Louardi élabore un projet de loi sur l'accréditation des établissements de santé
Le Maroc élabore une loi sur les accréditations (ou certifications) des établissements hospitaliers, privés ou publics, apprend Médias24 auprès de Lahoussine Louardi, ministre de la Santé publique.
Médias24 a enquêté auprès de différents acteurs du secteur de la Santé au Maroc. L'information selon laquelle des auditeurs du groupe Saham élaborent le cahier des charges qui servira à la certification des cliniques privées est démentie de toutes parts.
L'accréditation ou la cértification est un processus servant à évaluer la capacité d’un établissement hospitalier à améliorer ses prestations au profit du patient. La Haute autorité de la santé en France la définit comme suit: “porte sur le niveau des prestations et soins délivrés aux patients et la dynamique d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins mise en œuvre par les établissements“.
Au Maroc, la seule accréditation qui existe est celle des établissements hospitaliers publics. Là, il s’agit d’accréditer tous les établissements, privés ou publics.
“Nous avons décidé d’élaborer cette loi pour mettre en place un système d’accréditation couvrant l’ensemble des établissements de santé“, nous déclare le ministre de la Santé publique.
La loi sur la médecine (promulguée en 2015, décret d’application en 2016), a ouvert la voie à tous les investissements privés dans le domaine de la médecine, sans que l’investisseur soit obligatoirement lui-même médecin.
Plusieurs groupes privés s’intéressent à ce secteur: Meden Healthcare, pôle santé du groupe Saham, le français Elsan qui va ouvrir à Bouskoura, le groupe Abraaj par le réseau ODM. Des cliniques ouvertes par des praticiens, se sont inscrites également sur le chemin de la professionnalisation de la gestion.
Pour élaborer cette loi, “nous avons lancé un benchmark international et mis en place une concertation avec le privé et les hommes de l’art“, ajoute Louardi. Il fait allusion à des échanges avec la Société marocaine des sciences médicales et avec l’ANCP, Association nationale des cliniques privées.
Selon des sources professionnelles, un groupe d’échange a été constitué avec des opérateurs privés, pour des échanges sur l’élaboration de ces normes marocaines généralisées à la santé publique.
Des sources de presse en France, relayées au Maroc, ont fait état d’un cahier des charges des cliniques privées qui serait élaboré par les auditeurs du groupe Saham, ce qui évidemment crée un conflit d’intérêt. Louardi “dément catégoriquement“. “On ne peut pas être juge et partie. Les accréditations se font par des tiers et le ministère est seul responsable de l’élaboration de la loi et de son application“. “Le contraire serait inconcevable, impossible“, conclut Louardi.
L’enjeu final est de faire progresser l’ensemble des établissements de santé marocains vers les meilleures pratiques internationales.
Le développement du système marocain d’accréditation a réellement commencé au Maroc en 2005 après un début de réflexion au milieu des années 90.
L’objectif est de créer dans les établissements une dynamique permanente d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins.
Des normes marocaines ont déjà été élaborées par des professionnels marocains qui se sont inspirés d’un modèle de l’OMS.
L’accréditation n’est pas un classement ni un système qui décerne des étoiles aux cliniques et/ou hôpitaux. En France, les fiches, établissement par établissement, sont rendues publiques ici.
à lire aussi
Article : Automobile. Le Maroc premier exportateur africain et premier producteur de voitures particulières
Si l’Afrique du Sud reste le premier producteur automobile d’Afrique, le Maroc est devenu le premier exportateur automobile du continent et domine la production de voitures particulières. Au moment où Volkswagen cherche plus de visibilité en Afrique du Sud, le Royaume apparaît comme une alternative crédible. Sa force tient à sa proximité avec l’Europe, à sa logistique et à une chaîne industrielle déjà tournée vers l’export.
Article : Aéroport Mohammed V : l'ONDA engage une refonte architecturale à 300 MDH
L’appel d’offres porte sur les études et le suivi d’un chantier destiné à donner une même identité aux terminaux T1, T2 et domestique, tout en repensant les parcours passagers, les accès, les façades et l’expérience d’accueil.
Article : Désinformation : comment la machinerie hostile au Maroc a fabriqué “l’affaire Wassim”, jusqu'au sommet de l’État algérien
Comme lors de chaque grand rendez-vous sportif, les réseaux de propagande hostiles au Maroc redoublent d'activité. La dernière tentative en date, "l’affaire Wassim", a cherché à imputer à la communauté marocaine résidant aux États-Unis l'agression présumée d'un mineur algérien à Boston.
Article : Énergie verte : les futurs câbles Maroc-France et le gazoduc H2 prennent place dans les plans européens
Les projets énergétiques reliant le Maroc au continent européen se multiplient dans le Plan décennal de développement du réseau européen, version 2026. Portés par Xlinks, Fortescue ou encore Enagás, ils confirment le positionnement du Royaume comme futur fournisseur d'énergie verte de l'Europe.
Article : Une fusion-absorption de l'Université internationale privée Averroès par LCI Africa Holding en projet
Le Conseil de la concurrence a été saisi le 2 juillet de l’opération, qui rapprocherait l’établissement casablancais du groupe LCI Education, déjà présent au Maroc à travers HEM, Collège LaSalle International Maroc et Foncière L’AGORA pour l’Éducation.
Article : À Tétouan, les juges constitutionnels veulent rendre l’État de droit plus visible
Organisé avec la Commission de Venise, le colloque a réuni pendant deux jours des intervenants marocains et étrangers autour d’un enjeu central : l’indépendance des cours et leur capacité à dialoguer au-delà des frontières. Les travaux ont aussi été marqués par la présentation de la version révisée de la Liste des critères de l’État de droit.