Bourita et Köhler: ce qu'ils se sont dits
La rencontre bilatérale entre Horst Köhler et la délégation marocaine conduite par Nasser Bourita, a duré toute la journée du mardi 6 mars et a pris fin dans la nuit par un diner de travail qui a réuni les deux parties. Les échanges ne sont pas sortis du cadre prévu par la partie marocaine.
Ce fut une rencontre "bilatérale" a insisté Bourita à l'issue de ces échanges. Exit la propagande adverse qui a voulu faire croire en le démarrage d'un processus de négociation.
Les deux parties se sont mutuellement écoutées. Köhler a certainement évoqué les différents échanges qu'il a eus avec d'autres parties, y compris les pays voisins ou l'UE. Ainsi que son idée de relancer la coopération économique dans la région: "pourquoi pas l'économique avant le politique?", selon lui.
Les Marocains l'ont conforté: selon M. Bourita, les discussions ont été en outre l’occasion pour discuter du Maghreb, du coût du non-Maghreb et des raisons du blocage de la construction maghrébine.
Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, a souligné, mardi soir à Lisbonne, que les discussions bilatérales avec l'envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara marocain, Horst Köhler, ont été "riches" et "fructueuses".
"Globalement, les discussions se sont déroulées dans une atmosphère de sérénité et les débats ont été riches et fructueux. Et l’atmosphère a été celle du sérieux et du respect mutuel", a déclaré M. Bourita à la presse à l’issue de ces discussions bilatérales.
Le Maroc insiste constamment sur le fait que l'actuelle séquence est abordée avec sérieux, considérant que les choses doivent être placées dans leur vrai cadre et que le rapport de l'envoyé personnel du SG de l'ONU ne doit pas petre en soi un enjeu.
"Il ne s’agit ni d’un processus de négociation ni d’une négociation, mais d’un contact pour discuter de l’évolution du dossier du Sahara marocain", a rappelé Bourita à l'issue de la journée marathon.
M. Bourita a par ailleurs indiqué que "les débats ont permis à la délégation marocaine de rappeler la genèse de ce différend régional et les considérations politiques, juridiques et géostratégiques qui ont présidé à sa naissance durant les années 70".
La rencontre était aussi une occasion pour les membres concernés de la délégation marocaine de présenter tout l’effort du Royaume du Maroc pour la mise en oeuvre du modèle de développement régional et des structures de la régionalisation avancée, a-t-il fait savoir.
Les débats ont offert à la délégation marocaine l’occasion de présenter les détails de l’initiative marocaine de l’autonomie, du contexte de son élaboration, de son contenu très riche et de ses bases juridiques très solides, a-t-il ajouté.
Le ministre a en outre souligné que la délégation marocaine est venue à cette réunion avec le référentiel contenu dans le discours du Roi Mohammed VI du 6 novembre dernier, et dans lequel le Souverain avait défini les quatre paramètres pour la poursuite de ce processus.
-Tout d’abord la solution doit être dans le cadre de la souveraineté du Royaume, de son intégrité territoriale et de son unité nationale.
-Deuxièmement, le processus devrait inclure toutes les parties prenantes à ce différend, les véritables parties qui ont été à l’origine de ce différend régional [allusion directe à l'Algérie].
-Troisièmement, le processus doit être sous l'égide exclusif des Nations unies sans aucune intervention d’aucune autre organisation régionale ou internationale.
-Et quatrièmement, le processus doit porter essentiellement sur les questions politiques, loin de toutes les questions périphériques qui sont souvent intégrées dans les discussions pour dévier le processus de ses objectifs principaux, a-t-il rappelé.
Conduite par M. Bourita, la délégation marocaine comprenait également Omar Hilale, représentant permanent du Royaume du Maroc auprès des Nations Unies, Sidi Hamdi Ould Errachid, président de la région Laâyoune-Sakia El Hamra et Ynja Khattat, président de la région Dakhla-Oued Eddahab.
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