Un budget annuel de 3 MMDH pour améliorer l'enseignement préscolaire au Maroc
Le gouvernement aspire à atteindre un taux de scolarisation de 100% à l'horizon 2027-2028. Le Programme national de généralisation et de réforme de l'enseignement préscolaire sera lancé la semaine prochaine.
La situation du préscolaire au Maroc demeure préoccupante. Dans un exposé présenté ce jeudi 12 juillet devant le Conseil de gouvernement, le ministre de l'Education nationale a annoncé le lancement, mercredi 18 juillet 2018, d'un programme national de généralisation et de réforme de l'enseignement préscolaire au Maroc pour la période 2018-2028.
Le programme, qui s'étale sur 10 ans, vise à atteindre un taux de scolarisation de 67% à l'horizon 2021-2022 et 100% à l'horizon 2027-2028.
Ce programme, qui sera opérationnel dès la rentrée 2018-2019, vise à lutter contre le décrochage scolaire, améliorer la qualité de l'enseignement et de la formation des éducateurs, renforcer l'intégration au marché de l'emploi, réduire les inégalités et rallier le préscolaire au primaire.
Quelque 4.000 classes et 28.000 éducateurs seront déployés dès la prochaine rentrée scolaire, pour 100.000 élèves supplémentaires.
Le programme prévoit la mise en place de 57.000 classes supplémentaires et 55.000 éducateurs à l'horizon 2027-2028, pour un coût annuel de 3 milliards de DH.
Ecarts et défis
Sur 1,426 million d'enfants en âge de scolarisation, seulement 699.000 sont scolarisés, soit un taux de 49%, dont 35% se trouvent dans le milieu rural.
Selon les chiffres du ministère de tutelle, le taux de scolarisation le plus bas se trouve dans les régions de l'Oriental et de Rabat-Salé-Kénitra. Les taux les plus élevés concernent les régions de Laâyoune (94%), Guelmim (80%) et Dakhla (75%).
Le Maroc compte actuellement 23.000 établissements d'enseignement préscolaire et 36.000 éducateurs.
Le dernier diagnostic au niveau national a été réalisé en 2008. Depuis, seulement une progression de 7% a été réalisée.
La généralisation de l'enseignement préscolaire au Maroc est confrontée à plusieurs obstacles dont l'absence de cadre juridique, de suivi et d'évaluation et la multiplicité des intervenants.
En février dernier, le Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique avait présenté son avis sur l'éducation préscolaire au Maroc.
Le Conseil pointe du doigt plusieurs problèmes dont la multiplicité des intervenants, l'absence d'un cadre juridique global et la prédominance de l'appât du gain.
L’enseignement préscolaire est ouvert aux enfants âgés de quatre ans révolus à six ans. Le secteur public n'accueille que 7 à 8% des élèves en âge de scolarité, avait annoncé l'ancien ministre de l’Education nationale, Mohamed Hassad.
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