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Une étude de l'ONDH cartographie la pauvreté sous toutes ses formes, commune par commune

Régions, provinces et communes. Basée sur une approche mutlidimensionnelle, une étude de l'ONDH nous dit lesquelles sont les plus pauvres, et lesquelles sont les plus développées. 

Une étude de l'ONDH cartographie la pauvreté sous toutes ses formes, commune par commune
A.E.H.
Le 28 septembre 2017 à 13h15 | Modifié 11 avril 2021 à 2h43

L'Observatoire National du Développement Humain (ONDH) a tenu, jeudi 28 septembre, une conférence-débat sur la cartographie du développement humain en 2014 au niveau régional, provincial et communal.

Basée sur une mesure multidimensionnelle du développement à l’échelle communale, dite "indice de développement local multidimensionnel (IDLM)" , la cartographie ausculte la pauvreté sous toutes ses dimensions, qui ne se résument pas aux indicateurs monétaires.  Cette cartographie peut être feuilletée ici.

"La pauvreté monétaire ne permet pas à elle seule de capter les dimensions fondamentales de la qualité de vie telles que l’éducation, la santé, l’habitat ou encore le cadre de vie et l’accès aux services sociaux. Ceci fait que son usage dans le ciblage des localités prioritaires est, de plus en plus, frustrant et incompris", observe l'ONDH.  

L'objectif de cette approche, selon l'Observatoire, est d'optimiser l'efficacité de l'action publique, en permettant un "ciblage géographique des ressources publiques non seulement basé sur le taux de pauvreté monétaire mais aussi et surtout sur un indice multidimensionnel du développement humain".

"L'IDLM mesure le chemin parcouru dans la voie du développement humain, en comparaison avec une commune fictive réalisant en 2014 les meilleures performances dans l'ensemble des dimensions retenues. La valeur de l'IDLM se situe entre 0 et 1".

En d'autres termes, le déficit en développement humain d'une région, province ou commune se réduit à mesure que la valeur de l'IDLM se rapproche de la valeur optimale (1). Lorsqu'il se rapproche de zéro, cela signifie que le développement humain est très bas. Cet indice résume les progrès cumulés dans six dimensions du développement, la santé, l'éducation, l'emploi, le logement, l'accès aux services sociaux et le cadre de vie des ménages.

A l'échelle nationale

Ainsi, à l'échelle nationale, l'IDLM atteint en 2014 près de 0,70. Il est 1,3 fois plus élevé dans le milieu urbain que dans le milieu rural. Ce qui correspond à un déficit en développement deux fois plus grand dans le monde rural (41,4%) que dans les villes (21,8%).

Les plus grand déficits sont enregistrés dans le domaine de l'éducation (45,2%) suivie du cadre de vie (40,0%), la santé (37,3%), l'habitat (25,0%), les services sociaux (22,3% et l'activité économique (10,4%)

Ces déficits sont moins accentués dans le milieu urbain: l’éducation (35,4%), la santé (33,6%) et le cadre de vie (31,6%) déficitaires. Dans le monde rural, les déficits sont aussi bien élevés que l’ensemble des dimensions. Ils y atteignent 58,7% en éducation, 51,6% en 44,6% en services sociaux et 42,5% en santé.

Une étude de l'ONDH cartographie la pauvreté sous toutes ses formes, commune par commune

(Source ONDH)

Régions: le Sud et l'axe Kénitra-Casa sont les plus développés  

Les régions dont le niveau de développement est significativement inférieur à la moyenne nationale sont Drâa-Tafilalet, Béni Mellal-Khénifra, Marrakech-Safi et Tanger. L'ONDH attribue le sous-développement de ces régions "à leurs zones montagneuses, difficilement accessibles et sous-équipées  en infrastructure sociale."

A l'inverse, les régions les plus développées sont Laâyoune-Sakia El Hamra, Casablanca-Settat, Dakhla-Oued Eddahab et Rabat-Salé-Kenitra. Les régions du Sud, tout comme l'axe Kénitra-Casablanca se détachent du reste des régions en raison "leurs performances économiques et sociales", estime l'Observatoire.

Une étude de l'ONDH cartographie la pauvreté sous toutes ses formes, commune par commune

(Source ONDH)

 

Chefchaouen, province la moins développée

Une province enregistrant un IDLM de 0,650 signifie qu’elle a parcouru 65,0% du chemin conduisant à la meilleure situation possible. Autrement dit, cette province affiche un déficit moyen de 35,0% par rapport à la situation optimale en 2014.

A ce titre, les provinces les plus en retard sont Chefchaouen  (0,555), Taounate (0,569), Moulay Yacoub (0,580), Chichaoua (0,604), Sidi Bennour (0,604), Azilal (0,605), Ouezzane (0,606), suivies de Fahs-Anjra (0,612), Al Hoceima (0,613), Guercif (0,614), Sidi Ifni (0,620), Boulemane (0,622), Figuig (0,623), Zagora (0,628) et Aousserd (0,629).

"Les provinces les moins développées sont souvent montagneuses et connues pour leur vocation rurale voire agricole", observe l'ONDH.

A contrario, les provinces les plus développées sont Rabat (0,822) et Casablanca (0,798) suivies de Oujda-Angad (0,790), Laâyoune (0,788) et Salé (0,778) et Fès (0,774).

Une étude de l'ONDH cartographie la pauvreté sous toutes ses formes, commune par commune

(Source ONDH)

 

Les communes les plus riches et les plus pauvres

Les communes les plus développée sont essentiellement concentrées dans les régions Rabat- Salé -Kéntra et Casablanca Settat. Toutes sont  "urbaines" et "sont historiquement connues, à l'échelle nationale, pour leur infrastructure physique et leur aisance sociales", indique l'ONDH.

Il s'agit de la municipalité Touarga et de l'arrondissement Agdal Ryad, suivis de la municipalité Mechouar de Casablanca, des arrondissements d'Agdal, d'El Maarif, de Hassan, du Souissi, d'Assoukhour Assawda, de la municipalité Harhoura, et, enfin, de l'arrondissement de Gueliz.

Avec un taux de 21,6%, le déficit en développement de ces communes est largement inférieur à la moyenne nationale.

Inversement, le déficit dépasse 60%  dans 10 communes, qui sont de ce fait les plus pauvres du Maroc. Ces communes se situent aux régions de Béni Mellal-Khénifra (Sidi Hcinen à la province de Khénifra), Fès-Meknès (Tazarine à Taza), Laâyoune-Sakia El Hamra (El Hagounia à Tarfaya), Rabat-Salé-Kenitra ( Ait Ichou à Khémissat), Tanger-Tétouan-El Hoceima (Oula Ali Mansour à Tétouan), Oriental (Maatark à Figuig), Fès-Meknès (Bouyablane à Taza) et l'Oriental (Oulad M'hammed à Taourirt). 

Les enquêteurs de l'ONDH rappellent que parmi les communes les moins développées, 6 participent aujourd’hui à l’initiative nationale pour le développement humain, "à savoir Sidi Hcine, Oulad Sidi Abdelhakem, Ait Ichou, Oulad Ali Mansour, Maatarka et Bouyablane."

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(Source ONDH)

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A.E.H.
Le 28 septembre 2017 à 13h15

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