img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Services publics en ligne: encore beaucoup de chemin à faire

Le ministère de la Réforme de l’administration et de la fonction publique s'aligne sur les constats établis par la Cour des comptes dans son dernier rapport sur les services publics en ligne. Il planche sur la finalisation du schéma directeur de transformation numérique de l'Administration et appelle au soutien de l'Agence de développement digital.

Btissam Zejly
Le 11 juin 2019 à 18h59 | Modifié 11 avril 2021 à 2h42

On s'attendait à une posture défensive de la part du ministère de la Réforme de l’administration et de la fonction publique, après le rapport critique publié par la Cour des comptes des services publics en ligne. Il n’en est rien.

Lors de la journée d’étude consacrée à l’évaluation de la maturité des services publics en ligne, organisée ce mardi 11 juin 2019 à Rabat par le ministère, Mohamed Benabdelkader a reconnu que: "Les technologies ont beaucoup évolué ces 20 dernières années, mais l’impact sur le citoyen en matière de services publics en ligne reste très limité".

Le ministre appelle à la nécessité d’avoir une stratégie claire basée sur l’harmonisation des systèmes d'information adoptés par les différentes administrations. La simple mise en place d’outils techniques au niveau de chaque administration a montré ses limites.

"Dans certaines administrations, le service en ligne répond au besoin du citoyen, mais ce n’est pas le cas partout. Il faut harmoniser l'ensemble, en retenant une approche de transparence et d’efficacité. Le service en ligne ne peut pas constituer un prolongement de la complexité des procédures déjà existantes. Son rôle c’est la simplification", martèle-t-il.

Vide juridique

Parmi les freins au développement de la transformation numérique de l’Administration vient en premier le cadre juridique. "La transformation numérique ne peut pas se faire en l’absence d’un cadre juridique. Le service en ligne doit être basé sur une référence légale. La notion du document administratif numérique doit être imposée et intégrée dans les mentalités", soutient Mohamed Benabdelkader.

Ce cadre juridique doit définir les relations aussi bien entre l’administration et le citoyen, mais également entre les différentes administrations, notamment quand il s’agit d’échanger les données. Cet échange d’informations est salvateur pour le citoyen quand il s’agit d'accomplir une procédure impliquant plusieurs administrations.

"Une administration ne doit plus continuer à demander au citoyen des papiers administratifs disponibles ches d’autres administrations", critique le ministre.

Le projet de loi sur l'administration numérique bientôt au Conseil de gouvernement

Le projet de loi sur l’administration numérique devrait répondre en grande partie à ces problématiques. "Nous avons collaboré avec les collègues du ministère de l’Industrie au vu de leur expérience dans le domaine de la transformation numérique afin de faire murir le projet de loi sur la transformation numérique (ou le projet de loi sur l’administration numérique) et nous avons pris en considération l’ensemble de facteurs. Il y a quelques jours nous avons envoyé ce projet de loi au SGG afin de le soumettre au conseil de gouvernement lors de ses prochaines réunions", affirme Mohamed Benabdelkader.

Ce projet de loi a pour base les études élaborées par le ministère de tutelle et les rapports des différentes institutions constitutionnelles du pays, notamment la Cour des comptes.

En attendant la concrétisation de ce projet de loi, le ministère de la Réforme de l’administration se consacre pour l’heure à la mise en place d’un schéma directeur de transformation numérique de l’administration publique, qui est à sa phase de finalisation.

"L’administration a besoin par ailleurs du soutien de l’ADD (Agence du développement du digital) qui prépare la feuille de route de cette transformation numérique", déclare le ministre.

Les professionnels sont mieux "servis" que les citoyens

Le département de tutelle a présenté lors de cette journée, les résultats de son étude consacrée à l’évaluation de la maturité des services numériques. "Nous mettons en place plusieurs mécanismes réformateurs, mais il y a rarement des études d’impact de ces mesures et de la satisfaction qui est le premier critère renseignant sur la qualité d’un service administratif à l’international", argue Mohamed Benabdelkader.

Il existe différents types de services en ligne: informationnels, interactifs, transactionnels...

Siham Lakramti, directrice du service des études et applications mutualisées au sein du ministère de la Réforme de l’administration a formulé les principaux constats de cette étude. Il en ressort:

- Il existe 453 services en lignes dans 87 administrations.

- 260 services sont fournis par 34 administrations contre 193 services fournis par 53 des établissements publics. La majorité de ces services sont, donc, concentrés dans les secteurs ministériels et les hauts commissariats.

- 46% des services sont toujours au premier niveau de maturité numérique (des services qui fournissement uniquement des informations).

- La plupart des services de premier niveau sont situés au niveau des ministères avec 121 services (soit 52%).

- La maturité des services principaux est très faible (17% seulement des services principaux ont été numérisés au niveau 4 qui correspond à un numérisation totale).

