Alerte sur les impayés bancaires et les délais de paiement des entreprises
Les délais de paiement des créances inter-entreprises continuent d’afficher des niveaux élevés, notamment pour les TPME et certains secteurs d’activité. Et malgré leur baisse, les impayés bancaires sont toujours importants.
Le Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques a tenu, jeudi 05 juillet, sa septième réunion au siège de Bank Al-Maghrib (BAM) à Rabat.
Le Comité a procédé à l’approbation du rapport sur la stabilité financière relatif à l’exercice 2017, l’analyse de la cartographie des risques systémiques ainsi que l’examen de l’état d’avancement de la feuille de route inter-autorités en matière de stabilité financière au titre de la période 2016-2018.
"Dans un contexte de lente reprise des activités non agricoles", l’analyse de la situation du système financier a permis de dégager "une légère" décélération du crédit bancaire aux entreprises non financières (ENF), "recouvrant essentiellement un ralentissement du crédit destiné aux entreprises publiques et une hausse modérée de celui accordé aux entreprises privées".
Le taux de défauts des ENF demeure "à un niveau encore élevé" et ce malgré "un léger recul", souligne le Comité.
Par ailleurs, "les délais de paiement des créances inter-entreprises continuent d’afficher des niveaux élevés, notamment pour les TPME et certains secteurs d’activité". C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par Bank Al-Maghrib et portant sur un échantillon d’environ 72.000 entreprises non financières privées et publiques dont les données ont été fiabilisées.
Constatée ces dernières années, cette situation "accentue la pression sur les trésoreries des entreprises", observe le Comité, qui appelle encore une fois "à la mise en œuvre effective de la réforme du cadre législatif et réglementaire relatif aux délais de paiement".
Si elles montrent "une bonne résilience" à différents scénarios de stress y compris ceux reflétant une détérioration des conditions macroéconomiques, les banques restent néanmoins "vulnérables aux chocs portant sur le défaut de leurs plus grandes contreparties", note le rapport.
De même, dans un contexte de taux d’intérêt bas, le secteur bancaire est exposé "à un risque de taux accru en lien avec l’allongement de la maturité de leur portefeuille crédits et la prédominance des taux d’intérêt fixes, particulièrement au titre des crédits à l’habitat", selon le Comité.
Globalement, le secteur est toutefois "parvenu à consolider sa situation financière", dans un secteur qui reste porteur de risques. En termes de rentabilité, "le résultat cumulé des banques s’est amélioré par rapport au résultat normatif de 2016 à la faveur d’une baisse du coût du risque de crédit et d’une bonne performance des activités opérées à l’étranger".
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