SIAP2018. B2B: Des exposants marocains confient leurs attentes

[PARIS. ENVOYE SPECIAL]. Entre exposants marocains et investisseurs étrangers, 300 rencontres B2B sont programmées lors du Salon de l'Agriculture de Paris 2018. 

SIAP2018. B2B: Des exposants marocains confient leurs attentes

Le 27 février 2018 à 17h14

Modifié 11 avril 2021 à 2h45

[PARIS. ENVOYE SPECIAL]. Entre exposants marocains et investisseurs étrangers, 300 rencontres B2B sont programmées lors du Salon de l'Agriculture de Paris 2018. 

"J'espère décrocher au moins un marché pour travailler toute l'année": au Salon de l'agriculture de Paris (24 février au 4 mars), les ambitions des exposants marocains vont au-delà de la vente directe. D'où l'importance des rencontres B2B. 300 ont été programmées pour cette édition 2018.

"Ce chiffre sera probablement dépassé. Sachant que les deux premiers jours, de nombreux investisseurs se sont renseignés spontanément sur les possibilités d'importation de produits marocains", nous déclare Al Mahdi Arrifi, directeur général de l'Agence pour le développement agricole. Il s'agira de connecter les exposants avec les acteurs français et européens "de la grande distribution, l’épicerie fine, les magasins spécialisés en bio et les centrales d’achats", explique-t-on à l'ADA.

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Mais si des promesses de deals sont tenues, leur concrétisation en marché pérenne n'est pas toujours acquise. "L'année  précédente, beaucoup d'investisseurs se sont montrés très intéressés. Une fois au Maroc, nous les avons relancés mais les retours ont été rares", raconte Amal El Hantati (Essaouira) présidente de groupement d'intérêt économique Vitargan, producteur d'huile d'Argan. C'est sa  deuxième participation au SIAP.  Au Pavillon Maroc, son stand fait figure d'attraction majeure.

Le manque de retour serait dû à "des investisseurs frileux à l'idées de changer de fournisseurs", selon notre interlocutrice. Comment les inciter à sauter le pas? En mettant le produit marocain au niveau des normes internationales de qualité et de sécurité. D'ailleurs, pour cette année 2018, 53 produits agricoles exposés ont été labellisés selon deux signes distinctifs, à savoir l'Indication Géographique Protégée IGP et l'Appellation protégées. De quoi leur ouvrir des marchés tout en étant "protégés contre toute usurpation éventuelle aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale."

Via le B2B, il sera également question d'améliorer la notoriété encore faible de certains produits: "L'argan ou la safran marocains sont des produits qui s'imposent d'eux-mêmes. Ce n'est pas le cas des dattes qui, en dehors du marché national, demeurent peu connues", nous explique Rachid Bouzekri (Tafilalet, Moulay Ali Cherif), producteur de dattes Boufeggouss et Majhoul.

"Au Maroc, le Majhoul marocain connaît un grand succès malgré la concurrence de la Jordanie ou des pays d'Amérique latine. Il est peu présent dans les marchés internationaux, où nous sommes classés 7èmes en dépit de la qualité du produit ", dit-il. Il espère que," d'ici deux à trois années et avec l'appui du Plan Maroc vert, nous soignerons notre position à l'international".

"Le producteur direct"

Dans son stand d'huile d'olive, Omar Ait Rouhi (Marrakech, Tahanaout) a reçu un importateur, le jour de l'ouverture du SIAP (24 février). "Je lui ai parlé de l'intérêt qu'il y a à faire affaire avec les IGE, c'est-à-dire les producteurs directs, au lieu des intermédiaires", nous confie ce trentenaire qui représente le GIE Oued Ourika. Cette entité rassemble plusieurs coopératives établies dans la région allant des vallées de l'Atlas vers la ville de Marrakech.

"En s'approvisionnant directement auprès du producteur, le client a la certitude que le produit n'est pas passé par plusieurs mains", nous explique-t-il. Or, pour les grands importateurs, "ce procédé peut, certes, présenter l'inconvénient de la quantité, souvent limitée. Mais ils peuvent toujours recourir à plusieurs IGE. Il en existe 25 au Maroc".

Dans un contexte marqué par une forte concurrence, notamment régionale (Méditerranée), la production demeure d'ailleurs une préoccupation majeure: "Nous avons le climat et les terrains qu'il faut. Mais il y a des progrès à faire au niveau de la production, insuffisante et coûteuse", selon notre interlocuteur", qui met l'accent sur "la nécessité de développement par l'industrialisation de la chaine de production".

 

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