Le 2ème forum des partenariats public-privé (PPP), co-organisé par le Ministère de l’Economie et des Finances (MEF) et la Banque Islamique de Développement (BID), jeudi 28 février à Rabat, a réuni experts et investisseurs privés pour débattre des moyens d’améliorer l’environnement juridique et institutionnel des Partenariat public-privé (PPP), notamment sur le continent africain.
Intervenant lors du 3ème panel du forum, intitulé ‘’Etendre les solutions de financement: mécanismes innovants pour les PPP’’, Mohamed Kettani, Président du groupe Attijariwafa Bank, a proposé d'utiliser les leviers offerts par la finance islamique pour développer les PPP.
Dans un contexte où les moyens de financement sont limités, et vu que la finance islamique est en plein essor au Maroc, Kettani estime qu'il faut la mettre au service des PPP. ’La finance islamique peut être un moteur extrêmement important pour le développement des PPP’’, a-t-il souligné.
A rappeler que la première émission de sukuk souverains, d'un montant de 1 MMDH, qui a eu lieu le vendredi 5 octobre, a été souscrite 3,6 fois, soit une demande de 3,6 MMDH et un taux de satisfaction de la demande de 28%. C'est dire que les besoins de financement classiques ne sont plus suffisants et que le marché épie d'autres alternatives de financement.
Dans ce cadre, Mohamed Kettani plaide pour un cadre législatif et institutionnel ‘’pour régir les PPP de manière stable, transparente et efficace‘’.
Le PDG d'Attijariwafa bank estime, en effet, que pour accompagner le développement de ce marché il faut accélérer les réformes pour le marché des capitaux.
‘’Il faut qu’on accélère les réformes pour introduire de nouveaux instruments, à l’image de la titrisation, les sukkuk, etc. Cela pourrait aller encore plus loin : une municipalité pourrait émettre des bons, mais encore faut-il avoir, en termes de gouvernance, un dispositif institutionnel et un cadre légal pour réussir des levées de fonds sur le marché national et international’’, pense-t-il.
Le patron d’Attijariwafa Bank a déclaré qu’il s’est entretenu à ce sujet avec plusieurs décideurs politiques au niveau du continent africain : ‘’ils sont très intéressés pour mobiliser les financements alternatifs notamment islamiques’’.
Le marché, pour sa part, s’avère prêt pour accueillir ce mécanisme de financement. Reste à avoir un environnement institutionnel qui favorise l’attractivité de ce type de financement.