Ahmed Rahhou: « Le nouveau marché de la finance participative ne m’inspire aucune inquiétude »

La Banque centrale a livré, hier, une liste des établissements qui ont obtenu un agrément pour la création des banques participatives. Le CIH en fait partie, accompagné de son partenaire, Qatar International Islamic Bank. Ahmed Rahhou, le président du CIH se confie à Medias 24 sur cette nouvelle filiale ainsi que sur ses attentes par rapport au marché. Interview.  

Ahmed Rahhou: « Le nouveau marché de la finance participative ne m’inspire aucune inquiétude »

Le 3 janvier 2017 à 14h44

Modifié 3 janvier 2017 à 14h44

La Banque centrale a livré, hier, une liste des établissements qui ont obtenu un agrément pour la création des banques participatives. Le CIH en fait partie, accompagné de son partenaire, Qatar International Islamic Bank. Ahmed Rahhou, le président du CIH se confie à Medias 24 sur cette nouvelle filiale ainsi que sur ses attentes par rapport au marché. Interview.  

Médias24: Maintenant que Bank Al Maghrib a validé votre agrément afin de créer, avec votre partenaire, la nouvelle filiale participative, où en êtes-vous dans le processus de lancement?

Ahmed Rahhou: Au CIH, nous avons démarré les préparatifs pour le lancement de notre filiale depuis que nous avons déposé la demande. Les choses se sont, évidemment, accélérées vers la fin 2016.

Nous n’attendions que l’agrément. Il ne reste plus que la publication sur le Bulletin Officiel.

Nous allons installer un système d’information adéquat qui intègre les données concernant la nouvelle filiale. Nous avons aussi commencé le recrutement et l’identification des points qui peuvent être des agences futures pour cette nouvelle banque. Nous allons donc être prêts à démarrer, courant de ce premier semestre. Les dates précises seront très prochainement arrêtées et annoncées, vu que nous savons maintenant à quoi nous en tenir.

-Quels sont vos objectifs concernant le nombre d’agences et la couverture territoriale?

-Notre objectif, c’est d’être une banque nationale. Nous voulons offrir ce type de service à travers toutes les villes du Maroc. Dans les prochaines années, notre programme stipule une ouverture dans les principales villes, à savoir les chefs-lieux des régions.

Ceci se fera, évidemment, selon un planning que nous allons définir et annoncer dès que nous démarrerons. Pour le moment, nous avons une dizaine d’agences identifiées et qui vont démarrer progressivement.

-Pensez-vous qu’il va y avoir un fort engouement pour cette nouvelle industrie financière? Comment impactera-t-elle le nombre de représentations dans les villes du pays?

-Il y a, effectivement, une forte liaison entre le rythme d’ouverture des agences et l’engouement pour cette nouvelle activité. Globalement, nous allons suivre la tendance du marché. Si nous remarquons qu’il y a un fort potentiel, nous allons nous adapter avec cette donne. Et dans le cas où nous nous trouvons face à une faible affluence, nous allons caler ça à notre politique d’expansion.

Il va falloir être très prudent au début. Néanmoins, nous avons une forte ambition à couvrir les principales villes. Nous appuierons sur l’accélérateur en fonction de la réponse du marché.

-Votre partenaire, le Qatar International Islamic Bank est l’un des leaders de la finance participative. N’a-t-il pas eu quelques craintes concernant le marché marocain qui vient à peine de découvrir ce volet de la finance?

-Il faut rappeler que c’est une banque très professionnelle. Le partenariat se passe très bien et il est dans la lignée de nos attentes. Je pense que s’ils avaient des inquiétudes dans ce sens, ils ne seraient pas venus. Ils savent ce qu’ils font. Ils ont déjà mis 40% du capital initial dans cette nouvelle banque, qui est de 600 millions de dirhams. Ils y croient et ils sont confiants eux aussi.

-Le marché commencera avec cinq nouvelles banques, en plus des autres établissements qui ont préféré avoir des "fenêtres". Comment jugez-vous sa taille?

-Pour avoir une idée sur la consistance de ce nouveau marché, il faudrait voir plusieurs points. Il faut voir, avant tout, le nombre d’acteurs effectivement, mais aussi la qualité de l’offre et l’évolution réglementaire.

C’est un marché très spécifique où il y a une nouvelle réglementation bancaire et une autre plutôt liée à la nature des produits. Les choses vont se faire progressivement. Là où ce type de produits a existé, à travers le monde musulman et même au-delà dans certains pays occidentaux, il trouve en général un marché.

Maintenant, est-ce qu'il y aura une dynamique ici chez nous, ou à quel moment l’équation entre l’offre et la demande se stabilisera, nous ne savons pas. Nous préférons rester prudents. 

Le marché sera boosté dès le départ par ces cinq agréments et ce, d’un coup. Ça fait déjà beaucoup de concurrents, mais en même temps le bon côté, c’est que ça va animer le marché. De l’autre côté, nous n’avons qu’une dizaine de licences actives pour les banques classiques.

-Beaucoup de personnes ont exprimé des appréhensions par rapport au volet réglementaire et aux retards cumulés dans ce sens, quel est votre point de vue?

-C’est un apprentissage pour tout le monde vu que la finance participative est une nouveauté ici, chez nous. Nous, de notre côté, nous avons beaucoup étudié les fondamentaux et les principes de cette industrie ces derniers mois. Ceci dit, c’est un secteur fortement balisé à l’international. Les règles comptables sont connues et les modèles concernant les produits aussi. Il y a beaucoup de littérature qui existe par rapport à la finance participative qui n’est pas si nouvelle que cela.

Nous pensons que ça prendra évidemment un peu de temps au démarrage, parce qu’il faut s’habituer avec ces produits, les diffuser, les faire connaître et comprendre auprès du public. Il y a aussi beaucoup de formalisme, il faut contractualiser et faire valider. Ça prendra le temps qu’il faudra, mais pas au point de parler d’un blocage. À la limite, ça peut prendre quelques semaines de plus, mais personnellement, je n’ai pas d’inquiétudes particulières là-dessus.

-Finalement, la réglementation pourrait retarder votre arrivée sur le marché, non?

-Pas vraiment, non. Parce que nous n’avons pas besoin que toute la réglementation soit ficelée. Les produits de financement ne seront, par exemple, pas tous sur le marché d’emblée. On va formuler des offres limitées aux départs, mais qui vont s’étendre au fur et à mesure. Nous pensons qu’un minimum de produits pourra être disponible très vite.

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