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ECONOMIE

Tourisme: Record historique des recettes et retour de la confiance internationale en 2016

Les derniers mois de l'année 2016 ont permis d'enregistrer des performances jamais égalées en termes de recettes et d'infléchir la baisse des marchés traditionnels grâce au retour de la confiance internationale dans la destination marocaine. Saïd Mouhid, président de l'Observatoire national du tourisme, avance qu'en 2017, la reprise en cours permettra de donner au secteur du tourisme toute la place qu'il mérite dans l'économie du Maroc.  

Tourisme: Record historique des recettes et retour de la confiance internationale en 2016
Samir El Ouardighi
Le 4 janvier 2017 à 17h10 | Modifié 4 janvier 2017 à 17h10

D'ordinaire très mesuré, le président de l'Observatoire national du tourisme (ONT) et directeur du conseil régional du tourisme (CRT) de Casablanca annonce que la dernière semaine des fêtes a connu un taux très satisfaisant de remplissage des hôtels classés, compris entre 70 et 90% pour certains établissements situés dans la zone de l'hivernage à Marrakech.

"D'après les premiers indicateurs et les sondages auprès des opérateurs de la ville ocre, la demande relativement tardive a cependant engendré un trafic international important avec une mobilisation, tout aussi considérable, des touristes urbains nationaux (Casablanca, Rabat, ...). La ville d'Agadir a, quant à elle, connu un remplissage optimal beaucoup plus tôt que la dernière semaine des fêtes avec des arrivées massives d'Allemands, de Russes et de Marocains. Les chiffres des derniers jours de décembre ont donc été plus que satisfaisants partout, même s'ils ne traduisent pas le vrai potentiel de ce secteur au Maroc", se félicite Saïd Mouhid.

Selon lui, novembre et décembre, traditionnellement moyens en termes d'affluence, permettront de se démarquer des derniers mois atones de 2015.

"Novembre a été un mois exceptionnel avec 33% de nuitées supplémentaires à Marrakech, plus 16%  à Agadir, et 16,5% à Casablanca par rapport à la même période de l'année précédente. Marrakech a bénéficié de l'effet COP22 mais au final, ces trois premières destinations ont profité d'une reprise des arrivées et des nuitées".

La sécurité, un des points forts du Maroc pour attirer des touristes

M. Mouhid poursuit que cette tendance traduit l'attractivité du Royaume, en général, mais aussi et surtout, que les visiteurs commencent à être rassurés par la sécurité qui règne dans le pays. Au nom de tous les opérateurs, il tient d'ailleurs à rendre hommage au travail "formidable" accompli par les forces de l'ordre qui font du Maroc un havre de paixvoire une exception dans le monde arabo-musulman.

"Même si le risque zéro n'existe nulle part, la mobilisation des services de sécurité a eu pour effet de casser la tendance baissière du marché français qui est en train de se stabiliser. Le premier marché émetteur du Maroc connaît actuellement une inflexion de la chute des arrivées et des nuitées. Nous sommes désormais à un taux annuel de moins 1,5% des arrivées contre une baisse de 5% en 2015.

"En parallèle, nous avons enregistré, ces derniers mois, une augmentation continue des marchés allemand, espagnol, belge, américain (+9%), du Moyen-Orient (+10%), africain (+10%), sans parler des marchés russes et chinois qui explosent. Il y a un retour à la consolidation sur les marchés traditionnels et une reprise certaine sur les marchés émergents et de niche.

"Même si la Chine et la Russie représentent des petits volumes en termes d'arrivées, la croissance des visiteurs russes est au rendez-vous grâce aux actions agressives entreprises dans ce pays (promotions et salons, conventions avec des T.O. locaux, aérien...). Concernant la Chine, la suppression de l'obligation des visas marocains a permis d'engranger une croissance rapide à deux chiffres (7.000 visiteurs en 2015 contre 22.000 en 2016). Il nous appartient aujourd'hui d'adapter le produit marocain (formation de guides, menus et circuits dédiés...) et de travailler avec des compagnies aériennes du Golfe, de Turquie ou de France pour multiplier les dessertes au Maroc.

Tourisme d'affaires, marchés alternatifs, etc. Les objectifs visés

"Cependant, nous ne pourrons vraiment développer notre potentiel de trafic et atteindre nos ambitions légitimes qu'en initiant des lignes directes qui vont, elles-mêmes, pousser les autres compagnies à desservir le Royaume. Grâce aux projets fantastiques impliquant des entrepreneurs chinois au Maroc (zone industrielle Haite à Tanger, centrale Noor à Ouarzazate ...), nous pouvons aisément capter un tourisme d'affaires très important issu de ce pays. Ces lignes directes permettront de constituer un formidable levier de croissance avec l'appui de la RAM qui est désormais équipée de gros-porteurs long-courrier", ajoute t-il.

Notre interlocuteur soutient que d'ici 2018, le Maroc atteindra 100.000 clients chinois grâce aux compagnies du Moyen-Orient comme Etihad qui reliera en mars prochain Casablanca aux hub de Dubaï et de Doha avec ses Airbus A380.

Hormis le marché chinois, le Maroc se positionne pour trouver d'autres relais de croissance importants et marchés alternatifs comme l'Amérique du Sud et les Etats-Unis qui ont connu des croissances d'arrivées de 10% en 2016. Cette progression témoigne d'une confiance accrue dans la destination marocaine de ces marchés, d'ordinaire très sourcilleux sur la sécurité de leur lieu de villégiature.

Les indicateurs sont donc au vert pour l'année 2017 qui se présente sous les meilleurs auspices sachant qu'à fin novembre 2016, le secteur a enregistré une hausse annuelle de 0,7% des arrivées. M. Mouhid avance que la croissance des arrivées de l'année écoulée devrait atteindre 1,5% contre une baisse de 1% pour l'année 2015. Il prévoit également une hausse de 3,5% des nuitées en 2016 contre moins 6% en 2015.

Même si le président précise que l'ambition du secteur est beaucoup plus grande, il pense qu'au regard de la conjoncture actuelle, l'année 2016 a montré une résilience exceptionnelle du tourisme marocain. 

"Les chiffres ne sont pas encore à la hauteur de nos ambitions car les potentialités sous-exploitées sont énormes mais il n'empêche qu'à l'exception de certains marchés traditionnels qui stagnent (comme celui français), l'Allemagne, l'Angleterre, la Belgique, l'Italie, la Hollande et d'autres marchés sont très prometteurs.

"Là où nous pouvons être satisfaits, c'est que nous avons enregistré un record historique des recettes touristiques en 2016. A la fin novembre, nous étions déjà à 59,5 milliards de dirhams et nous pensons atteindre 63 à 64 MMDH pour l'ensemble de l'année écoulée alors que 2015 s'était soldé par un chiffre d'affaires de 58,5 MMDH. Cette hausse des recettes qui témoigne de la qualité de notre tourisme augure une belle année 2017", conclut le directeur du CRT de Casablanca.

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Samir El Ouardighi
Le 4 janvier 2017 à 17h10

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