors que le privé peine encore à prendre le relais de l’investissement public.
Article : 800 drones lumineux pour retracer l’histoire du Chellah en septembre 2026
Le site archéologique du Chellah accueillera, du 4 au 8 septembre 2026, une série de spectacles de 800 drones lumineux dans le cadre du programme "Nostalgia, les émotions d’antan". Le projet, porté par le ministère de la Culture, est estimé à 5.320.080 dirhams.
Article : Secteur bancaire : ce qu’il faut retenir du bilan 2025 présenté par Bank Al-Maghrib
Le résultat net agrégé des banques a atteint 19,2 MMDH en 2025, porté par la progression des revenus récurrents et la baisse du coût du risque. Dans le même temps, les crédits ont augmenté de 6,5% et les dépôts de 7,6%, selon le bilan présenté par Bank Al-Maghrib.
Article : Curtiss-Wright prévoit une usine de traitement de surface au Maroc
Le groupe américain Curtiss-Wright prévoit d’implanter une nouvelle installation de traitement de surface au Maroc pour accompagner le développement de l’industrie aérospatiale. L’entreprise évalue actuellement plusieurs sites et vise une mise en service de cette future unité à la mi-2027.
Article : Pour l’AEI, les marchés pétroliers résistent, pour l'instant
Malgré l'aggravation des tensions au Moyen-Orient et les menaces qui pèsent désormais sur les détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb, les marchés pétroliers restent, pour l'heure, relativement résilients, estime l'Agence internationale de l'énergie.