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ECONOMIE

Attentisme politique, incertitudes, manque de visibilité: ce qu'en disent les milieux d'affaires

Les réactions des acteurs économiques sont mitigées. Pour certains, le retard accusé dans la formation du nouveau gouvernement et le démarrage du parlement est dramatique. Pour d’autres, il est sans impact majeur. Témoignages. 

Attentisme politique, incertitudes, manque de visibilité: ce qu'en disent les milieux d'affaires
N. F.
Le 4 janvier 2017 à 10h56 | Modifié 11 avril 2021 à 2h39

Hakim Marrakchi, PDG de Maghreb Industries

"On ne connaît pas les mesures qui seront adoptées"

"Pour ce qui est de la loi de Finances, c’est l’incertitude. Des mesures ont été annoncées en 2016, mais nous ne savons pas si elles seront adoptées par le nouveau Parlement.

"Pas plus tard que ce matin [lundi 2 janvier, ndlr], j’ai parlé avec mes collaborateurs de la TVA sur les loyers. Sera-t-elle appliquée aux locaux à usage de bureau? Sous quelles conditions? On n’est pas fixé tant que la loi de Finances n’est pas adoptée.

"Toutes les dispositions contenues dans le projet de charte d’investissement sont également concernées, notamment l’exonération de l’IS pendant cinq ans pour les nouvelles entreprises industrielles, le statut d’exportateur indirect…. Nous n’avons aucune visibilité sur ce qui va être retenu et ce qui ne le sera pas.

"Cette incertitude impacte l’investissement et, par ricochet, l’emploi sachant que recruter est avant tout un acte de confiance".

Saloua Karkri, PDG de GFI Maroc, Informatique

"Tout est bloqué"

"Cela fait quelques semaines que l’Etat a suspendu les paiements. Seuls les salaires des fonctionnaires sont débloqués, d’après les échos que nous avons.  

"Pour ce qui est des projets futurs, aucun appel d’offres n’est lancé. Nous avions hâte de tourner la page de 2016, mais l’année commence et nous manquons de visibilité. Je pense que dans le meilleur des cas, la loi de Finances sera adoptée vers février-mars. Et ce n’est qu’après que les commandes seront lancées et que les affaires reprendront.

"En tant qu’ancienne députée, je ne comprends pas pourquoi le Parlement ne s’est pas encore réuni. On aurait pu désigner un président pour permettre à l’appareil législatif de démarrer ses travaux et gérer les tractations pour les portefeuilles ministériels à part.

"Dans notre secteur, le retard accusé a également hypothéqué la création de l’Agence pour l’économie numérique ainsi que la cellule d’animations de l’offshoring, alors même que la stratégie Maroc Digital 2020 a été validée par le ministère de l’Industrie, en juillet dernier.     

"Ce retard a tout bloqué".

El Miloud Benhammane, PDG de Sintram, BTP

"Les entreprises sont asphyxiées par les problèmes de trésorerie"

"Nous sommes en attente depuis le 7 octobre. Les paiements sont depuis suspendus. La situation n’est pas du tout confortable pour les entreprises du secteur, asphyxiées par les problèmes de trésorerie et souffrant de précédents retards de paiement.  

"Nous n’avions pas prévu autant de retard dans la constitution du gouvernement sachant que le Benkirane a été chargé de cette mission le 10 octobre, laissant le temps pour former un gouvernement avant la fin 2016.

"Mais nous restons confiants, le Roi envoie des messages forts et les choses ne tarderont pas à être débloquées".  

Roger Sahiyoun, président du directoire, Somagec, génie civil

"L’Etat a tout donné. Il a ses limites"

"L’entreprise qui travaille avec l’Etat doit chercher d’autres marchés. On ne peut pas toujours tout lui demander. L’Etat a ses limites et je crois qu’il a tout donné. L’entreprise doit avoir une stratégie à long terme et en cas de retard dans la formation du gouvernement ou dans l’adoption de la loi de Finances, il faut qu’elle soit en mesure de le gérer sereinement.

"Il faut se donner une vision et travailler avec le secteur public en tant que partenaire, savoir anticiper et diversifier ses clients. Une entreprise qui s’est bâtie en comptant sur les ressources de l'Etat ne doit pas s'y limiter éternellement, sinon, ce sera de sa faute si un jour son business se tarit".

Mohamed Tazi, DG de l’Amith, Textile

"Tout fonctionne normalement"

"Nous ne sommes pas concernés par cet attentisme. Il  y a longtemps que la loi de Finances est devenue presque un non-événement étant donné que le secteur a une vision pluriannuelle que ce soit dans le cadre du contrat-programme ou récemment avec les écosystèmes que nous avons signés avec le ministère".

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N. F.
Le 4 janvier 2017 à 10h56

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