Entre Macron et Trump, l'ambiance fraîchit
Alors qu'un G7 conflictuel s'ouvre vendredi au Canada, Emmanuel Macron et Donald Trump s'interpellent depuis deux jours sur Twitter sur un ton de plus en plus abrupt, signe d'un refroidissement entre les deux "amis" qui pourtant cherchent chacun encore à se ménager.
Leur rencontre en tête-à-tête à La Malbaie sera scrutée, en particulier leur langage corporel, après les effusions et assauts d'amabilité de leur dernière entrevue à Washington en avril. Initialement prévue vendredi matin, cette réunion a été repoussée, le président américain étant arrivé en retard au Canada.
M. Macron devait d'ailleurs être le seul, avec l'hôte Justin Trudeau, à avoir un entretien bilatéral avec Donald Trump au cours du sommet.
"Les 6 pays du G7 sans les Etats-Unis, c'est un marché plus grand que le marché américain. Il ne faut pas l'oublier", a tweeté le président français jeudi, après une conférence de presse où il a de nouveau critiqué les taxes américaines sur l'aluminium et l'acier.
"S'il vous plaît, dites au Premier ministre Trudeau et au président Macron qu'ils imposent aux Etats-Unis des taxes massives et des bannières non-douanières", lui a aussitôt répondu Donald Trump.
"Peut-être que ça est égal au Président américain d'être isolé mais ça nous est aussi égal d'être à 6 si besoin était", lui a répliqué quelques heures plus tard Emmanuel Macron, en français et en anglais.
Et d'ajouter, toujours dans les deux langues: "de toutes mes forces, je lutte contre l'hégémonie. L'hégémonie, c'est la règle du plus fort".
Déjà mercredi, il avait lancé comme un avertissement l'adresse de son partenaire américain : "Aucun dirigeant n'est éternel. Nous héritons d'engagements qui nous dépassent".
Trump est "prévisible"
En allusion au probable résultat du G7, le président français a aussi averti qu'il était prêt à signer un texte sans les Etats-Unis. "La volonté de signer un texte à 7 ne doit pas être plus forte que le contenu de ce texte. Il ne faut pas, par principe, s'interdire un accord à 6+1."
Et il s'est directement adressé à Donald Trump, en lui lançant : "l’isolationnisme est mauvais pour le peuple américain. Je pense que le Président Trump le sait".
Pourtant, malgré ces passes d'armes publiques, qui montrent à leurs opinions publiques leur fermeté de principe, MM. Macron et Trump ont visiblement fait des efforts pour éviter de s'approcher d'un point de rupture.
Ainsi le président américain a nettement épargné le Français par rapport au Premier ministre canadien Justin Trudeau, cible jeudi de plusieurs tweets vengeurs sur les échanges commerciaux.
Pendant ses deux conférences de presse jeudi, Emmanuel Macron a répété qu'il continuait à rechercher avec Donald Trump "la relation la plus chaleureuse possible", même s'il met désormais davantage en avant l'amitié franco-américaine que leur rapport personnel.
Ainsi quand Justin Trudeau s'est moqué de l'argument "risible" de Donald Trump qui a justifié ses taxes douanières par une exigence de sécurité intérieure, Emmanuel Macron l'a seulement qualifié d'"inapproprié".
On est loin des gestes amicaux voire affectueux entre les deux hommes pendant l'accueil fastueux réservé à Emmanuel Macron à Washington en avril. Donald Trump et son épouse avaient même organisé leur premier dîner d'Etat en l'honneur du Français et M. Trump n'avait de cesse de l'encenser ("Ce sera un grand président pour la France...").
M. Macron a aussi répété jeudi que cette amitié n'"empêchait pas les désaccords" ni lui même de réagir, comme il l'avait fait quelques heures après le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, en lançant son appel à "rendre à la Terre sa grandeur " ("Make our planet great again").
Il a même admis devant quelques journalistes qu'il pourrait "utiliser" la position américaine pour "reforger le front européen" et même "construire une coalition internationale plus large" pour défendre le multilatéralisme.
C'est ce qui l'a poussé à organiser au G7 vendredi matin une réunion des Européens présents, avec Theresa May, Giuseppe Conte, Angela Merkel et les dirigeants de l'UE Jean-Claude Juncker et Donald Tusk.
"J'ai toujours fait pour le convaincre, sinon je ne jouerais pas mon rôle. Il n'y a rien qui change" entre nous. "M. Trump met en application ses engagements de campagne", et en cela "il est prévisible", avait dit jeudi le président français.
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