Marocains et Chinois redécouvrent Ibn Batouta
Diplomates chinois, universitaires et élus marocains se sont donné rendez-vous ce week-end à Tanger. La ville concentre l’essentiel de l’intérêt des Chinois en ce moment, mais elle n’est pas la seule.
Avec les projets d’installation d’une unité de montage d’autobus électriques et les récentes visites de professionnels du tourisme de Canton, Tanger concentre pour l’heure l’intérêt des Chinois.
Organisée sous les auspices de l’Association d’amitié et des échanges maroco-chinois, la rencontre entre politiques et universitaires des deux pays avait pour cadre le nouveau centre culturel Ahmed Boukmakh et le thème portait sur “Ibn Batouta et la route de la Soie“. Le voyageur né à Tanger au début du XIVe siècle et décédé 73 ans plus tard à Marrakech est enterré dans la kasbah tangéroise et fut le premier Marocain à visiter la Chine et à écrire sur ses us et coutumes.
La route de la Soie, terrestre et maritime, a été développée par une succession d’empereurs et de dirigeants chinois depuis le IIe siècle avant Jésus-Christ pour promouvoir le commerce et défendre les frontières de l’empire extrême-oriental. Elle a été remise au goût du jour depuis le début de la décennie à la faveur d’une redéfinition de la politique étrangère et commerciale de Pékin.
Le Marocain parle mandarin, et le Chinois, l’arabe
L’AAEMC est actuellement présidée par le Dr Mohamed Khalil, un des premiers étudiants marocains en Chine et lui-même diplômé de médecine chinoise exerçant depuis une trentaine d’années à Casablanca.
Décrivant “Ibn Batouta ambassadeur de sa ville, de son pays et de l’humanisme“ et ponctuant son intervention de mots du vocabulaire mandarin, le Dr Khalil a rappelé l’arrivée d’Ibn Batouta en Chine en 1345, ses 26 années de périples et ses 120.000 kilomètres parcourus. Mohamed Khalil a reçu l’an dernier au Caire des mains du président chinois Xi Ping l’un des 10 prix octroyés par Pékin à cette occasion aux animateurs mondiaux de l’amitié sino-arabe.
Intervenant de son côté en langue arabe, le conseiller culturel chinois Ji Yo Wen a revendiqué l’action de diplomatie culturelle menée par Pékin au Maroc depuis de nombreuses années.
Ji Yo Wen a lui-même occupé le poste de 1er secrétaire de l’ambassade de Chine à Rabat il y a une dizaine d’années. Pour M. Wen, “Ibn Batouta est un vecteur de rapprochement maroco-chinois mais également entre le peuple marocain et les autres peuples du monde“.
Développer le commerce et les investissements
Aujourd’hui 2e puissance économique, commerciale et militaire au monde, la Chine est le 4e partenaire commercial du Maroc qui est à son tour son 2e partenaire commercial le plus important en Afrique. Le Maroc et la Chine continuent de marquer une volonté de rapprochement, mais il n’en reste pas moins qu’ils sont et resteront demain des concurrents sur la scène africaine et arabe.
L’intérêt de la Chine pour le Maroc porte en même temps sur son rôle en tant que pays en développement et puissance régionale, et en tant que pays actif en Afrique et mettant les moyens nécessaires dans le développement de ses relations politiques et de son implantation économique sur le continent africain.
Ces points communs, ou pas, entre Rabat et Pékin n’empêchent pas les deux parties d’avancer ensemble. Ce week-end a ainsi été annoncé la tenue du 2e Forum d’amitié Maroc-Chine en juillet prochain à Agadir. L’évènement doit être organisé en partenariat avec le conseil régional de Souss-Massa-Draâ.
D’ores et déjà, les axes de ce forum ont été fixés: il s’agit de développer les échanges et les investissements dans les secteurs du tourisme, de la construction navale, des énergies renouvelables, de l’aquaculture et l’agriculture.
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