Un appel d'offres international pour la décharge de Médiouna
Est-ce la fin d’un véritable point noir dans la région du Grand Casablanca? La décharge de Médiouna fera prochainement l’objet d’un appel d’offres international portant sur la construction d’une usine intégrée de recyclage et de valorisation des déchets ménagers. Selon une source autorisée au conseil de la Ville, dans 4 à 5 mois, la décharge actuelle sera fermée et le biogaz qui provoque le nuage noir bien connu des riverains, disparaîtra.
C’est ce que nous apprend Mohamed Haddadi, adjoint au maire de Casablanca-chargé du nettoiement: "Le dossier a été confié au bureau d’étude français Girus, qui est spécialisé dans les problématiques environnementales. Ses conclusions permettront de lancer – d’ici fin 2017, un appel d’offres international pour la construction d’une unité de recyclage et de valorisation. La décharge actuelle de Médiouna sera fermée dans 4 à 5 mois, alors que cela aurait dû être fait en 2010".
Cette nouvelle orientation découle, selon le responsable, de la volonté du Conseil de la ville de rompre avec les anciennes méthodes de gestion des déchets, principalement l’enfouissement et l’incinération, avec les risques que cela comporte pour la santé et l’environnement.
400.000 personnes menacées par la décharge
Ainsi, ce sont au moins 400.000 personnes qui souffrent directement de la nocivité de la décharge, d’après les estimations de Hanane Bouzil, présidente de l’association ‘’Les mamans de Bouskoura’’, qui ne cache pas sa déception: "Cela fait 2 ans qu’on nous promet une fermeture de la décharge sous un délai de 6 mois. Non seulement ces engagements n’ont pas été tenus, mais le problème a empiré avec l’incinération des déchets".
Nuage noir au-dessus de la "ville verte" de Bouskoura du fait de la combustion quotidienne des déchets
Après s’être réunie la semaine dernière avec le Président de la région ainsi qu’avec le Wali de Casablanca, Mme Bouzil compte mobiliser ses partenaires associatifs afin de déterminer les prochaines actions à mener. "Notre pétition lancée sur Avaaz a déjà recueilli près de 2.000 signatures, et nous travaillons actuellement sur le recensement du nombre d’habitants - essentiellement des enfants et des personnes âgées, qui ont développé des pathologies en raison de leur proximité à la décharge. Une marche symbolique avec des masques chirurgicaux sera organisée en ce sens pour dénoncer le degré de pollution dans lequel nous vivons au quotidien".
La solution n’est pas pour demain
Le prochain appel d’offres international annoncé par le Conseil de ville ne signifie pas pour autant la fin immédiate des problèmes des Casablancais, surtout ceux résidant à proximité de la décharge. Les déchets ménagers continueront d’être enfouis pendant une durée d’un an et demi à 2 ans au sein de la nouvelle décharge, attenante à l’ancienne.
Le biogaz sera collecté pour éviter toute combustion de déchets, promet notre source.
D’une surface de 35 ha, ce terrain a été acheté par le Conseil de ville, "mais pas encore payé" tient à préciser Mohamed Haddadi. Reste également à boucler la question du financement de la future unité de valorisation de déchets: "Compte tenu de l’ampleur de l’investissement, il est nécessaire que le Conseil bénéficie de la contribution de la région, de l’Intérieur ainsi que du ministère délégué chargé de l’Environnement". Selon une source autorisée, le ministère de l'Environnement a accepté de verser 70 MDH à la Ville, dans le cadre de ce dossier, le montant étant déjà disponible.
Cette fois sera-t-elle la bonne pour un dossier sensible eu égard à la nocivité de la décharge actuelle, alors que le Maroc a fait de la question de l’environnement l’un de ses chevaux de bataille? C’est du moins ce qu’espèrent de plus en plus de citoyens, excédés par une situation qu’ils perçoivent comme une menace sanitaire. "Nous nous sommes installé à Bouskoura parce qu’on nous a vendu un rêve. Celui d’une ville verte où il fait bon vivre. Les promesses n’ont pas été tenues et nous vivons aujourd’hui un cauchemar", déplore Hanane Bouzil.
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