Cession de la Samir: report pour absence d'offres sérieuses
Les offres existent, mais les candidats bloquent au stade du paiement. Le tribunal veut éviter l'option de la vente en lots, redoutée par les salariés et les créanciers.
Le 5 février, ambiance morne au tribunal de commerce de Casablanca. La Samir, raffinerie en liquidation depuis le 21 mars 2016, n'a toujours pas trouvé preneur. La procédure de cession est dans l'impasse. Juge-commissaire, syndic et contrôleurs se sont réunis, ce lundi, pour en refaire le constat.
La prochaine réunion aura lieu le 26 février. Un énième sursis dans un dossier où se précise le risque d'échec. Deux semaines plus tôt, une réunion similaire a été tenue et s'est soldée par un report "pour absence d'offres sérieuses". Ce même motif explique le nouveau délai de trois semaines.
A noter le changement de terminologie dans la motivation du report. Alors que depuis plusieurs mois, il s'agissait pour le juge-commissaire d'absence de garanties, il est désormais question de défaut d'offres "sérieuses".
Car des offres, il en existe. "Certains candidats ont réévalué leurs propositions du simple au double, et sont mêmes allés jusqu'à déterminer les modalités de paiement, avant de caler à l'étape fatidique: celle où l'argent est versé dans le compte de la Samir", nous confie cette source au tribunal. Sachant que le juge-commissaire exige le versement obligatoire d'une première tranche.
Où se situe le blocage? "Désintérêt" des uns, "difficultés au niveau de la circulation des capitaux" pour d'autres, les raisons citées par nos sources divergent.
Une chose est sûre, les chances de voir le rachat de la Samir aboutir diminuent à mesure que le temps passe. Bien périssable, la valeur de la raffinerie ne va pas non plus en augmentant. En janvier 2017, une expertise judiciaire avait valorisé l'ensemble des actifs de la Samir à 21,6 MMDH.
L'issue naturelle en cas d'échec de la cession demeure la vente en lots. Une formule redoutée par les parties concernées, notamment les salariés et les créanciers. Pour l'instant, le juge-commissaire semble y résister. La question est de savoir jusqu'à quand.
Mohamed El Krimi, syndic de la Samir, a obtenu une nouvelle prolongation de la continuité de l'activité de l'entreprise. Statuant le 19 janvier, le tribunal de commerce lui avait accordé un délai de trois mois supplémentaires en vue de trouver un acheteur.
En parallèle, un dossier important suit son cours: celui de l'extension de la liquidation aux patrimoines personnels des dirigeants de la Samir. Ces derniers ont tous été convoqués par le tribunal qui tiendra une audience le 12 février. Etant soupçonnées de confusion de patrimoine avec la Samir, des entreprises, dont des filiales de la raffinerie, sont elles aussi menacées par cette procédure.
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