L’Unesco édite un guide de formation contre le trafic illicite des biens culturels marocains
Quelques jours après l’affaire du plésiosaure illégalement exporté, l’organisation internationale a publié un guide de formation destiné aux magistrats et aux différents services de sécurité marocains pour les sensibiliser à la sauvegarde des biens culturels sur le territoire national.
Alors que le Maroc a dû gérer le retour du squelette d’un reptile marin vieux d’au moins 66 millions d’années qui était en vente à l’hôtel Drouot, la représentante du programme culture du bureau de l’Unesco a présenté, mardi 7 mars, un manuel de formation sur le trafic illicite des biens culturels.
Lors de cette conférence de presse, Sanae Allam a déclaré que l’idée de ce guide était née pour pallier un certain vide qui prévaut au Maroc en matière de préservation culturelle.
Hasard du calendrier ou pas, cette publication permettra d’éviter à l’avenir que des exportations illégales comme celle du plésiosaure, se répètent grâce à la sensibilisation des services concernés.
Ce guide qui curieusement n'existe pas en format digital, a été préparé par l’agence onusienne en collaboration avec des juristes marocains et tous les services de sécurité (policiers, gendarmes, douaniers, ministères de la Culture, de l’Intérieur,…). Sanae Allam prône une information élargie pour faire face au manque de connexion actuelle qui permet toutes les dérives.
Afin de sensibiliser le plus grand nombre, le guide liste l’ensemble des conventions internationales dont est signataire le Maroc qui définit les mesures à prendre pour empêcher l’exportation et le transfert de propriété illicite des biens culturels. Devant le vide juridique marocain, le manuel de 54 pages a également répertorié les lois nationales qui traitent indirectement de cette thématique.
Interrogée par Médias24, la représentante de l’Unesco déclare que les recommandations du guide permettront de montrer la voie à suivre pour traiter ces crimes car la magistrature marocaine ne comporte aucun pôle spécialisé en matière de délinquance culturelle. Notre interlocutrice a également affirmé que quatre réunions avaient été tenues avec des éléments des douanes, de la police et de la gendarmerie pour leur apprendre à reconnaître un bien culturel pour empêcher une éventuelle exportation.
Joint par téléphone, Amine Sbihi, ministre de la Culture et responsable des sites archéologique s’est d’abord félicité du fait que l’affaire du plésiosaure ait été réglé d’une manière consensuelle par l’ambassadeur du Maroc grâce au travail commun de 4 ministères (Intérieur, Culture, Affaires étrangères, Justice).
Concernant la publication du guide dont ses services ont été partie prenante, le ministre a rappelé qu’un projet de loi a été déposé au Parlement en 2013 pour étoffer la loi n° 22-80 existante relative à la conservation du patrimoine des monuments, des, sites historiques, des objets d’art et d’antiquité.
"Dans une lecture extensive, les articles 43 et 46 peuvent aussi s’appliquer à tout ce qui présente un intérêt archéologique ou anthropologique pour éviter les exportations illicites comme celle du squelette du plésiosaure. Cette loi a été refondée par le ministère de la Culture en 2013 en incluant une conception plus large du patrimoine culturel en y ajoutant le patrimoine naturel (archéologique, géologique, …). Ce projet de loi qui est accessible au secrétariat général du gouvernement n’a malheureusement pas encore été adopté", déplore le ministre de la Culture.
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