Les écoles Maghraoui n'ont pas été autorisées
Certains politiques censés être avisés se sont enflammés au sujet d’une prochaine réouverture des écoles coraniques du réseau Maghraoui. Renseignements pris, aucune autorisation n’a été demandée, ni a fortiori délivrée. Alors si réouverture il y a, elle sera forcément illégale.
L’info était en elle-même suspecte, parce qu’aucune source n’était citée. Elle disait grosso modo que le réseau des écoles coraniques de Cheikh Maghraoui allait être ré-autorisé à fonctionner.
Ce réseau avait été fermé en 2010, dans des conditions que nous allons rappeler.
En 2002, le Maroc avait placé l’enseignement originel ou traditionnel sous la tutelle du ministère des Affaires islamiques. Auparavant, ce réseau disparate, parfois chaotique, souvent archaïque, opérait dans l’opacité la plus totale, dans ses pratiques, ses programmes, ses tarifs. Il s’est développé également en même temps que le radicalisme religieux.
Des réseaux lucratifs et étendus s’étaient créés ou développés (confréries, affaires familiales, affaires commerciales…), sous prétexte d’apprendre le Coran aux petits enfants. Une partie d’entre eux a véhiculé des idées extrémistes, diffusé la haine, essayé de formater les enfants et les jeunes sous des concepts radicalisés.
La loi de 2002 précisait que les écoles coraniques existantes disposeraient d’un délai de 4 ans à compter de la publication des décrets d’application, pour se mettre en conformité avec les exigences de la loi, à tous les niveaux, à commencer par les programmes.
Les décrets d’application ont été publiés en 2006. En 2010, les écoles coraniques n’ayant pas demandé ou n’ayant pas obtenu d’autorisation du ministère des Affaires islamiques ont été fermées. La fermeture des écoles Maghraoui, contrairement à la rumeur persistante, n’a rien d’une mesure administrative provoquée par sa fatwa autorisant le mariage des petites filles de 9 ans.
Les écoles ont été fermées parce que le cheikh Maghraoui a refusé la tutelle et le contrôle de l’Etat et n’a pas demandé d’autorisation. Ce réseau n’est pas le seul à avoir été fermé.
A partir de 2010, toutes les écoles anciennes fermées peuvent déposer une demande, non pas de mise en conformité et d’intégration du système légal, mais d’ouverture comme s’il s’agissait d’une école nouvelle.
Médias 24 s’est renseigné et a appris de différentes sources sûres, dont l’entourage du cheikh, que celui-ci n’a jamais déposé une telle demande et ce, jusqu’à ce jeudi 29 septembre 2016.
Les écoles sont d’ailleurs toujours fermées selon une source bien informée à Marrakech. Si la réouverture intervient comme le laissent entendre les rumeurs dans les milieux salafistes de Marrakech, cela ne pourrait se faire que dans la violation de la loi. Après la fermeture de 2010, la décision a été confirmée par la Justice en cours d'appel.
Les rumeurs véhiculées ou relayées par des courants politiques avaient saisi l’occasion pour évoquer une douteuse transaction entre l’Etat et le réseau Maghraoui, qui soutiendrait le PAM contre le PJD.
Le ministre de la Justice, Mostafa Ramid, a commenté sur sa page Facebook, cette ouverture dont il s’est félicité, tout en insinuant que le timing est étrange. Ah, le “tahakkoum“ a bon dos et la posture de victime est bien confortable!
à lire aussi
Article : Bourse de Casablanca : les minières sauvent un semestre marqué par la correction du marché (bilan)
Après un semestre marqué par une correction du marché, quelles valeurs ont résisté ? Quels secteurs ont tiré leur épingle du jeu ? Et où les investisseurs ont-ils concentré leurs échanges ? Voici le bilan des six premiers mois de 2026 à la Bourse de Casablanca à travers les principales performances de la cote.
Article : Textile : le déficit de main-d’œuvre dans la confection pèse sur les exportations
Les exportations textiles reculent de 9,1% à fin mai 2026, une baisse que les perturbations logistiques du premier trimestre ne suffisent plus à expliquer. L’aggravation de la baisse en avril et mai montre que le problème dépasse désormais le seul facteur logistique. La cause principale est aujourd’hui le déficit de main-d’œuvre, qui pèse directement sur la production, les délais de livraison et la capacité des entreprises à honorer leurs commandes.
Article : Traitement de l'eau. Le britannique Hydro Industries s'implante au Maroc avec Hydro Services Morocco
Le britannique Hydro Industries Limited s’implante au Maroc avec la création de Hydro Services Morocco, une SAS au capital de 1 MDH dédiée aux métiers du traitement de l’eau, de l’assainissement et du dessalement.
Article : Le Maroc face au choix du Rafale : les clés d'un arbitrage géopolitique contre le tout-américain
Si la volonté d'éviter une dépendance exclusive envers les États-Unis est réelle, l'équation budgétaire et le défi du nombre face à la flotte d'Alger imposent un examen attentif des réalités du terrain.
Article : Maroc-Chine : en attendant le Sahara, la relation bilatérale économique s'accélère
Dix ans après l'établissement d’un partenariat stratégique entre Rabat et Pékin au cours de la visite royale en Chine en 2016, l’ambassadrice chinoise au Maroc a célébré cet événement en déclarant que les relations économiques bilatérales ont connu une progression exceptionnelle. Si les perspectives industrielles et touristiques apparaissent plus que prometteuses, la question d'une éventuelle reconnaissance chinoise de la marocanité du Sahara au Conseil de sécurité de l'ONU demeure toujours entourée de précautions diplomatiques. Explications.
Article : IDE : le flux net progresse de 41,8% à fin mai 2026
Les investissements directs étrangers (IDE) au Maroc poursuivent leur progression à fin mai 2026. Porté par une hausse des recettes et un recul des dépenses, leur flux net atteint 23.319 MDH, en hausse de 41,8% par rapport à la même période de 2025. Dans le même temps, les investissements directs marocains à l’étranger (IDME) enregistrent également une nette progression.