McKinsey entrevoit 3 modèles de mobilité urbaine à l’horizon 2030
Une étude du consultant McKinsey entrevoit le développement de trois modèles de mobilité urbaine dans une quinzaine d’années. Ces modèles pourraient concerner une cinquantaine de métropoles mondiales de plus de 10 millions d’habitants. Le Maroc gagnerait à les étudier.
L’étude McKinsey, partant des aspirations publiques à des moyens de déplacement propres, sûrs et abordables, estime que les modèles de mobilité vont fortement évoluer au cours des 15 prochaines années.
McKinsey constate que des phénomènes comme les taxis Uber et les ventes croissantes, du moins en Europe et en Amérique du Nord pour l’instant, de véhicules hybrides et électriques, modifient les business modèles des activités de transport qui doivent s’adapter à une demande de mobilité propre, sûre et abordable.
Selon McKinsey, "les systèmes de mobilité et de transport du futur seront probablement très différents de ce qui existe dans le monde d’aujourd’hui". Le consultant estime que deux séries de motifs pointent vers cette direction. La première est que "les véhicules électriques (VE), la mobilité partagée et l’autonomie sont destinés à se développer". La seconde est que l’urbanisation est croissante partout sur la planète.
Dans le cas du Maroc, s’il n’existe pas de ville de plus de 10 millions d’habitants, l’axe Kénitra-Salé-Rabat poursuit sa densification, tout comme l’axe Mohammédia-Casablanca-Berrechid.
Marrakech, ville moyennement peuplée avec moins d’un million d’habitants est relativement étendue et déjà passablement polluée par les gaz d’échappement. Elle s’apprête à expérimenter ces jours-ci à la faveur de la COP22, un système de location de bicyclettes en libre-service, l’autobus et la voiture électriques.
Tanger connaît parallèlement à son développement industriel une croissance urbaine et démographique notable. Le besoin d’un système de transport public diversifié et intégré est d’actualité si la ville du Détroit veut échapper à la congestion du trafic et à la pollution qui la guettent. Si le réseau d’autobus publics géré par Alsa est désormais régional, un projet de tramway est à l’étude. Gros point noir de la ville: la problématique du transport du personnel des zones industrielles qui représente gâchis écologique, gaspillages de ressources énergétiques et risques constants de sécurité routière.
Les trois modèles
McKinsey note que très peu de villes peuvent aujourd’hui revendiquer "une mobilité effective". Le consultant cite Amsterdam, Singapour et Stockholm. Ces villes ont pour point commun d’avoir un système de transport public efficace, d’encourager les déplacements à pied ou en bicyclette et "ayant pu limiter congestion et pollution".
McKinsey juge que le meilleur système pourra combiner la mobilité électrique, la mobilité partagée et des réseaux de transport autonomes et intégrés. Pour le consultant, la mise en place de solutions doit tenir compte de la densité démographique, du niveau de revenus de la population, de l’état des infrastructures publiques, des niveaux de congestion et de pollution, et de l’efficacité des gestions locales: c’est cela qui déterminera les changements possibles et leur mise en œuvre.
1. Un système propre et partagé. New Delhi, Mexico et Mumbai sont cités comme trois villes qui souffrent d’une urbanisation rapide, de congestion et d’une mauvaise qualité de l’air. Pour ces villes, "le développement de la voiture personnelle n’est pas une option à court et moyen termes, en raison de la mauvaise infrastructure, de l’interférence des piétons, de la diversité des véhicules qui circulent et d’un manque d’adhésion claire aux règles de la circulation". Des mots qui font penser à Casablanca, en plus réduit.
Dans ce cas, McKinsey recommande un passage rapide à la VE, une limite à l’usage des voitures personnelles, un développement de la mobilité partagée et le développement des transports publics.
2. Autonomie privée. McKinsey note que de nombreuses villes s’étendent en surface avec le développement des navettes que cela implique. Dans ces villes, disposer d’un véhicule privé est une nécessité.
Pour ces villes étendues qui multiplient les besoins en transport, M quecKinsey entrevoit le développement des VE et de la voiture autonome (VA) avec des couloirs de circulation dédiés. Mais McKinsey avertit qu’avec la baisse du coût kilométrique des voitures électriques et la sécurité qu’offre la voiture autonome, le risque est grand de voir se multiplier le nombre de voitures sur les routes. Pour cela, même si la voiture privée restera un choix privilégié, il faut développer le partage et les transports publics.
3. Mobilité fluide. Pour des villes telles Londres, Chicago, Hong Kong ou Singapour, McKinsey estime que le transport de porte-à-porte et la bonne qualité des transports publics vont profondément y altérer la manière de se déplacer. "Des transports publics de qualité constituent la colonne vertébrale" de cette option, insistent les consultants de McKinsey. Les VE vont de plus en plus dominer le marché, ainsi que le "transport à la demande".
Ces villes vont en outre de plus en plus offrir des moyens de transport publics propres, abordables et flexibles. Pour McKinsey, le nombre de VE pourraient y atteindre 65% du total en 2030 et les VA près de 40%.
A Tokyo et à Vancouver, note McKinsey, la réalité des changements dans la mobilité est déjà apparente. Les réseaux de transport public y sont bien structurés et l’usage de la voiture privée limité, avec de plus en plus de VE et de véhicules hybrides.
McKinsey pointe du doigt quelques changements incontournables à venir, en matière de gestion de la mobilité urbaine. Il s’agit du travail à faire en commun entre le secteur privé et les autorités publiques ; un secteur de l’automobile qui va connaître des bouleversements ; une hausse de la consommation d’électricité et une réflexion sur la taxation des différentes sources d’énergie ; une révision du business model des stations-services et des entreprises technologiques pour lesquelles s’ouvrent de nouvelles perspectives de recherche et de marchés.
Pour McKinsey, chacune des trois options présente des gains en milliers de dollars par habitant en termes de dépenses de transport, de sécurité, de santé et de développement durable.
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