Polémique au sujet du financement des assises du médicament
L’affaire a éclaté la semaine dernière au sein du microcosme de l’industrie pharmaceutique au Maroc. Luxe Radio a consacré le thème de son émission bien connue “Avec ou sans parure“, à un thème intitulé “Corruption et menaces au sein du ministère de la Santé“.
L’accès à l’appli de la radio a été mis en promotion sur Facebook, en mettant en avant cette accroche: “Omar Bouazza, chef de la direction du médicament et de la pharmacie au sein du ministère de le Santé, accusé de corruption par LES industriels“. Le tout est agrémenté d’une photo du nouveau ministre de tutelle (capture d'écran du post Facebook ci-dessous).

En fait, le contenu de l’émission était un peu différent.
Il s’agissait de l’organisation des assises du médicament. Un certain Abdelmajid Belaiche, qui a été directeur de l’AMIP jusqu’en 2016, a affirmé que Omar Bouazza a demandé aux industriels la somme de 3 millions de DH. La radio évoque une corruption (le terme idoine aurait été racket si les faits sont avérés). En fait, selon l'AMIP, il s’agissait d’une contribution aux frais d’organisation des assises.
On peut effectivement contester cette pratique ou pas. Cela dépend de la relation entre les industriels et le ministère de tutelle. Y a-t-il eu menaces voilées ou réelles? Cela est impossible à démontrer à ce stade.
Médias24 détient une copie de la lettre adressée par le président de l’AMIP (Association marocaine de l’industrie pharmaceutique) Ali Sedrati, en octobre 2015, relative à l’organisation des 1ères assises du médicament en décembre 2015 (fac-similé). Il y annonçait ceci: “Les premières assises nationales du médicament seront organisées en partenariat avec le secteur pharmaceutique“, l’objectif étant de “mettre en avant l’industrie marocaine“, de conclure des partenariats etc…

Le président de l’AMIP précisait que la participation des trois associations AMIP/AMMG/MIS sera de 3 MDH, soit 50.000 DH par laboratoire.
Le débat peut être ouvert sur le caractère volontaire ou non de cette participation, comme il peut l’être sur le prix des stands jugé exorbitant par certains (200.000 DH). Mais quoi qu’il en soit, ce qui s’est passé ne relève pas de la corruption.
Deux jours après la première diffusion de l’émission, le principal accusateur de Omar Bouazza, Abdelmajid Belaiche, a reçu un courrier de l’AMIP (signé du nouveau président Ayman Cheikh Lahlou) lui rappelant qu’il ne fait plus partie de l’AMPI, que sa mission est terminée depuis mai 2016 et qu’il ne doit plus parler au nom de l’AMIP, ni faire référence à sa précédente mission (fac-similé).

Les 2èmes assises du médicament ont eu lieu les 23 et 24 février 2018 à SKhirat.
Ces polémiques interviennent sur fond de tensions entre différents segments de l’industrie pharmaceutique, sujet sur lequel nous reviendrons en détail.
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