img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Cuir. Des projets de locomotives d’une moyenne de 30 MDH sont à l’étude

Des investisseurs marocains se sont manifestés pour créer des locomotives dans la chaussure, la tannerie et la mégisserie. L’investissement prévisionnel se situe entre 30 et 40 MDH pour chaque projet.  

La tannerie demeure le maillon faible de l'industrie de la chaussure marocaine.
La tannerie demeure le maillon faible de l'industrie de la chaussure marocaine.
Nabila Fathi
Le 24 mars 2017 à 16h00 | Modifié 24 mars 2017 à 16h00

Une année après la signature des contrats de performances pour la chaussure, la maroquinerie et les vêtements en cuir et enfin la tannerie et mégisserie, la Fédération marocaine des industries du cuir a tenu, jeudi 23 sa première rencontre avec la presse.

Sans matière première locale, point d’industrie du cuir

D’abord un chiffre. Le Maroc importe 70% de son cuir. D’un autre côté, il est exportateur de matière première produite localement et vendue à l’état semi-fini, à un prix dérisoire. Il est donc doublement perdant.

"L’industrie locale est très vulnérable. Nous ne produisons pas notre propre cuir alors que nos concurrents sont intégrés. Si rien n’est fait, dans les cinq années à venir, l’industrie disparaîtra dans sa totalité. Le Maroc compte actuellement une quinzaine d’usines, opérant dans le secteur formel, contre une centaine quelques années plus tôt. Elles disparaîtront toutes", s’alarme Azzeddine Jettou, vice-président de la Fedic.

"Des investisseurs étrangers nous demandent où acheter le cuir au Maroc. Nous ne savons pas quoi leur répondre. Pendant de longues années, le secteur a subi une anesthésie générale. Nous recevions de grandes commandes de la part des donneurs d’ordre et cela nous suffisait. Avec l’émergence de nouveaux compétiteurs, nous avons perdu nos clients, et nous nous sommes retrouvés avec des unités de production sans aucune commande. Le seul choix qui nous reste est de créer une industrie en amont", ajoute-t-il.

C’est l’un des objectifs de l’écosystème tannerie qui vise également la génération d’un chiffre d’affaires additionnel de 2,7 MMDH dont 1 MMDH à l’export et la réalisation de 10 projets d’investissements portés par des locomotives.  

De nouvelles ZI aux normes dans le pipe

Dans le cadre des contrats de performance signés en février 2016, la mise à disposition des acteurs des écosystèmes d’un foncier locatif à des prix attractifs fait partie des engagements du département de l’industrie. Actuellement, des projets de zones industrielles aux normes internationales sont en cours d’étude ou de finalisation.

-La  zone industrielle de Ain Chgag, à 20km de Fès. La phase des études est quasi-achevée. Le début des travaux d’aménagement est prévu courant du deuxième semestre 2017. "Les appels d’offres seront lancés d’ici juin", précise Taha Ghazi, en charge des secteurs du cuir et du textile au ministère de l’Industrie et du Commerce.

Cette zone, d’une superficie brute de 38 ha, sera équipée d’une station d’épuration des effluents. Elle est prévue pour abriter les principales tanneries, mais également les entreprises de chaussures et de maroquinerie de la région.

- Une nouvelle zone industrielle pour les entreprises de chaussures. En phase d’exploration, elle sera dédiée principalement aux entreprises de chaussures majoritairement informelles dans la région de Fès.  

-La zone de Casa City Shoes. D’une superficie de 10 ha et entièrement aménagée, elle est dédiée aux PME de la filière de transformation du cuir (chaussure, maroquinerie et vêtements en cuir). Cette zone sera prête courant 2018, selon Hamid Ben Ghrido, président de la Fedic.

-Zone industrielle de Sidi Hajjaj dans la région de Casablanca. Cette zone multisectorielle est en phase d’étude par le ministère de l’Industrie.

Les premiers projets de locomotives sont à l’étude

A partir de janvier 2017, la cellule d’animation du cuir est créée. Comme pour les autres écosystèmes sectoriels (textile, matériaux de construction, automobile,…), c’est elle qui accompagnera les entreprises dans le montage de leurs projets et leur suivi et la coordination avec le ministère de tutelle.  

"Nous avons reçu des demandes dans la chaussure, la tannerie et la mégisserie. Ils sont en cours d’études et bénéficient de l’accompagnement de la cellule d’animation et des cabinets de conseil. Ils aboutiront dans quelques semaines", confie Hamid Ben Rhrido.

Ces projets sont d’un investissement moyen situé entre 30 et 40 millions de DH. "Ces investissements sont tous portés par des Marocains", précise le président de la Fedic.  

"Le démarchage d’investisseurs étrangers est également en cours, et ce, en collaboration avec l’AMDI. L’objectif est de consolider les métiers classiques qui sont la chaussure, la maroquinerie, la tannerie …  et de lancer de nouveaux métiers", ajoute Taha Ghazi, en charge des secteurs du textile et du cuir au ministère de l’Industrie et du Commerce.

Cuir et textile, une alliance ressuscitée

Il fut un temps où les deux secteurs avançaient ensemble. On parlait d’ailleurs de l’industrie du textile et du cuir. Puis, il y a eu scission et chacun a pris son destin en main. Aujourd’hui, les prémisses d’une nouvelle alliance sont palpables.  

"La semaine dernière, nous nous sommes entretenus avec l’Amith. L’idée est de mettre en place une cellule commune pour travailler sur des dossiers importants comme le dumping et la contrebande et qui touchent les deux secteurs", souligne Azzeddine Jettou.

Des requêtes conjointes seront déposées notamment auprès du ministère du Commerce extérieur.

"Nous allons nous réunir courant la semaine prochaine avec les services de la Douane et des Impôts pour discuter de ces problèmes, avant de les attaquer en commun avec l’Amith", ajoute la même source.

Une position qui n’est pas accueillie favorablement par l’ensemble de la profession. Certains soutiennent l’indépendance de la filière cuir en mettant en avant sa particularité, et celle de ses contraintes.

Rappelons que la mise en place des 3 écosystèmes à l'horizon 2020 vise la création de plus de 35.000 emplois stables et la génération d'un chiffre d'affaires aditionnel de 7,5 MMDH dont 5,5 MMDH à l'export.  

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Nabila Fathi
Le 24 mars 2017 à 16h00

à lire aussi

Le Maroc face au risque d’une inflation alimentaire diffuse et composite
ECONOMIE

Article : Le Maroc face au risque d’une inflation alimentaire diffuse et composite

Alors que les instances internationales s'inquiètent d'un nouveau choc systémique mondial lié aux tensions géopolitiques, le Maroc navigue entre une campagne agricole prometteuse et des goulots d'étranglement logistiques nationaux. Si le blé tendre reste sous protection, les filières animale, sucrière et oléagineuse demeurent exposées à une inflation de second rang et à une saturation portuaire qui grignote les marges de manœuvre. Analyse.

Pourquoi le taux d’inflation ne reflète pas toujours le vécu des ménages
ECONOMIE

Article : Pourquoi le taux d’inflation ne reflète pas toujours le vécu des ménages

Au Maroc, l’inflation ralentit, mais les ménages continuent de ressentir la hausse des prix et la pression sur leur pouvoir d’achat. Cet écart vient surtout d’une lecture incomplète du taux d’inflation, ainsi que de la nature même du panier représentatif utilisé pour mesurer l’évolution des prix.

Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice
BUSINESS

Article : Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice

Le 28 avril, les deux cofondateurs du groupe, Karim Bernoussi et Youssef El Oufir, doivent finaliser le rachat des 65% du capital détenus par le groupe Altice, dont ils n'avaient conservé que 35% lors de l'entrée du partenaire français en 2016. Une opération qui redonne à ce fleuron de l'économie marocaine sa pleine liberté de manœuvre, au moment précis où son secteur est traversé par la déferlante de l'intelligence artificielle. Karim Bernoussi, PDG du groupe, était l'invité du 12/13 de Médias24.

L’Oukaïmeden,  station d’hiver et espace culte de transhumance
SOCIETE

Article : L’Oukaïmeden,  station d’hiver et espace culte de transhumance

Alors que l’Oukaïmeden est appelé à devenir une station touristique quatre saisons à l’horizon 2027, l’anthropologue Mohamed Mahdi rappelle que ce territoire ne peut être réduit à un site de loisirs. Agdal pastoral, espace de transhumance, réservoir de biodiversité et patrimoine culturel amazigh, l’Oukaïmeden impose une approche de développement intégrée, capable de concilier tourisme, pastoralisme et préservation des équilibres sociaux et écologiques.

La météo pour le lundi 27 avril 2026
Les prévisions quotidiennes

Article : La météo pour le lundi 27 avril 2026

Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 27 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.

Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar
Architecture et urbanisme

Article : Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar

L'aménagement de la lagune de Marchica s’apprête à un nouveau chapitre. Au-delà des avancées de la première phase, il dessine une nouvelle transformation urbaine et touristique d'ampleur, de Nador à Beni Ensar, jusqu'au village d'Arkman. L’enquête publique s’est achevée vendredi.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité