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Les start-ups, entre illusions et “économie numérique aux pieds d’argile”

L’écrivain et auteur de BD Mathilde Ramadier publie "Bienvenue dans le nouveau monde, comment j’ai survécu à la coolitude des start-ups". Elle raconte des coulisses peu reluisantes.

Les start-ups, entre illusions et “économie numérique aux pieds d’argile”
Jamal Amiar
Le 11 mars 2017 à 15h15 | Modifié 11 avril 2021 à 2h39

Alors que les noms de Mark Zuckerberg de Facebook, Travis Kalanick d’Uber ou Jonathan Benassaya de Deezer font rêver, Mathilde Ramadier dresse un portrait sévère des centaines de boîtes qui, du Technopark de Casablanca à la Sentier Valley de Paris et à la Silicon Allee de Berlin, sont, selon elle, "un véritable enfer".

Mathilde Ramadier définit une start-up comme "une jeune entreprise dotée d’un fort potentiel, mais qui n’exerce pas encore d’activité rentable". Ramadier raconte dans son dernier livre ses expériences professionnelles les plus longues dans deux start-ups à Berlin entre 2011 et 2015. Mais au total elle aura travaillé aussi dans une dizaine d’autres petites boîtes.

Voulant "montrer la face cachée du système", Ramadier décrit des patrons arrogants et exploiteurs qui tiennent un discours à l’opposé de leur comportement. Elle décrit par le menu en donnant le nom de la boîte, Vesta, un patron vivant entre Berlin, New York et Bali mais "qui ne disait jamais bonjour et ne connaissait pas les prénoms de ses employés". En revanche raconte-t-elle aux Inrocks, "le jour où son associé s’est cassé la jambe, il nous écrit un mail culpabilisant pour nous dire qu’il fallait travailler plus".

Les start-ups, entre illusions et “économie numérique aux pieds d’argile”

Mathilde Ramadier dénonce également la tendance à la novlangue des start-ups avec le développement d’un vocabulaire très spécifique au secteur et parfois même à certaines entreprises, un moyen d’inclure et d’exclure ceux qui jouent ou pas le jeu.

 

Pour Ramadier, les start-ups prônent une idéologie hyper capitaliste faisant croire à chacun que tout le monde peut participer, "que tout le monde est manager" et peut être équitablement rémunéré alors que "le management du bonheur cache des travailleurs jetables et sous-payés". "Une économie numérique aux pieds d’argile",  selon les mots d’un lecteur publiés sur le site de l’écrivain.

L’écrivain critique également les logiciels de management et leurs systèmes de notation ainsi que les espaces de travail ouverts qui ne sont  pas forcément le meilleur modèle pour la concentration.

Innovation parfois illusoire et violence qui l’est moins

L’innovation qui est au centre du concept de start-up est une illusion assène Mathilde Ramadier. "Celles qui le font vraiment sont loin d’être majoritaires". Elle dénonce le système Uber et l’explosion des petites entreprises de livraison de repas ou autres avec commandes passées par Internet.

Ramadier dénonce aussi dans les méthodes de communication une forme de propagande avec des discours messianiques, des "révolutions" à venir et des "disruptions technologiques". "Les start-ups se targuent souvent d’apporter des solutions à vos problèmes … que vous n’aviez pas d’ailleurs; elles n’apportent rien", ironise-t-elle .

La violence est au détour de chaque description d’un aspect des expériences professionnelles berlinoises de Mathilde Ramadier. Elle dénonce de longs horaires de travail et des rémunérations qui tournent autour du salaire minimum dans la majorité des cas. Pour l’écrivain, les stagiaires remplacent les permanents dans les start-ups et "l’univers cool et sans hiérarchie" est une illusion.

"Bienvenue dans le nouveau monde, comment j’ai survécu à la coolitude des startups". Editions Premier Parallèle, février 2017.

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Jamal Amiar
Le 11 mars 2017 à 15h15

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