Nicolas Hulot: “La COP22 sera celle de l’action ou ne sera pas”
Dans le cadre des "Entretiens de Rabat" tenus ce 17 octobre, plusieurs intervenants se sont penchés sur la thématique "Le Green, levier de croissance du Royaume?". Nicolas Hulot, président de la fondation éponyme, est revenu pour Médias24 sur l’opportunité historique pour l’Afrique d’avoir comme hôte de la COP22, un pays exemplaire en termes de mix-énergétique.
-Médias24: Serez-vous présent à la conférence climatique qui se tiendra à Marrakech (7-18/11)?
-Nicolas Hulot: Dans tous les cas de figure, je serais venu car les autorités marocaines et les ONG m’ont invité. Cela étant dit, le président Hollande a souhaité que je sois présent dans la délégation française.
-Pourquoi jugez-vous utile de vous rendre à cette 22e édition de la COP?
-Parce que le passage de témoin est important et parce que la COP21 qui s’est tenue à Paris n’était pas un aboutissement mais un démarrage. Le vrai redémarrage doit se faire à Marrakech, pour que la dynamique s’engage et que les Etats nous expliquent, un par un, comment ils vont réaliser l’accord de Paris.
C’est une chose de se fixer des objectifs et c’en est une toute autre de les concrétiser, car la crise climatique ne peut pas attendre plus longtemps d’être réglée. La COP21 a été un succès diplomatique, mais sur un plan climatique, l’accord n’a pas été à la hauteur des enjeux que l’humanité doit surmonter. Il serait donc bien que les Etats rehaussent leurs enjeux.
-Pensez-vous que la mobilisation à Marrakech sera à la hauteur de celle de Paris?
-Certes, le contexte des attentats du 13 novembre 2015 a presque sacralisé cet événement, mais la COP21 a d’abord été l’aboutissement d’un long processus et d’une prise de conscience collective. Un échec diplomatique à Paris aurait mené à un chemin irréversible, car il y a encore beaucoup de climato-sceptiques. Il y a eu un tournant à Paris, qui va se poursuivre au Maroc.
La vraie question qui se posera à Marrakech est de savoir comment les Etats sortiront des énergies fossiles extrêmement polluantes en carbone et changeront de modèle agricole…
-Quand vous évoquez les climato-sceptiques, vous pensez à quelqu’un comme Donald Trump?
-Très clairement oui, si la question climatique revenait au plus haut niveau du pouvoir américain à des gens qui fustigent ou doutent de ce sujet, cela aurait des conséquences environnementales mais aussi sociales. On ne peut pas se permettre de revenir en arrière sur le défi climatique, mais je préfère ne pas me faire peur et n’ose pas imaginer que le scénario de Trump président soit possible.
-Que peut ou doit apporter la COP22?
-Elle sera une bourse d’échange de solutions et de mutualisation des moyens de chacun des pays membres, dont le Maroc, qui peut s’enorgueillir d’avoir créé la plus grande centrale solaire au monde. Cette conférence devra aussi pointer du doigt ce qui est compatible ou non avec les enjeux climatiques, car le vrai enjeu qui nous attend est un changement de culture et un renoncement à nos habitudes de consommation énergétique.
-L’édition marocaine est donc condamnée à réussir?
-Elle est d’abord soulagée du succès de la COP21, car en cas d’échec, la COP22 aurait été la 2e chance mais elle doit être une COP de vérité, car elle doit faire entendre la voix de l’Afrique, qui réclame une aide au développement et à l’adaptation aux bouleversements climatiques. L’exigence doit être le maître-mot pour que l’on mette en œuvre les moyens qui règlent le réchauffement climatique. Les objectifs de Paris doivent faire l’objet d’un vrai plan d’action lors de la COP22. Chacun devra être mis devant ses contradictions et ses vérités.
La réponse sera d’autant plus pertinente que le pays hôte de la COP22 est devenu une référence mondiale en termes de développement d’énergies renouvelables (solaire, éolienne…).
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