Riad à Marrakech et paradis fiscaux: les Balkany au tribunal
Soupçonnés d'avoir dissimulé plus de 13 millions d'euros d'avoirs au fisc, en particulier deux luxueuses villas au Maroc et dans les Caraïbes, les édiles de Levallois-Perret Patrick et Isabelle Balkany sont jugés à partir de ce lundi 13 mai à Paris, notamment pour fraude fiscale et blanchiment.
Le tonitruant maire LR de cette riche commune de l'ouest parisien et son épouse, première adjointe, doivent comparaître pendant six semaines devant le tribunal correctionnel.
Une incertitude plane toutefois sur la présence à l'audience d'Isabelle Balkany, hospitalisée le 1er mai après avoir absorbé des médicaments et dénoncé sur Facebook une "instruction exclusivement à charge".
Les juges d'instruction avaient débuté leur enquête en 2013 après des révélations de Didier Schuller, un ancien allié du couple.
Ils accusent aujourd'hui les Balkany de "blanchiment à grande échelle" entre 2007 et 2014: d'avoir dissimulé au fisc des revenus et un patrimoine "occultes" à hauteur "au minimum" de 13 millions d'euros, en particulier deux propriétés cachées derrière d'exotiques montages financiers.
La première propriété, la villa Dar Gyucy de Marrakech, est détenue depuis 2010 par une SCI marocaine propriété d'une société panaméenne, Hayridge. Cette dernière est au nom de Jean-Pierre Aubry, l'homme de confiance de Patrick Balkany à Levallois. M. Aubry et l'avocat Arnaud Claude devront répondre de leur "rôle central" dans le montage financer autour du riad.
La seconde, la villa Pamplemousse, acquise en 1997 par une société constituée au Liechtenstein par une fiduciaire suisse, est sise à Saint-Martin, aux Antilles.
Isabelle Balkany, 71 ans, a fini par reconnaître qu'elle en était propriétaire, expliquant l'avoir achetée avec l'argent d'un héritage. Son époux, 70 ans, en est officiellement bénéficiaire depuis 2004.
La justice a saisi le riad, le produit de la vente de la villa Pamplemousse et le moulin de Giverny, où résident les Balkany en Normandie.
L'Etat, le fisc et les associations anticorruption Sherpa et Anticor occuperont les bancs des parties civiles.
(Avec AFP)
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