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ECONOMIE

L'AMITH élabore un plan stratégique de financement du secteur textile

17 propositions ont été formulées dans le cadre d’une étude menée par le cabinet Naos Consulting pour le compte de l’AMITH et dévoilée à l'occasion de l'assemblée générale tenue ce mercredi 4 juillet. L’objectif est de voir chaque catégorie d’acteurs du marché bénéficier de formules de financement adaptées. Le tout fera l’objet d’un catalogue destiné aux professionnels.

L'AMITH élabore un plan stratégique de financement du secteur textile
Reda Berrada
Le 4 juillet 2018 à 19h01 | Modifié 11 avril 2021 à 2h47

L’AMITH a signé un contrat de performance avec l’Etat dans le cadre du plan d’accélération industrielle. Des écosystèmes ont été créés, en 2015 et 2016, devant générer 60.000 emplois, 6 milliards de DH d’investissements et 15 MMDH de chiffre d’affaires additionnel, en 3 à 5 ans.

L’un des freins à cette ambition s’appelle financement. Le secteur n’a pas toujours bonne presse auprès du secteur bancaire, comme l’a constaté l’étude. Ce que confirment les statistiques de la Banque centrale: fin mars 2018, l’encours de crédits bancaires était seulement de 6,2 MMDH (tous types de crédits confondus) soit 7,4% de l’encours de l’ensemble de l’industrie manufacturière.

Sur les 6,2 MMDH, les crédits à l’équipement ne représentent que 700 MDH. Les crédits d’exploitation, 3,4 MMDH.

Le secteur a signé son contrat de performance, ainsi qu’une convention avec le GPBM. Mais le financement bancaire ne suit toujours pas. La convention bilatérale avec le groupement des banques du Maroc est en train d’être actualisée.

C’est probablement dans cette perspective que l’AMITH (Association marocaine des industries du textile et de l’habillement) a réalisé sa propre étude et élaboré son plan stratégique de financement du secteur.

Le premier constat, après recensement exhaustif des offres de financement disponibles, c’est qu’une partie non négligeable de l’offre est méconnue des opérateurs.

Second constat: les opérateurs ont des besoins différents. L’étude les range dans 4 catégories en fonction d’une typologie des besoins, de la taille, de la dynamique industrielle…

1- Startups, entreprises de création récente, souvent innovantes.

2-Les TPME:

            * Amont-marché local : opérant sur le marché local généralement de petites tailles avec un CA de l’ordre de 5-10 MDH, peu structurées, sous capitalisées et ayant des fonds propres limités avec une capacité d’investissement et de prise de risque limitée.

            *Sous-traitance et façonnage: la TPME sous-traitante vendant des coûts minutes à des donneurs d’ordres en direct ou en indirect à travers des locomotives avec des problèmes de sous-capitalisation, de surendettement et de capacité d’investissement limitée.

3-Les PME/GE (grandes entreprises) :

            *Co-traitance, produits finis :PME/GE qui opèrent sur le segment de la cotraitance et la fabrication de produits finis majoritairement à l’export pour des donneurs d’ordre de référence (eg Groupe Inditex, H&M) avec un chiffre d’affaires généralement compris entre 50-100 MDH,

            *Private label, distributeurs: PME/GE intégrés sur la chaîne de valeur de la conception/sourcing de matières premières à la distribution, avec un chiffre d’affaires supérieur à 100 MDH, avec pour certains l’ouverture de points de vente à l’étranger

4-Scale up: Champions nationaux avec un chiffre d’affaires compris entre 200-500 MDH souhaitant doper leur croissance pour atteindre un nouveau stade de développement notamment à travers un dédoublement de leur capacité de production.

Pour ces différentes catégories et à partir d’entretiens ciblés avec les dirigeants, l’étude liste des besoins différents.

Elle propose une stratégie de financement autour de 5 piliers et 5 leviers transverses, pour donner une “impulsion volontariste“ au secteur. Les 5 piliers sont:

-un fonds de restructuration destiné à l’ensemble des acteurs du secteur.

-Stimuler l’entreprenariat innovant textile à travers les startups amont par:

*la création d’un incubateur au sein de l’ESITH pour accompagner les porteurs de projets textile

*l’appui au développement de startups à fort potentiel en capitalisant sur les dispositifs existants (CCG / Innov Invest, incubateurs, ESITH).

-au profit des TPME. Préserver et renforcer la viabilité et résilience des acteurs  notamment dans l’amont, la production locale et la sous-traitance export, à travers:

*La restauration de la confiance avec les banques

*La mise en place de solutions de financement et restructuration dédiées

*Le développement d’une offre de finance participative

*L’amélioration de leur culture et expertise financière

-Pour les “locomotives“: Stimuler la compétitivité et l’investissement innovant à travers des offres et des services bancaires customisés, notamment pour favoriser l’agrégation / développement des locomotives. Activités concernées: Cotraitance, produits finis, private label/ distribution.

-Pour les champions nationaux: Appui au scale-up des champions nationaux à travers des produits innovants (prêts notamment participatifs, Equity) appuyés par des partenaires institutionnels internationaux (e.g BERD) et nationaux (CCG)

Au total, 12 mesures financières prioritaires ont été identifiées, ainsi que 5 mesures transverses.

Ci-dessous, la vidéo de l'assemblée générale de l'AMITH :

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Reda Berrada
Le 4 juillet 2018 à 19h01

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