- Les services complémentaires sont plus matures puisque 78% de ces services sont numérisés (au niveau 4).

- La maturité des services en ligne adressés au citoyen est inférieure à celle des services fournis aux professionnels. 60% des services en ligne adressés au citoyen sont au niveau 1 de la numérisation. En face, 38% des services en lignes adressés aux professionnels se situent au niveau 3 en termes de numérisation et 25% sont au niveau 4.

70% des services en ligne exécutés par deux administrations au moins sont à un niveau de maturité de niveau 1.

- 89% des services en ligne du niveau 4 sont indépendants. C’est-à-dire des services exécutés par une seule administration. "L’effort d’échange et d’intégration des données entre les différentes administrations est donc une priorité", explique Siham Lakramti.

Les recommandations du ministère

L’étude a émis des recommandations pour garantir un développement en bonne et due forme des services publics en ligne. Elles sont au nombre de six:

1-    Simplifier les procédures et réduire le nombre des étapes en numérisant les services. "Une numérisation sans la réduction du nombre d’étapes ne sert à rien", soutient Siham Lakramti.

2-    Revoir l’architecture des procédures de services en ligne. "Sinon, nous allons reproduire la complexité des procédures classiques", Siham Lakramti.

3-     Développer dès le départ des services en ligne de niveau 4. Dans le cas contraire, l’administration crée des redondances entre documents digitaux et documents en papier.

4-     Mieux informer le public sur le fonctionnement des services en ligne (délais, description des étapes, etc.)

5-     Instaurer des mécanismes et un climat encourageant la numérisation tel que l’identité numérique par exemple, le cadre juridique, le signature électronique…

6-     Instaurer l'échange de données entre les différentes administrations.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Tags : Benabdelkader
Btissam Zejly
Le 11 juin 2019 à 18h59

à lire aussi

Sahara : l'UE juge l'autonomie sous souveraineté marocaine comme la solution “la plus réalisable”
DIPLOMATIE

Article : Sahara : l'UE juge l'autonomie sous souveraineté marocaine comme la solution “la plus réalisable”

L'Union européenne a affiché jeudi 16 avril 2026 à Rabat une position nettement plus explicite sur le Sahara marocain, en estimant qu'"une autonomie véritable" sous souveraineté marocaine pourrait constituer "une solution des plus réalisables" pour clore ce différend régional.

DGI. Facturation électronique : lancement en préparation, les détails avec Younes Idrissi Kaitouni
ECONOMIE

Article : DGI. Facturation électronique : lancement en préparation, les détails avec Younes Idrissi Kaitouni

Validation en temps réel, rôle central de la DGI dans la circulation des factures, intégration des systèmes d’information et contrôle renforcé des délais de paiement… La réforme de la facturation électronique se précise, avec un déploiement progressif et un écosystème en cours de structuration.

Réduction des effectifs d’ingénieurs chez Renault. Première réaction de Renault Maroc
ECONOMIE

Article : Réduction des effectifs d’ingénieurs chez Renault. Première réaction de Renault Maroc

En annonçant une réduction de ses effectifs d’ingénieurs dans ses centres de recherche et développement, Renault fait naître des interrogations au Maroc, où le groupe vient de lancer un nouveau centre d’ingénierie en 2025.

Dans le Haut Atlas marocain, l’Observatoire de l’Oukaïmeden se veut un hub scientifique mondial
Science

Article : Dans le Haut Atlas marocain, l’Observatoire de l’Oukaïmeden se veut un hub scientifique mondial

Derrière ses dômes blancs, l’Observatoire de l’Oukaïmeden s’est mué en quelques années en une véritable machine à découvertes. Fort de plus de 4.700 objets célestes identifiés et de collaborations internationales de haut niveau, il s’affirme désormais comme une infrastructure stratégique, à la croisée de la recherche, de la technologie et de la souveraineté scientifique. Et ce n'est qu'un début.

Dakhla : un mégaprojet de datacenters verts de 500 MW lancé pour asseoir la souveraineté numérique du Maroc
Régions

Article : Dakhla : un mégaprojet de datacenters verts de 500 MW lancé pour asseoir la souveraineté numérique du Maroc

Une convention entre plusieurs institutions publiques acte le démarrage des études chargées de fixer le modèle économique, la gouvernance et les modalités de financement du programme.

Coupe du monde 2026. Ce que disent les chiffres sur les retombées économiques
Football

Article : Coupe du monde 2026. Ce que disent les chiffres sur les retombées économiques

Le rapport de la FIFA et de l’Organisation mondiale du commerce sur la Coupe du monde 2026 donne une estimation des retombées économiques de la compétition, aussi bien dans les pays organisateurs qu’à l’échelle mondiale. Des projections qui se recoupent sur plusieurs aspects avec celles annoncées en vue du Mondial 2030.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité