Défense, risque de terrorisme, fragilité … Quel est le classement du Maroc ?
Dans un rapport publié le 6 mars, l’Institut royal des études stratégiques traite des aspects sécuritaire et de défense du Royaume en se basant entre autres sur des données du Sipri (Stockholm International Peace Research Institute), de l'Institute for Economics and Peace…
Sécurité globale
-Indice global de paix
Publié par l’Institute for Economics and Peace, cet indice mesure le degré de pacifisme dans chaque pays.
Le score, variant de 1 (pays très paisible) à 5 (pays non paisible), prend en considération aussi bien la paix à l’intérieur (niveau de criminalité et de crimes violents, importations d’armes conventionnelles,…) qu’à l’extérieur du pays dépenses militaires en pourcentage du PIB, contribution financière à l'ONU, capacités nucléaires et armes lourdes,…).
Le rapport de l'IRES dédié à l'évolution du positionnement international du Maroc ne donne pas le score du Maroc, mais se limite à donner son classement.
"Une résilience du Maroc face aux bouleversements sociopolitiques qu’ont connus certains pays de la région MENA est confirmée par le classement du Royaume à la 91e position sur 163 pays dans l’édition 2016 du Global Peace Index", souligne le rapport.
En 2008, le Maroc était classé néanmoins 66e, dans la zone verte, bien avant les printemps arabes.
-Indice "Fragile State"
Cet indice est élaboré par le think tank américain Fund for Peace et publié par le magazine Foreign Policy. Il fournit un classement annuel des pays dans le monde en fonction de leurs niveaux de stabilité et de pressions -sociales, économiques et politiques- qu'ils subissent, et donc leur vulnérabilité à l'effondrement ou au conflit.
Il varie sur une échelle de 0 à 120. Un score faible indique une stabilité et un score élevé, une situation critique; et plus un pays occupe un rang élevé, mieux c’est.
"Le positionnement du Maroc demeure contrarié par quelques facteurs dont notamment les griefs communautaires, la migration, la fuite des cerveaux et les inégalités de développement économique. Le Maroc est passé, néanmoins, du 88e rang mondial en 2007 au 91e rang en 2015, gagnant trois places entre temps, et affichant ainsi la meilleure performance à l’échelle maghrébine", peut-on lire dans le rapport.
-Indice global de terrorisme
Il vise à mesurer l’impact direct et relatif des attaques terroristes des pays de la communauté internationale. Il prend par exemple en compte le nombre total d’incidents terroristes dans une année; les décès causés par le terrorisme…
Le Maroc est exposé au risque terroriste, en raison , entre autres, de son engagement dans la lutte contre le terrorisme.
"L’efficacité du dispositif sécuritaire national et la mise en place récente du BCIJ devraient néanmoins renforcer davantage les capacités anticipatives du Maroc en matière de lutte contre le terrorisme et le crime organisé", nuance le rapport.
Sécurité intérieure
-Nombre de policiers pour 100.000 habitants
Selon le rapport, l’effectif de fonctionnaires de police est certes en hausse, mais demeure insuffisant pour faire face au développement de la criminalité au Maroc.
- Nombre de personnes détenues pour 100.000 habitants
Sont exclus les prisonniers non criminels détenus pour des fins administratives, y compris les personnes détenues en attente d’une enquête sur leur statut d'immigration et les ressortissants étrangers n’ayant pas le droit de rester au pays.
"La population carcérale s’est accrue entre 2003 et 2013. Le recours accentué à la détention temporaire a contribué à l’engorgement des prisons", explique le rapport.
- Taux d’homicides volontaires pour 10.000 habitants
Une amélioration du classement international du Maroc au titre de cet indice reflète, entre autres, l’efficacité des actions préventives des forces de l’ordre en matière de lutte contre la criminalité.
- Taux d’agressions pour 100.000 habitants
Les agressions sexuelles, les menaces et les agressions conduisant à la mort sont exclues de cet indicateur.
Le taux d’agressions a enregistré une augmentation de près de 25% entre 2003 et 2013, due, entre autres, à la hausse de la consommation des psychotropes, à l’urbanisation non maîtrisée et au creusement des inégalités, tente d’expliquer le rapport.
- Sécurité publique intérieure
La mise en place de nouvelles structures sécuritaires, le renforcement des moyens d’action et la formation des forces de l’ordre aux nouvelles formes de criminalité ont permis de maîtriser cet aspect, selon l’IRES.
Le score varie entre 0 (très faible sécurité) et 4 (forte sécurité).
"Le recours à une approche sécuritaire consistant en la promotion de forces de l’ordre de proximité et la sensibilisation des citoyens sur leur rôle, en tant que partenaire de ces forces devraient renforcer davantage le niveau de la sécurité intérieure du pays", ajoute l’Institut.
Défense
-Les dépenses militaires en % du PIB
Les données disponibles comprennent également les dépenses engagées pour le personnel civil et militaire, notamment les pensions de retraite du personnel militaire et les services sociaux pour le personnel, l'exploitation et la maintenance, l'approvisionnement, la recherche et le développement et l'aide militaire…
"Il faudrait que plus de détails soient disponibles au sujet de ce qui est inclus dans les budgets militaires et de ce qui est inclus dans les dépenses militaires hors budget", reconnaît le rapport.
Les dépenses militaires engagées par le Maroc sont motivées par la nécessité de moderniser les capacités militaires du Maroc et de défendre son intégrité territoriale.
-Importations d’armes en millions de dollars
Les données couvrent la plupart des armes conventionnelles telles que les avions, les véhicules blindés, l'artillerie, les systèmes de radar, les missiles et les navires à usage militaire. Sont exclus de ce calcul les autres équipements militaires tels que les petites armes et les armes légères, les camions, la petite artillerie, les munitions, l'équipement de soutien, les transferts de technologie et d'autres services.
"Une progression importante, dans un passé récent, de la valeur des importations d’armes par le Maroc est en lien avec le contexte géopolitique régional troublé et avec l’accentuation des menaces transnationales, notamment le terrorisme et le crime organisé", note le rapport.
- Indice de "puissance militaire"
Une amélioration significative du classement international du Maroc en termes de puissance militaire est constatée. Selon l’Institut "Global Firepower", le Maroc se positionne en 2015 à la 56e place au niveau mondial et à la 7e place au niveau africain au titre des capacités de son armée.
Cet indice publié par le think thank Global Firepower, se base sur 8 dimensions à savoir: la main-d’œuvre militaire, les capacités terrestres, la puissance aérienne et navale, les ressources énergétiques dont dispose le pays, ses moyens financiers. Le rapport est consultable ici.
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