Fuite des cerveaux du Maroc: La réponse très diplomatique de Johannes Hahn
[Bruxelles].- Au Maroc, la fuite des cerveaux vers l’Europe est un sujet de préoccupation. Si le phénomène induit la responsabilité des autorités marocaines, il interpelle aussi les instances européennes, en raison de la politique attractive adoptée par certains Etats membres.
«Nous en sommes conscients », assure Johannes Hahn, commissaire en charge de la Politique européenne de voisinage et des négociations d'élargissement. Il s’exprimait, ce mardi 21 mai à Bruxelles, en marge de l’événement « EU MED means Business ». «La thématique de la fuite des cerveaux est constamment présente dans notre agenda ».
Pour M. Hahn, le phénomène est le résultat de multiples facteurs. « En tant qu'Européens, bien sûr, nous sommes confrontés à des problèmes de manque de main-d'œuvre qualifiée », concède le commissaire, mais il est également « important de stimuler l’économie pour donner aux gens des perspectives » dans leurs pays d’origine, dit-il en répondant à une question de Médias24, présent sur place.
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« Vous savez que 80% des gens préféreraient rester travailler » dans leurs pays respectifs et « avoir leurs familles là où ils sont nés ». Il y a un intérêt « naturel » en ce sens, mais « les conditions doivent être réunies » en conséquence.
« Je pense que c’est une chose à laquelle nous devrions penser : Que pouvons-nous faire pour créer un climat et un environnement qui fassent que les personnes qui ont émigré en Europe soient d’accord pour revenir ? », s’interroge notre interlocuteur.
Favoriser le retour et l'investissement de la diaspora
Le problème n’épargne pas des pays européens. « Même à l'intérieur de l’UE, nous avons des pays qui souffrent de la migration de leurs peuples vers d'autres régions de l’Europe ». Le fait est que ces pays ont pris des mesures pour y faire face, en créant notamment des « programmes spéciaux afin d’inciter la diaspora à investir de nouveau dans leur propre pays ou même à s’y installer de nouveau », assure le commissaire.
M. Hahn donne la Roumanie en exemple. Dans ce pays de l’Europe de l’Est, « un tiers des entreprises nouvellement créées sont financées ou créées par des personnes qui ont émigré et qui ont décidé de revenir », rapporte-t-il.
Dans la politique de voisinage, la question de la migration des compétences est un sujet de préoccupation. Entre l’Europe et ses partenaires du Sud, des projets de partenariat peuvent caler sur ce point.
« Avec la Tunisie, nous discutions à propos d’un accord de partenariat relatif à la recherche et l’innovation (Horizon 2020). Je me souviens qu'au moment de la signature, il y a eu des hésitations car on craint toujours que tous ces programmes soient perçus comme une invitation des meilleurs talents et des compétences à s’installer en Europe », indique M. Hahn.
Organisé à Bruxelles, la rencontre EU Med means Business rassemble décideurs, incubateurs, entrepreneurs et institutionnels. L'événement se déroule le 20 et 21 mai. L’objectif est de faire le point sur les moyens mis en œuvre dans le partenariat UE et pays du sud de la Méditerranée pour la promotion de l'entrepreneuriat, de l'investissement et de l'innovation.
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