Casablanca. Le drame de deux bébés, enfants d'une SDF, qui vivent dans la rue
La scène est insoutenable. Elle se passe au jardin des arènes sur le boulevard d’Anfa. Une poussette où un bébé dort, peut-être sous l’effet de la drogue, passant ses journées et ses nuits au plein milieu de la rue. Il a un frère, son cadet de 10 mois qui est dans la même situation. Leur maman est une SDF de 20 ans, connue des services de police et des acteurs sociaux.
Ceux qui ont l’habitude de passer par ce petit bout de jardin du quartier Racine les voient depuis quelques mois. Un groupe d’enfants de la rue, une dizaine, squatte ce petit carré, sniffe de la colle, consomme de l'alcool à brûler et fait la manche pour survivre.
Sur l’un des trottoirs, on est interpellé par la présence de ce qui était dans un passé lointain une poussette rapiécée dont les bouts sont raccomodés par une vielle couverture grise. A l’intérieur dort un ange, un bébé d’à peine une année.
Sa maman, information confirmée par de nombreuses sources, une jeune fille à peine sortie de l’adolescence, se drogue à la colle. Son allure trahit des années de vagabondage. Elle est connue des services de polices et des associations qui interviennent dans le domaine de l’enfance.
Elle a un troisième enfant, de quatre ans, placé en orphelinat. Les deux autres vivent avec elle depuis leur naissance, dans des conditions inhumaines, intolérables.
Les procédures sont longues, nous dit-on. C’est aux autorités de lancer une procédure de placement, les associations n’ayant pas la qualité de police judiciaire et donc le pouvoir de soustraire des enfants à leur mère, même si leur présence à ses côtés présente un danger réel.
Médias 24 lance un appel aux autorités locales, au Wali de la région, aux services de la police et aux associations pour prendre en charge ce cas d’une ultime urgence.
Rappelons qu'au Maroc, 25.000 enfants vivent dans la rue, dont 6.000 à Casablanca, selon une étude publiée en 2015 par l'Observatoire national des droits de l'enfant et l'UNICEF.
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