Cybersécurité: faible demande sur le marché marocain de l'emploi (Etude)
Selon une étude de Kaspersky Lab, 85% des sondés estiment que la sécurité informatique est un métier d'avenir au Maroc. Et pourtant, les Marocains portent peu d'intérêt à ce métier. Principales raisons: la faible demande sur le marché, le manque de compétences requises et la faible rémunération dans le secteur.
Quelle perception ont les jeunes Marocains de la cybersécurité? Existe-t-il une demande importante en la matière sur le marché? L’offre en formation est-elle adéquate ?... Telles sont les principales questions auxquelles Kaspersky Lab, spécialiste dans la sécurité informatique, a essayé de donner un élément de réponse, à travers une enquête sur les métiers de la sécurité informatique au Maroc.
Réalisée en partenariat avec le cabinet d’études de marché et de sondages d’opinion Averty, l’étude a été effectuée durant octobre 2018 auprès d’un échantillon en ligne de 750 professionnels marocains répartis dans 40 villes. Agés de 21 ans et plus, les répondants sont majoritairement des employés (33%), des cadres (23%), des professions intermédiaires (14%) et des dirigeants de PME (10%).
Un métier peu connu
Si 95% des répondants déclarent que la sécurité informatique est "importante" pour une entreprise, les Marocains restent légèrement méconnaisseurs de ce métier: 37% de femmes indiquent n’en avoir jamais entendu parler, contre 23% chez les hommes.
Déjà en matière de formation, la cybersécurité arrive seulement en dixième position (22%) avec un écart de sept points entre les hommes (25%) et les femmes (18%). Par ailleurs, l'informatique, les télécoms et le web sont cités par les répondants comme étant les filières d'études les plus attractives au Maroc (43%), suivies du marketing, de la publicité et de la communication (36%), du commerce (31%), de l'automobile (25%), de l'audit, de la comptabilité et de la gestion (24%.)
Parmi les sondés affirmant avoir une idée sur le métier de la cybersécurité, 40% déclarent connaître quelqu’un dans leur entourage qui travaille dans la sécurité informatique et qui les inspire. Dans 85% des cas, il s'agit d'un homme.
Manque de formation
Autre constat, 46% des sondés s’intéressent au métier de la cybersécurité en raison des évolutions de carrière qu'il propose.
Selon les personnes interrogées, l’intérêt du métier de la cybersécurité réside majoritairement dans les évolutions de carrière qu'il permet (46%), la demande existante (40%) et la rémunération (35%). Ce dernier point concerne 39% des hommes, contre 29% des femmes.
A contrario, les répondants, ayant indiqué leur manque d'intérêt pour le métier de la cybersécurité, placent sa faible demande sur le marché en première ligne (40%), suivie par le manque de compétences requises (36%), l'absence d'offres en formation (30%) et sa faible rémunération (19%).
Néanmoins, la grande majorité des sondés (85%) estime que la sécurité informatique est un métier d'avenir au Maroc.
Adéquation formation-emploi ?
Pour revenir à la formation, notamment le choix des filières d'études, les personnes sondées indiquent être influencées en premier lieu par leur passion (35%), le résultat de recherches personnelles (31%), les conseils de proches (19%) ou encore l’avis de leurs professeurs (14%). En moyenne, les femmes sont 3% de plus que les hommes à se référer à leurs parents et à leur famille pour les guider dans leur choix d’études.
Autre indication, les critères pris en compte dans le choix d’un cursus. Là encore, c’est la passion qui arrive en première position (33%), suivie par les opportunités d'emploi (25%) et l'image dont bénéficie le métier au sein de la société (18%). Contrairement aux idées reçues, la rémunération n’arrive quant à elle qu’en quatrième position (13%).
Toujours selon Kaspersky Lab et Averty, près d’un tiers (30%) des répondants ont déclaré ne pas travailler actuellement dans le domaine de leur formation. Les raisons invoquées concernent d’abord le manque d'opportunités (51%) – un taux qui atteint 66% chez les femmes –, la découverte d’un métier plus intéressant (29%) ou mieux rémunéré (20%).
Le choix d’un meilleur salaire est une tendance observée davantage chez les hommes (26%) que chez les femmes (12%).
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