Coupe du monde 2026: Le Maroc prévoit une recette de 785 millions de dollars dans la vente des billets
785 millions de dollars. C’est le produit de la vente des billets, pour les matchs de la coupe du monde 2026 si elle se déroule au Maroc. Ce sont les estimations du comité marocain de candidature, telles qu’elles sont consignées dans le bid book. Ce montant représente à peine les deux tiers de l’offre américaine, présentée à 1,2 milliard de dollars ! D’où vient cet écart et quelle est son incidence sur la décision de la FIFA, dans son choix du pays hôte de l’édition 2026?
La FIFA vient de rendre publics les deux dossiers de candidature du Maroc et du trio américain (USA, Canada et Mexique) pour l’organisation de la coupe du monde 2026.
Chacun des deux dossiers comprend un volet financier où sont détaillés les coûts et les recettes prévisionnels.
Enjeux
Les revenus de la vente de billets figurent en bonne place dans la liste des critères retenus par la FIFA pour évaluer la recevabilité des candidatures.
Elles comptent pour 5,5% dans la note globale servant à l’évaluation technique des dossiers de candidature.
Le produit prévisionnel de la billetterie pèsera dans la balance, au moment du vote final en juin 2018. Le pays-candidat qui prévoit des revenus plus importants sera-t-il forcément privilégié? La réponse est non. Car parallèlement aux pays candidats, la FIFA réalise ses propres estimations. Et si la différence entre les estimations du candidat et celles de la FIFA sont différentes de 10% ou plus, ce sont les prévisions de la FIFA qui prévalent.
Le barème de notation par rapport aux chiffres de référence pénalise toute baisse importante par rapport aux chiffres de Russie 2018. Mais il ne sert à rien d'être supérieur aux prévisions russes de plus de 20%. Il faut donc fortement relativiser les prévisions de la candidature du Trio.
La FIFA prend en charge les dépenses opérationnelles et bénéficie directement des recettes de la compétition, y compris le produit de la billetterie. Celle-ci représente plus de 10% des gains engrangés par la FIFA dans une coupe du monde (Au Brésil en 2014, elle a rapporté 527 M$ pour un total de 4826 M$ de revenus).
Méthode de calcul
La Maroc et conformément au cahier des charges de la FIFA a dû déterminer deux paramètres avant de définir le montant prévu des revenus de la billetterie.
Le premier paramètre concerne le volume des billets qui pourra être écoulé. Ce chiffre dépend des capacités d’accueil des stades et du nombre de matchs prévus.
D’après le dossier de candidature marocain, la capacité nette moyenne (diminuée des places réservées aux invités et aux médias) des 12 stades est de 47.000 places. Après correction par un taux de remplissage moyen estimé à 90% et considérant le nombre de matchs à jouer (80 rencontres), les rédacteurs de l’offre marocaine obtiennent un chiffre global de 3.456.000 billets.
Ce volume a été ventilé selon les quatre zones d’un stade (homologué FIFA) qui correspondent à autant de catégories de tarifs.
Le second paramètre concerne justement les tarifs des billets. Ils dépendent de l’importance des matchs (un ticket pour la finale vaut forcément plus cher qu’un match de premier tour) et de la qualité de l’emplacement de la place achetée (la zone en face du milieu du terrain "catégorie 1" est plus chère que la zone derrière les buts à la visibilité restreinte "catégorie 4")
Les revenus de la billetterie sont dès lors déterminés par le simple produit des tarifs arrêtés et du nombre de billets prévus à la vente. Nous obtenons ainsi le chiffre de 785 millions de dollars.
L’offre américaine
Les paramètres américains sont tous plus importants que ceux de l’offre marocaine. Le taux de remplissage retenu est celui de l’édition 2014 au Brésil, soit 99,2% (contre un prudent 90% chez les Marocains). Par ailleurs, les tarifs pris en compte dans le dossier américain sont en moyenne 42% plus importants que les tarifs marocains (de 26% à 61% plus chers, selon l’importance du match et la catégorie de l’emplacement).
Enfin, les Américains ne réservent que 7% des places disponibles à la catégorie économique (catégorie 4, dont les tickets coûtent 21$ uniquement durant le premier tour) quand les Marocains lui réservent 19% des capacités afin que la coupe du monde puisse garder son cachet populaire.
En plus du taux de remplissage, des tarifs et de la pondération choisie pour chacune des catégories de places, un quatrième et décisif paramètre influe sur les recettes prévisibles de chacun des deux candidats. Il s’agit des capacités d’accueil des stades. Les 23 stades proposés dans la candidature nord-américaine ont une capacité nette moyenne de 61.800 places contre 47.000 à peine dans l’offre marocaine.
Le concours de tous ces paramètres crée la différence des recettes prévues, entre l’offre marocaine et l’offre américaine (respectivement 0,78 MM$ et 1,2 MM$).
Cela ne signifie pas obligatoirement que les Américains ont raison ni qu'ils obtiendront une meilleure note sur ce critère.
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