img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

COP22: Comment sauver les oasis marocaines menacées par la désertification?

MARRAKECH. Une conférence de la COP22 a planché sur les écosystèmes des oasis du Drâa menacés par l’élévation de la température, qui met en danger leur survie. 

m24-En-continu
Samir El Ouardighi
Le 7 novembre 2016 à 19h43 | Modifié 7 novembre 2016 à 19h43

Comment intégrer les traditions locales et la coopération pour arrêter la désertification qui impacte une partie des provinces du sud? Une question soulevée lors de la première journée de la COP22 dans la zone verte (société civile, ONG ...) par l’association «Leila» qui opère dans la vallée du Drâa où se trouvent six oasis touchées par les aléas climatiques.

Interrogés par Médias24, les intervenants s’inquiètent de la disparition possible, à terme, de ces ilôts de vie,  du fait de l’impact du réchauffement climatique sur la disponibilité des ressources hydriques.

Selon eux, les conséquences du stress hydrique entraînent la diminution des rendements de la production agricole (arbres fruitiers, maraîchers), la réduction de la superficie et du rendement des dattiers et un exil des populations locales.

«A Mhamid, dernière oasis du Drâa, nous assistons à une dégradation progressive de l’état de santé des palmiers-dattiers, qui sont le pivot de l’agriculture et de l’élevage dans le désert. Même s’ils consomment très peu d’eau, ce sont devenus des piquets sans vie, or sans l’ombre qu’ils procurent à leur environnement, les arbres fruitiers et les cultures maraîchères sont condamnés à mourir».

Sans véritable aide publique, les acteurs associatifs réclament une solidarité territoriale pour la distribution et le stockage d’eau durant les périodes de sécheresse, qui ne cessent de se multiplier.

Le manque croissant d’eau entraîne l’avancée du sable et la sécheresse, qui conduit souvent les populations locales ou nomades à déserter pour s’installer dans les grandes villes du Maroc.

«Nous plantons un maximum d’arbres Taramisk, pour constituer une barrière verte contre l’ensablement des palmiers qui se meurent, mais également des habitations des populations souvent fragiles. Cette ceinture et l’édification de murs en dur sont des solutions locales, qui donnent de bons résultats pour lutter contre les tempêtes, mais ce n'est pas suffisant. L’avancée du sable détruit ou endommage tout sur son passage, y compris les kasbahs et ksour qui contribuent à l’attractivité touristique des oasis».

Hormis la réduction du périmètre irrigué ou arrosé par les très rares pluies, nos interlocuteurs pointent aussi du doigt la pollution engendrée par l’apparition du tourisme depuis les années 90.

«La principale source de revenus de la vallée du Drâa est le tourisme, mais malheureusement, il participe à la baisse de la nappe phréatique et à la pollution environnementale. Comme si la pénurie d’eau n’était pas assez grave, certains hôteliers n’hésitent pas à creuser très profondément pour capter l’eau des puits souterrains et alimenter leur piscine au détriment des populations locales, des agriculteurs et des éleveurs».  

L’association qui a créé le festival de musique "Joundour Sahara" pour fixer les populations locales et encourager le "tourisme propre" lance un appel aux acteurs nationaux (Plan Maroc Vert, Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement, Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier) pour mobiliser les eaux de surface à travers la construction de barrages collinaires et des retenues d’eau pour l’alimentation de la nappe phréatique.

Ayant perdu 2/3 de ses oasis en un siècle, le Maroc présentera, lors de la COP22, un plan d'action pour la sauvegarde planétaire des écosystèmes oasiens, dans une proposition baptisée «Oasis durable».

Rappelons qu’après avoir chuté de 15 à 4,8 millions en trente ans, le nombre de palmiers dattiers marocains est remonté à 6,6 millions d’unités, avec un objectif de 8 millions en 2020 et que le Maroc consacre une enveloppe de 95 MDH (2015-2019) pour lutter contre le réchauffement climatique dans les espaces oasiens.

Les acteurs attendent beaucoup des experts de la COP22, car les initiatives locales et nationales ne sauraient suffire pour sauver les palmiers dattiers, qui constituent «l’épine dorsale» des écosystèmes oasiens. 

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Samir El Ouardighi
Le 7 novembre 2016 à 19h43

à lire aussi

Tunnel de l’Ourika. Pourquoi ce projet à 10 milliards de DH peut changer le destin de tout le Sud-Est du Royaume
SOCIETE

Article : Tunnel de l’Ourika. Pourquoi ce projet à 10 milliards de DH peut changer le destin de tout le Sud-Est du Royaume

Reliant Marrakech à Ouarzazate, le tunnel de l’Ourika figure parmi les projets d’infrastructure les plus stratégiques du Maroc contemporain. Mais malgré les nombreuses relances, aucun calendrier de réalisation clair n’a encore vu le jour, alors que les études de faisabilité restent suspendues au creusement d’une galerie de reconnaissance. Le point sur un chantier à 10 milliards de DH, au croisement d’enjeux techniques, économiques et territoriaux.

Le Maroc en retard sur le Nouveau Modèle de développement, la trajectoire actuelle est insuffisante (BM)
ECONOMIE

Article : Le Maroc en retard sur le Nouveau Modèle de développement, la trajectoire actuelle est insuffisante (BM)

Cinq ans après le lancement du Nouveau Modèle de développement (NMD), le Maroc avance, mais pas encore au rythme requis. Les réformes engagées améliorent la trajectoire, sans suffire à atteindre les objectifs fixés pour 2035. Pour rattraper cette échéance, le pays doit combiner des marchés plus efficaces, des entreprises plus dynamiques et un investissement public mieux ciblé. Il doit aussi mieux intégrer les femmes et les jeunes au marché du travail.

Un droit de réponse de Setrat à Médias24
Quoi de neuf

Article : Un droit de réponse de Setrat à Médias24

À la suite de notre article du 2 avril 2026 sur le redressement judiciaire de Setrat, la société nous a adressé un droit de réponse que nous publions ci-dessous.

Élection CGEM. Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri dévoilent leur programme avant l'AG élective du 14 mai 2026
ECONOMIE

Article : Élection CGEM. Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri dévoilent leur programme avant l'AG élective du 14 mai 2026

À quelques jours de l'assemblée générale élective, les deux candidats à la présidence et à la vice-présidence générale de la CGEM ont présenté un programme articulé autour de l'environnement des affaires, de la souveraineté productive, de l'innovation, du rayonnement international et des synergies internes. Ils portent l'ambition de faire passer la Confédération d'un rôle de plaidoyer à celui de la réalisation et de l'impact.

Coupe du monde 2026. Soufiane Benjdida, un sacré candidat
Football

Article : Coupe du monde 2026. Soufiane Benjdida, un sacré candidat

Meilleur buteur de la Botola Pro, l’attaquant du Maghreb Association Sportive de Fès est impliqué dans plus de la moitié des réalisations de son équipe. Grâce à un ratio qui frise le but par match, l’attaquant met toutes les chances de son côté afin de participer au Mondial 2026. D’autant que ses concurrents ne sont pas dans la forme de leur vie.

Élections 2026 : la FGD et le PSU feront front commun
Elections 2026

Article : Élections 2026 : la FGD et le PSU feront front commun

Réunis séparément le dimanche 10 mai à Casablanca et à Mohammédia, les deux conseils nationaux ont validé des candidatures communes et une répartition des circonscriptions, quatre ans après les divisions de 2021.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité