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EDUCATION

Education non formelle: 80 écoles de la 2e chance d'ici 2021

Près de 200.000 enfants abandonnent l’école chaque année et se retrouvent pratiquement à la rue. Une injustice que tente de corriger le nouveau plan d’action du ministère de l’Education nationale, dans son volet consacré à l’éducation non formelle.

Education non formelle: 80 écoles de la 2e chance d'ici 2021
Zakaria Boulahya
Le 17 octobre 2018 à 17h00 | Modifié 11 avril 2021 à 2h49

C’est ce mardi 16 octobre qu’a été donné le coup d’envoi de la rentrée scolaire 2018-2019 pour les "écoles de la 2è chance". Occupant une bonne place dans le plan d’action du MEN présenté au Roi Mohammed VI le 17 septembre dernier, l’éducation non formelle s’efforce de mettre fin au fléau du décrochage scolaire.

200.000 jeunes élèves quittent les bancs de l’école chaque année. Le phénomène sévit surtout dans les collèges, où le taux d’abandon est de 12% à l’échelle nationale. L’enseignement primaire est aussi touché, quoique dans une moindre mesure. Si le taux d’abandon scolaire, au primaire, est de 2% au niveau national, il atteint tout de même 5,6% dans le milieu rural.

Le MEN a donc mis les bouchées doubles pour le Plan d’action 2018-2027. D’autant plus que le bilan de l’éducation non formelle avait été fortement critiqué par un rapport du Conseil supérieur de l’éducation, en février 2017. Il avait notamment pointé du doigt la faiblesse des acquis et leur faible taux de réinsertion.

>67.400 élèves pour la rentrée 2018-2019

Dès cette année, 67.400 élèves intègreront les écoles de la 2è chance au titre de la rentrée 2018-2019. Prodiguant un cursus sur 2 ans, le programme de ces centres pédagogiques s’articule autour de 3 axes:

- renforcement des acquis en lecture, écriture et mathématiques

- assimilation de compétences de base en matière de formation professionnelle, en fonction du choix des élèves

- accompagnement et suivi en vue de l‘insertion des jeunes dans le milieu professionnel : recherche d’emploi, stages,…

Détail intéressant, les filières professionnelles ne sont pas imposées mais déterminées en fonction de l’environnement socioéconomique du centre, afin d’identifier les métiers qui donneront le plus de chance aux jeunes dans leur environnement immédiat.

A ce jour, le taux de réinsertion des élèves en décrochage scolaire atteint 34%. Un chiffre amené à évoluer, compte tenu de l’ouverture de 7 nouveaux centres cette année et l’aménagement d’une trentaine lors de la prochaine rentrée 2019-2020.

L’objectif est de disposer dès 2021 de 80 centres pédagogiques disséminés dans l’ensemble des provinces du Royaume. A terme, les élèves amenés à quitter les bancs de l’école classique seront directement orientés vers ces centres pédagogiques.

«La difficulté réside dans la réhabilitation et l’aménagement des centres, qui sont à l’origine des écoles désaffectées. Comme chaque établissement nécessite un budget d’aménagement de 3 MDH, le MEN signe divers partenariats avec les collectivités territoriales, l’INDH, la fondation Mohammed V,…» explique Hssain Oujour, directeur de l’éducation non formelle au sein du MEN.

>Entre 1.200 et 6.000 DH/an par élève

A ce jour, le Maroc compte près d’une trentaine d’écoles de la 2è chance, dont 22 sont gérées par des associations subventionnées par le ministère. Pour chaque élève, la subvention est comprise entre 1.200 et 6.000 DH par an, en fonction de la nature de l’accompagnement et de la formation professionnelle.

La lutte contre l’abandon scolaire se fait également de manière préventive, notamment à travers un "Programme de mobilisation communautaire". Elaboré conjointement avec l’UNICEF, le programme "Child to Child" (d’enfant à enfant) repose essentiellement sur les épaules des élèves et leurs professeurs, avec la participation de 7.000 établissements.

Dans chacune de ces écoles, on apprend à une dizaine d’élèves à remplir un formulaire-type destiné aux enfants en décrochage scolaire. Accompagné d’un professeur, chaque élève "prospecte" dans son voisinage le plus proche, afin de rencontrer et convaincre aussi bien les enfants en décrochage scolaire que leurs parents.

«L’avantage de cette approche est double. D’abord le message passe mieux lorsqu’il est délivré par des élèves. Ensuite, cela sensibilise et permet de prémunir les élèves participant à ce programme contre l’abandon scolaire, pour éviter qu’ils n’en soient un jour les victimes», souligne Hssain Oujour.

Cette opération de recensement s’effectue en avril-mai, et touche entre 90.000 et 130.000 enfants chaque année. En octobre, les enfants en décrochage reçoivent une nouvelle visite pour les inciter à se réinscrire. Ce qui permet à quelque 35.000 enfants de regagner chaque année les bancs de l’école.

>Bilan 2017-2018

- 65.046 bénéficiaires au total

- 31.744 élèves ont suivi le programme d’éducation non formelle, prodigué par 268 associations. 36% d’entre eux ont été réintégrés: 7.377 dans le circuit classique et 4.005 dans la formation professionnelle.

- Mobilisation de 1.145 éducateurs, dont 46% en milieu rural.

- Enfants de migrants: 7.377 ont été intégrés dans le circuit formel de l’éducation.

- 1.107 enfants en situation difficile ont bénéficié de cours d’éducation non formelle. 193 d’entre eux vivaient dans la rue, et 618 sont issus des centres de protection de l’enfance.

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Zakaria Boulahya
Le 17 octobre 2018 à 17h00

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