Sonasid: “La sidérurgie doit relever le défi de la surcapacité”
La société nationale de sidérurgie a terminé le premier semestre 2016 avec un déficit de 44 MDH et ne s’attend pas à une amélioration pour le reste de l'exercice.
«Nous avons besoin de mesures de protection». C’est sur ces mots qu'Amin Abrak, directeur général de Sonasid a achevé une rencontre avec la presse, tenue ce 4 octobre à Casablanca, dans le but de présenter les résultats semestriels de la société.
Il faut dire que le premier semestre 2016 a été dur pour le sidérurgiste. Et pour cause, une conjoncture sectorielle défavorable, marquée par une baisse des expéditions et du prix de vente moyen, à cause d’une offre surabondante. Au niveau du marché national, la demande a été également plombée par la restructuration du secteur de la construction.
La société paye donc les pots cassés. En social, la Sonasid affiche, à fin juin 2016, un chiffre d’affaires de 1,6 MMDH, reculant de près de 24% par rapport au premier semestre 2015. Les volumes de vente se sont inscrits en baisse, malgré la forte croissance enregistrée de 38% au niveau du segment de l’armature.
Par ailleurs, la Sonasid a achevé le premier semestre 2016 sur un déficit de 44 MDH, contre un bénéfice de 45 MDH à fin juin 2015.
Son résultat d’exploitation a également régressé pour se situer à -40 MDH contre 45 MDH une année auparavant, et son Ebitda s’est situé à 19,7 MDH contre 123 MDH à fin juin 2015, en raison de la baisse du chiffre d’affaires et de la constatation d’une provision sur stock.
En consolidé, les performances de la Sonasid se sont inscrites dans la même lignée :
La Sonasid estime que le secteur subit une surcapacité structurelle, qui exerce une pression importante sur les prix: «La sidérurgie est un secteur mondialisé, qui doit relever le défi de la surcapacité», avance le top management. La Sonasid a une capacité de production de 3 millions de tonnes, alors qu'elle ne parvient à écouler que 1,3 million de tonnes.
Le top management s’attend à ce que la tendance enregistrée au premier semestre 2016 perdure durant le second semestre. Il espère cependant voir une reprise de la demande en acier dans certains marchés, notamment en Europe et en Amérique du Nord. Ceci dit, les dirigeants de la Sonasid avancent que les conditions resteront tendues, tant qu’une réponse globale n’est pas apportée au problème de la surcapacité.
«De nombreux pays ont augmenté leur droits de douane pour se prémunir du dumping. C’est néanmoins d’une solution durable que le secteur a besoin et sur laquelle les sidérurgistes des grands marchés ont demandé le soutien des pouvoirs publics», souligne la compagnie dans un communiqué.
«Nous avons besoin d’une protection sur les produits finis et les produits semi-finis comme la billette, surtout que la Chine a commencé à exporter celle-ci, ce qui a commencé à peser lourd sur notre marché», avance Abdelilah Fadili, directeur financier de la Sonasid.
Dans ce contexte, Sonasid veut continuer à développer son offre de produits et services et ses actions de rationalisation des coûts, afin de retrouver une rentabilité durable. La société espère revenir à des niveaux de rentabilité plus confortables, afin de se préparer au retour à la libéralisation complète du marché en 2018 et à la levée des mesures de sauvegarde dont elle bénéficie à présent.
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