Jerada: Les syndicats favorables au compromis avec le gouvernement
Alors qu’un grand nombre de manifestants souhaite modérer le mouvement revendicatif – suite aux engagements pris par le gouvernement, une branche radicale rejette ces propositions et compte maintenir la pression dans les rues de Jerada.
Les représentants régionaux des principales centrales syndicales ont diffusé, ce samedi en fin de matinée, un communiqué conjoint (fac-similé ci-dessous) dans lequel ils expriment leur satisfaction quant à certaines mesures proposées par le gouvernement, tout en maintenant les revendications portant sur le désenclavement routier, la création d’un pôle universitaire, mais aussi l’investissement dans la province des revenus fiscaux générés par les centrales thermiques de Jerada.
Abdelilah Laâraj, délégué régional de la CDT, nous décrit l’ambiance qui règne dans la ville : ‘’Les mesures proposées -même si elles demeurent en deçà des attentes, ont redonné un peu d’espoir aux habitants de Jerada. Mais le dernier mot leur revient et nous sommes loin du consensus. Les manifestants sont tiraillés par de fortes dissensions’’.
Deux camps s’opposent dans la ville d’après le délégué CDT. Une frange importante appelle à tempérer le mouvement de revendication sociale, afin de donner au gouvernement le temps de concrétiser les mesures proposées dans le cadre du ‘plan de sauvetage’ socioéconomique de la province.
Mais un certain nombre de voix s’élèvent pour exprimer leur totale insatisfaction. Les membres de cette branche ‘radicale’ du hirak, quoique minoritaires, sont résolus à poursuivre les manifestations jusqu’à ce que l’Etat acquiesce à l’intégralité de leurs demandes.
Sur les pages FB de coordination du hirak de Jerada, on peut tout de même observer un certain capital sympathie à leur égard – même s’ils n’hésitent pas à qualifier de ‘traîtres’ les représentants du hirak appelant à la modération et au suivi des engagements pris par le gouvernement – notamment en termes de création d’emplois.
Une situation qui risque de compliquer le sauvetage d’une province gangrénée par la précarité. D’autant plus qu’elle sert les intérêts de ceux qui, aux yeux des habitants, incarnent la principale cause de leurs soucis. ‘’Les barons souhaitent maintenir le statu quo. Ils sont contre l’idée de structurer les mineurs en société ou association, qui écoulerait la production de charbon directement auprès de l’ONEE. Ce processus les mettrait directement sur la touche, car il court-circuite leur rôle d’intermédiaire qui leur permettait d’exploiter les mineurs’’.
Les jours prochains seront décisifs et marqueront un tournant dans le hirak de Jerada. Entre une majorité ‘raisonnable’ mais impatiente de voir se concrétiser les engagements pris, et une frange radicale qui ne lâche rien et qui verra ses rangs s’étoffer au moindre faux pas du gouvernement.
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