img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
BUSINESS

Ultime sursis pour le syndic de la Samir, plus que jamais isolé

Le parquet aussi demande le remplacement du syndic Mohamed El Krimi, aujourd'hui plus que jamais isolé. 

Ultime sursis pour le syndic de la Samir, plus que jamais isolé
Abdelali El Hourri
Le 19 avril 2018 à 12h28 | Modifié 11 avril 2021 à 2h45

Le tribunal de commerce de Casablanca a reporté au 26 mai l'examen de la demande tendant au remplacement de Mohamed El Krimi, syndic judiciaire de la Samir. Ce dernier s'est présenté ce jeudi 19 avril en compagnie d'un avocat, qui a réclamé une semaine pour préparer sa défense.

Ce matin vers 9h15, et en attendant l'ouverture d'une nouvelle audience à huis clos, pas de poignées de mains entre le syndic et les deux avocats de la requérante, la Banque centrale populaire. La tension est palpable entre les parties, pourtant collaborateurs sur le papier: BCP est depuis deux ans contrôleur à la liquidation du raffineur.

C'est paradoxalement par "manque de collaboration" que pêcherait M. El Krimi, selon la BCP, qui lui reproche une "opacité totale dans la gestion de la procédure". "Aucun rapport comptable n'a été communiqué aux contrôleurs. Il n'y a pas de transparence sur les offres, qui ne sont pas déposées au greffe. Le manque de transparence va jusqu'aux honoraires du syndic, dont on ne sait rien", accusent des sources proches du dossier.  

Selon nos informations, BCP n'est pas la seule à réclamer le départ du liquidateur, en poste depuis le 21 mars 2016 (date du prononcé de la liquidation). Le tribunal avait sollicité l'avis du ministère public, qui "a requis le remplacement du syndic" pour "débloquer la situation".

Le procureur du Roi s'est même "opposé à ce que M. El Krimi se fasse représenter par un avocat", semble-t-il aux "frais de la Samir."  "Le litige oppose BCP au syndic, personnellement, et pas à la Samir. Or, en engageant l'avocat de la Samir, le syndic ne s'approprierait-il pas la société ?", s'interrogent nos interlocuteurs.

Le syndic semble aujourd'hui plus que jamais isolé. L'épineux dossier de la cession, qui cale depuis une année, ne joue pas en sa faveur. Le nouveau report sonne donc comme un ultime sursis. "Au cours de la prochaine audience, l'avocat du syndic plaidera en réponse aux accusations de BCP. L'affaire sera ensuite, très probablement, mise en délibéré", note une source en aparté. Sachant qu'en parallèle, le tribunal examine l'idée d'une nouvelle prolongation de la continuité de l'entreprise. Une énième. Une demande en ce sens a été initiée par M. El Krimi. 

Dans ce duel entre la banque et l'expert-comptable, les éléments objectifs se mêlent, selon cette source, à ceux "personnels". Le clan du syndic fait valoir "des entraves et pressions appliquées" par la requérante, dont le conflit avec M. Krimi remonterait au début du processus.

Sur la question de la communication des documents, la même source nous indique que BCP avait déjà déclenché une action contre le liquidateur, mais que la justice s'est prononcée en faveur de ce dernier. "Le tribunal avait refusé de munir le contrôleur du document objet de la requête." 

"BCP a perdu d'autres litiges contre le syndic, en réaction de quoi elle a demandé son remplacement", ajoute la même source. Une forme de représailles ? Notre interlocuteur est loin d'en douter. 

Le représentant des salariés adopte une position neutre. "Que le syndic parte ou reste, la question ne change rien à la situation actuelle", à expliqué Houssein El Yamani, coordinateur du front local pour le suivi de la crise, qui s'exprimait le 17 avril lors d'une conférence de presse à Mohammedia.

"Les parties concernées ont soumis une requête. Nous attendons la décision du tribunal", a affirmé celui qui est aussi contrôleur.  Pour lui, la crise que connaît le raffineur ne s'arrête pas au seul remplacement de M. El Krimi.

"Le dossier est plus grand, plus complexe et concerne directement la politique de l'Etat. De là, nous disons qu'il faut reconstruire le pont entre Casablanca et Rabat pour rétablir le dialogue. Il est de l'intérêt du pays que la  Samir revienne à son cours naturel".

Ci-dessous, vidéo de la conférence tenue mardi par le font local pour le suivi de la crise de la Samir 

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Abdelali El Hourri
Le 19 avril 2018 à 12h28

à lire aussi

Terrorisme : le BCIJ déjoue un projet d’attentats à un stade avancé lié à Daech au Sahel
Sécurité

Article : Terrorisme : le BCIJ déjoue un projet d’attentats à un stade avancé lié à Daech au Sahel

Dix suspects, dont un mineur et un ancien détenu, ont été interpellés lundi 6 juillet dans sept villes. Les perquisitions ont mené à la saisie d’armes blanches, de tenues militaires et, à Inzegane, d’un 4x4 modifié, de bonbonnes de gaz et d’autocuiseurs, selon les autorités.

Mondial 2026 : Mbappé “heureux” d’en découdre avec une “très bonne équipe” du Maroc
Mondial2026

Article : Mondial 2026 : Mbappé “heureux” d’en découdre avec une “très bonne équipe” du Maroc

Au sortir de la courte victoire française contre le Paraguay (1-0), le capitaine des Bleus, co-meilleur buteur du tournoi avec Lionel Messi et Erling Haaland, a affiché sa prudence avant le quart de finale du 9 juillet à Boston, où se jouera une place dans le dernier carré.

Pourquoi l’hospitalité est un puissant système d'exploitation culturel pour les entreprises
Opinions

Article : Pourquoi l’hospitalité est un puissant système d'exploitation culturel pour les entreprises

Face à des services toujours plus performants mais souvent déshumanisés, l'hospitalité s'impose comme un nouveau modèle de management et de relation client. Elle invite les entreprises à replacer l'attention portée à l'autre au cœur de leur stratégie de création de valeur.

Incendies de forêt : 12 provinces placées en risque extrême jusqu'au 12 juillet
Quoi de neuf

Article : Incendies de forêt : 12 provinces placées en risque extrême jusqu'au 12 juillet

De Berkane à Taroudannt, en passant par Ifrane, Taza, Al Haouz ou Essaouira, l’ANEF appelle à signaler rapidement toute fumée suspecte, sur la base de cartes établies à partir de données de végétation et de météo locale.

Casablanca : Abdellatif Naciri, vice-président chargé du sport, suspendu par Nabila Rmili
POLITIQUE

Article : Casablanca : Abdellatif Naciri, vice-président chargé du sport, suspendu par Nabila Rmili

La décision, confirmée à Médias24 par le bureau de la maire, intervient après le retrait d’une délégation à l’arrondissement d’Aïn Chock et dans un contexte de critiques sur les travaux, la propreté et la gestion d’équipements sportifs.

Driss Benhima : « Le Maroc ne bouge que quand il a atteint un mur »
ECONOMIE

Article : Driss Benhima : « Le Maroc ne bouge que quand il a atteint un mur »

Ancien ministre, ancien wali, ancien patron de l'Office national de l'électricité (ONE) et de Royal Air Maroc, Driss Benhima a livré, au micro du 12/13 de Médias24, une lecture sans concession des réformes marocaines des vingt dernières années. Open Sky, secteur électrique, éducation, diaspora, rôle de l'État, partis politiques... il détaille ce qui a marché et ce qui a échoué.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité