L'euro est tombé au plus bas depuis 20 mois
L'euro est tombé au plus bas depuis 20 mois après la victoire massive du non au référendum italien suivie de la démission de Matteo Renzi et les marchés boursiers fléchissaient lundi 5 décembre en Asie, sur fond d'inquiétudes pour la troisième économie de la zone euro.
La monnaie unique a décroché quand les sondages à la sortie des bureaux de vote ont été diffusés après la clôture du scrutin, donnant le non vainqueur à plus de 54%, voire à près de 60%. Elle a touché 1,0506 dollar autour de 08h20 (dimanche 23h20 GMT), contre 1,0664 vendredi à New York.
Il s'agit du niveau le plus faible depuis mars 2015: l'euro était alors tombé à 1,0458 dollar.
L'euro résistait cependant par la suite, oscillant autour de 1,0570 dollar vers 01h00 GMT, signe que pour l'heure les cambistes ne cèdent pas à l'affolement. "Si le référendum est rejeté, ce ne sera pas la fin du monde", avait commenté Fabio Fois, économiste chez Barclays basé à Londres, interrogé avant le vote par l'agence Bloomberg News.
Dans le même temps, le yen, valeur refuge, se renforçait. Le dollar glissait à 112,88 yens aux premières heures de la matinée à Tokyo, contre 113,51 yens vendredi, avant de se remonter à 113,70 yens.
La Bourse de Tokyo, très sensible aux devises, a démarré sur une note négative (-0,41% pour l'indice vedette Nikkei). Ailleurs dans la région, Sydney (-0,71%) et Séoul (-0,17%) évoluaient aussi dans le rouge.
Pas une surprise
Les Italiens ont massivement rejeté dimanche la réforme constitutionnelle qui prévoyait essentiellement de réduire les pouvoirs du Sénat, doté actuellement des mêmes pouvoirs que la Chambre des députés, ainsi que de limiter les attributions des régions et de supprimer les 110 provinces.
Matteo Renzi, 41 ans, arrivé au pouvoir en février 2014 sur un programme de réformes, a aussitôt pris la parole et annoncé sa démission, tirant les conséquences d'un référendum sur lequel il s'était totalement engagé.
Le mouvement Cinq étoiles (M5S), populiste et anti-système, ambitionne désormais ouvertement de prendre le pouvoir.
Cette décision ouvre une période d'incertitude pour l'économie italienne, qui reste à la traîne en Europe. Surtout, le secteur bancaire du pays reste éreinté par la crise financière et criblé de créances douteuses. Des craintes de faillite de banques du pays ressurgissent régulièrement.
"Le Premier ministre Renzi était clairement un dirigeant réformiste, sa défaite face aux forces populistes est source d'inquiétudes pour l'ensemble de l'Europe", a estimé auprès de l'AFP Yunosuke Ikeda, chargé des changes chez Nomura Securities.
"Toutefois, ce résultat était attendu, ce n'est pas une surprise au sens de ce qui s'est passé au moment du Brexit ou de la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis (en novembre)", a-t-il ajouté.
En outre, les marchés ont pu être soulagés par l'échec de l'extrême droite autrichienne, qui a perdu dimanche son pari de décrocher la présidence de la République sur fond de poussée populiste en Europe. Son candidat Norbert Hofer a essuyé, selon les projections, une nette défaite, face à l'écologiste Alexander Van der Bellen.
Si l'impact restait limité en Asie, la réaction des places financières européennes, en particulier du marché obligataire italien, sera suivie avec attention.
La Banque centrale européenne (BCE), qui tient jeudi sa dernière réunion de politique monétaire de l'année, pourrait accélérer ses achats d'actifs en cas de besoin, pour calmer les marchés, pronostiquent les analystes.
(Avec AFP)
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