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ECONOMIE

Le secteur informel accapare 95% du marché des épices au Maroc

Les Marocains consomment à peu près 30.000 tonnes d'épices par an, selon les estimations de l'Association des opérateurs des épices. Ce marché, dominé essentiellement par l'informel, réalise 2 MMDH chaque année. Eclairage.  

Le secteur informel accapare 95% du marché des épices au Maroc
Mustapha Azougah avec Mehdi Jaouhari
Le 9 septembre 2016 à 13h40 | Modifié 11 avril 2021 à 2h38

Deux milliards de DH de chiffre d'affaires et 30.000 tonnes, dont 95% commercialisées chaque année par le secteur informel. Ce sont les chiffres clés du secteur des épices au Maroc, révélés par Driss Terrab, président de l'Association des opérateurs des épices relevant de la Fédération des industries de la conserve des produits agricoles du Maroc (Ficopam).

Notre interlocuteur nous informe également que "si les autres pays se contentent de consommer 3 ou 4 variantes d'épice, les familles marocaines en consomment plus de 30. Il est à noter que les épices les plus consommées au Maroc sont quatre, à savoir le piment rouge, le poivre, le cumin et le gingembre."

"Mis à part le piment et la coriandre, produits localement, toutes les épices sont importées. 5% seulement des épices consommées au niveau national sont produites ou importées par quelques opérateurs, tandis que le reste est accaparé par l’informel", ajoute-t-il.

Driss Terrab pointe du doigt l'anarchie du secteur et les pratiques de dumping qui font que beaucoup d'unités de production baissent leur rideau. Exemple: "Des opérateurs espagnols avaient lancé 9 unités de production de piment depuis les années quarante, mais n'ont pas pu tenir le coup face à la concurrence déloyale de l'informel".

Quid de la qualité? Le président de l'Association des opérateurs des épices fait savoir que l'origine des épices importées par le secteur informel est inconnue. Concernant celles produites localement, à l'instar du piment rouge, les producteurs de l'informel ne respectent pas certaines conditions d'hygiène et de qualité, dont la spécification physique et chimique (niveau d'huile) durant le processus de production.

"Ils utilisent par exemple des machines de broyage destinéés à broyer les fourrages industriels. Ils ajoutent plus qu'il n'en faut d'huile (limitée à 8% selon les normes) ou du blé avec un colorant rouge", accuse-t-il.

Ces pratiques dangereuses pour la santé du consommateur n’épargnent pas les autres épices comme le poivre ou le safran pur. "Les restes du safran importé d'Iran sont commercialisés comme étant du safran produit localement", assène-t-il.

Selon Almajalla24, le 22 août dernier, trois individus à Béni Mellal ont été condamnés à des peines allant de 3 à 5 ans de prison pour avoir produit et commercialisé du piment rouge ayant subi une fraude alimentaire. 

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Mustapha Azougah avec Mehdi Jaouhari
Le 9 septembre 2016 à 13h40

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