Tomate : après une chute brutale des prix, les exportations reprennent et soulagent les producteurs
Après plusieurs semaines de flambée des prix, le marché de la tomate connaît une chute brutale des cours, passant de 300 DH à 100 dirhams la caisse chez les producteurs. Face à cette situation, les exportations ont repris afin de rééquilibrer le marché et limiter les pertes des agriculteurs.
Il y a encore une semaine, le prix de la tomate atteignait jusqu’à 17 dirhams, voire 20 dirhams le kilo dans certains marchés de détail. Aujourd’hui, la situation est radicalement différente : les cours se sont effondrés, au point d’inquiéter fortement les professionnels du secteur.
"On est passé de 300 dirhams la caisse de tomates à à peine 100 dirhams. Une chute aussi brutale, on ne l’avait jamais connue", confie à Médias24 une source au sein de la Fédération interprofessionnelle marocaine de production et d’exportation des fruits et légumes.
Cette baisse soudaine place de nombreux agriculteurs face à de lourdes pertes financières, après une saison déjà marquée par les maladies, les intempéries, la destruction de serres et la hausse des coûts de production.
La tomate n’est pas le seul produit concerné. D’autres légumes subissent également cette pression, notamment le poivron, dont le prix chez les producteurs est tombé jusqu’à 1 dirham le kilo, selon les professionnels.
La suspension des exportations pointée du doigt
Pour les opérateurs, cette chute des prix s’explique principalement par les décisions verbales et jugées "aléatoires" concernant la suspension partielle des exportations, notamment vers le marché africain.
Les producteurs se retrouvent ainsi avec une offre disponible importante, mais une demande fortement réduite en raison du ralentissement des flux à l’export. "L’agriculteur a la marchandise, mais il n’a plus suffisamment de débouchés. Il devient le principal perdant et se voit contraint de baisser ses prix", explique notre source.
Cette situation alimente un paradoxe : quelques jours après une flambée des prix pour le consommateur final, les producteurs vendent désormais à perte.
La chaîne de commercialisation toujours en question
Cette nouvelle évolution relance le débat sur les véritables causes de la volatilité des prix. Si ni l’approvisionnement ni les volumes exportés ne semblent expliquer, à eux seuls, les fortes hausses constatées chez le consommateur, les professionnels continuent de pointer les dysfonctionnements de la chaîne de commercialisation.
Le nombre important d’intermédiaires entre les zones de production et les marchés urbains reste régulièrement dénoncé par les producteurs, qui estiment que les écarts de prix deviennent difficilement justifiables.
Les exportations reprennent pour rééquilibrer le marché
Face à l’effondrement brutal des cours, les professionnels du secteur se sont réunis mardi 28 avril 2026 dans la région du Souss-Massa avec Morocco Foodex, l’organisme chargé du contrôle et de la coordination des exportations agricoles.
Au centre des discussions : la nécessité de rétablir rapidement l’équilibre du marché, alors que les producteurs se retrouvent avec des volumes importants de tomates et de légumes sans débouchés suffisants, notamment vers les marchés africains.
Selon nos sources, la réunion a abouti à une reprise des exportations dès ce mercredi 29 avril 2026, afin de permettre une meilleure régulation des flux et d’éviter une aggravation des pertes chez les agriculteurs.
Pour les professionnels, l’export ne constitue pas une menace pour l’approvisionnement du marché local, mais bien un mécanisme indispensable à la stabilité de toute la filière.
"Le marché marocain reste prioritaire, bien évidemment. Mais les exportations créent un équilibre économique essentiel pour les producteurs", explique une source du secteur.
Le principe est simple, une partie de la production est écoulée à l’export à des prix plus rémunérateurs, ce qui permet de compenser les ventes réalisées à faible marge sur le marché national.
Sans cette péréquation, de nombreux producteurs ne parviennent plus à couvrir leurs coûts de production, déjà fortement alourdis par les maladies, les intempéries et la hausse des intrants. À terme, c’est toute la filière maraîchère qui risque de se fragiliser.
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