L'OCP lève des fonds dans un contexte de croissance du marché mondial des phosphates
Le groupe OCP vient de lancer un emprunt obligataire subordonné plafonné à 5 MMDH afin de financer ses investissements. Focus sur le contexte macroéconomique mondial dans lequel évolue l'entreprise.
Selon la note d'information du groupe publiée à l'occasion de l'opération d'emprunt obligataire, la consommation mondiale de macronutriments pour la saison agricole 2016-2017 est de 189 millions de tonnes, répartis comme suit : 56% d’engrais azotés, 25% d’engrais phosphatés, et 19% d’engrais à base de potassium (statistiques de l'Association internationale de l'industrie des engrais (IFA)).
Entre 2000 et 2016, le taux de croissance annuel moyen de la consommation d’engrais à base d’azote, de phosphore et de potasse a atteint respectivement 1,6%, 2,4% et 2,9% par an, selon l'IFA.
D'après Argus, la consommation mondiale d’engrais phosphatés devrait atteindre 57,8 millions de tonnes P2O5 (formule chimique du pentoxyde de phosphore) à l'horizon 2025 par rapport à une consommation de 48,3 millions de tonnes P2O5 en 2016, soit un taux de croissance annuel moyen de 2% entre 2016 et 2025.
Le graphique ci-dessous illustre les prévisions de croissance de la consommation mondiale d’engrais phosphatés :

Source: Note d'information-OCP
Le graphique ci-dessous illustre la part de chaque région dans la consommation mondiale d’engrais phosphatés jusqu’en 2031, selon Argus:

La demande d'engrais devrait continuer de croître
Rappelons que la consommation mondiale d’engrais dépend principalement de la croissance démographique, de la superficie des terres cultivées, des évolutions dans les habitudes alimentaires…
Dans ce sens, la population mondiale devrait augmenter de 32% entre 2015 et 2050, atteignant près de 9,8 milliards d’habitants. En même temps, la superficie de terres arables par habitant devrait diminuer de 22% à l’échelle mondiale entre 2015 et 2050 pour s’établir autour de 0,17 hectares par habitant. Notamment en raison de l’intensification des phénomènes d’urbanisation et d’industrialisation, d’après l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
"Par conséquent et afin de répondre au défi alimentaire mondial, un accroissement des rendements à l’hectare est nécessaire pour être en mesure d’augmenter la production agricole, ce qui nécessite des apports toujours plus importants en nutriments à travers l’application d’engrais".
Concernant l’évolution des habitudes alimentaires, les pays développés appliquent généralement davantage d’engrais phosphatés que les pays émergents, au vu de la maturité de leur agriculture. Cependant, selon la même note d'information, la croissance économique soutenue que connaissent les pays émergents stimule la demande d’aliments destinés à la consommation humaine et animale, générant des taux de croissance de consommation d’engrais phosphatés plus soutenus.
En effet, "dans un contexte de croissance annuelle des PIB importante, les populations des pays émergents adoptent des régimes alimentaires de plus en plus riches en protéines à mesure que leur pouvoir d’achat augmente. Ainsi, la consommation des céréales destinées à l’alimentation du bétail et des volailles croît, et par conséquent la demande d’engrais".
Par ailleurs, notons que les niveaux de prix et de stocks des produits agricoles influent sur le budget que les agriculteurs peuvent consacrer à l’achat d’engrais.
A fin Mars 2018, les prix mondiaux des céréales (maïs, soja et blé), comparés à la moyenne des cinq années précédentes, avaient évolué comme suit :
> -5% sur les prix du soja;
> -7% sur les prix du blé;
> -6% sur les prix du maïs.

D’après les prévisions du département de l’Agriculture des États-Unis (USDA), les stocks mondiaux de céréales en jours de consommation, à fin 2017/18, devraient être de 26% (environ 94 jours de consommation). Rappelons que le niveau moyen pour la période 2004-2016 correspondait à 79 jours de consommation.
Offre: 71% des réserves mondiales de roche phosphatée se trouvent au Maroc
Les engrais phosphatés sont généralement produits à partir de trois éléments principaux : la roche phosphatée, le soufre et l’ammoniac.
Les plus grands gisements de roche phosphatée se trouvent au Maroc, en Chine, au Moyen-Orient et aux États-Unis.
De vastes gisements non sédimentaires ont également été recensés au Brésil, au Canada, en Finlande, en Russie et en Afrique du Sud.
D’après le rapport publié en janvier 2018 par l’USGS, le Département d’études géologiques des États-Unis, les réserves mondiales de roche phosphatée sont évaluées à environ 70 milliards de tonnes, dont 50 milliards se trouvent au Maroc comme le montre la carte ci-dessous :

Croissance soutenue de la production mondiale d'engrais
De son côté, la production de roche phosphatée s’est accrue considérablement, passant de 133 millions de tonnes en 2000 à 215 millions de tonnes en 2017, soit un taux de croissance annuel moyen de +3%.
Pareillement, la production d’engrais phosphatés (DAP/MAP/TSP) a crû à un rythme soutenu sur la dernière décennie, augmentant d’environ 19,9 millions de tonnes de P2O5 en 2000 à 32,1 millions de tonnes de P2O5 en 2017, soit un taux de croissance annuel moyen de 2,9%. "Ce niveau de production a permis un maintien des taux d’utilisation des capacités de granulation entre 60% et 72% sur 2000-2017", précise la note.
Au cours de cette même période, notons que la consommation a crû plus rapidement que l’évolution de la capacité mondiale avec respectivement un taux de croissance annuel de 2,9% pour la première et 2,3% pour la seconde, selon le groupe britannique CRU.
Le graphique ci-dessous illustre les évolutions historiques et les prévisions d’augmentation de la production et des capacités jusqu’en 2022:

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