Le SMIG “réel” devrait encore se replier de 1,6% au 1er trimestre
Compte tenu de l'inflation, le pouvoir d'achat des travailleurs du secteur privé percevant le SMIG, qui représentent 45% des déclarés à la CNSS, diminue depuis 2016. Ce minimum sera-t-il relevé dans le cadre de l'actuel dialogue social?
Voilà des données qui, en plein round de dialogue social, devraient conforter les syndicats dans leurs revendications et "aider" le gouvernement et le patronat à faire des concessions en matière d’amélioration des revenus dans le secteur privé.
Ces chiffres sont de Bank Al-Maghrib, publiés à l’occasion de la tenue de son dernier Conseil de politique monétaire le 20 mars.
Le SMIG, fixé à 13.46 DH l’heure depuis 2015 (2.570 DH par mois si l’employé travaille la totalité des heures légales), a baissé en termes réels de 1,2% au quatrième trimestre 2017 par rapport à la même période en 2016.
Et il devrait encore se replier de 1,6% au premier trimestre 2018, en glissement annuel.
Le SMIG réel est le SMIG nominal diminué de l’inflation (évolution de l’indice des prix à la consommation).
Le pouvoir d’achat des travailleurs percevant le SMIG dans le secteur privé, qui représentent près de 45% des déclarés à la CNSS, continue de s’éroder.
Le SMIG augmenté 19 fois en 25 ans
La dernière augmentation du SMIG remonte à 2015 où il a progressé de 5% suite à l’accord du dialogue social de 2014 qui a prévu une augmentation de 10% en deux temps.
Ce minimum a été augmenté 19 fois au cours des 25 dernières années et est considéré comme le plus élevé d'Afrique par l’Organisation internationale du travail.
Toutefois, l’inflation au Maroc, faible depuis quelques années (0.7% en 2017), va continuer à éroder le Smig. Comme le prévoit la Banque centrale, elle sera de 1.8% en 2018 et 1.5% en 2019.
Cette hausse peut entamer davantage le pouvoir d’achat d’une catégorie de travailleurs déjà vulnérable.
D’un autre côté, d’aucuns diront que même si le SMIG au Maroc est le plus élevé d’Afrique, vivre décemment avec 2.500 DH par mois dans une ville comme Casablanca est impossible.
Compétitivité de l'économie
Si ces éléments plaident pour une revalorisation du SMIG dans le privé, surtout au vu du différentiel avec le salaire minimum dans le public (3.000 DH), les négociations dans le cadre du dialogue social autour de ce point risquent d’être difficiles.
Si le gouvernement a laissé entendre qu’il est prêt à faire un geste en faveur des travailleurs, le patronat s’inquiète de la compétitivité de l’économie dans un contexte difficile pour plusieurs secteurs d’activités.
En tous les cas, un accord entre les parties est censé être trouvé avant le 1er mai. A suivre.
À découvrir
à lire aussi
Article : PAM : 90 têtes de liste et une inconnue nommée Lekjaâ (liste)
Réuni le samedi 25 juillet à Salé, le conseil national du PAM a dévoilé ses têtes de liste dans 90 des 92 circonscriptions locales. Mais c'est une case restée vide qui a focalisé l'attention : celle de Berkane, où se présenterait Fouzi Lekjaâ, entré au bureau politique du parti sans que personne ne sache encore quel rôle il compte y jouer. Derrière ce ralliement et celui de Yanja Khattat, une liste qui confirme les ambitions du parti..
Article : Littoral nord : la flambée des tarifs hôteliers fait fuir les Marocains et pénalise les commerçants
Selon plusieurs opérateurs, l’explosion des prix des hôtels et des locations meublées en juillet et août, avec des chambres pouvant atteindre près de 5.000 dirhams la nuit, dissuade de nombreux touristes marocains de passer leurs vacances dans le Nord, certains préférant partir en Espagne. Une désaffection estivale surtout visible en semaine, qui frappe les restaurants, les cafés, les commerces et les activités de loisirs.
Article : Législatives : le PAM mise sur la continuité et les ralliements pour améliorer son score
La direction du PAM a dévoilé lors d’une réunion de son Conseil national, une liste de candidats combinant des ministres et élus sortants, deux ralliements de premier ordre qui ont rejoint son bureau politique avant de présenter les grandes orientations de son programme.
Article : TVA intérieure. Pourquoi le taux d’exécution net recule à 38,5% à fin juin
À fin juin 2026, la TVA intérieure affiche un taux d’exécution net de 38,5%, contre environ 45% un an auparavant. Cette baisse ne traduit pas un affaiblissement du recouvrement brut, qui continue de progresser. Elle s’explique essentiellement par l’accélération des remboursements de TVA, dont le montant avait déjà dépassé la prévision inscrite dans la loi de finances.
Article : Administration : pourquoi les réclamations des citoyens continuent d'exploser
Institution chargée de la médiation entre les usagers et l'administration, le Médiateur du Royaume a enregistré une hausse de 25% des saisines en 2025. Son rapport annuel met en évidence les dysfonctionnements qui continuent de compliquer les relations entre l'administration et les citoyens.
Article : Dépôts à terme : est-il encore intéressant de bloquer son argent pendant un an ?
La rémunération moyenne des dépôts à terme atteint 2,60% à douze mois, contre 2,16% à six mois en mai 2026. Alors que leurs encours reculent malgré la hausse globale des dépôts bancaires, le compte sur carnet et les OPCVM monétaires offrent des solutions plus liquides.