La Banque Populaire maintient son résultat malgré “la conjoncture difficile”
Le groupe arrive à maintenir son résultat à 1,7 MMDH au 1er semestre 2016. Son produit net bancaire a crû de 5,5%, pour dépasser les 8 MMDH.
«Le groupe a pu réaliser des résultats intéressants, malgré un contexte assez difficile», a souligné Mohamed Benchaâboun, président directeur général du groupe Banque Populaire, lors d’un point de presse organisé ce 6 septembre, afin de présenter les résultats semestriels da la banque.
Ce «contexte difficile» demeure marqué, encore une fois, par le ralentissement persistant de la demande des crédits. Cette tendance s’est poursuivie en 2016, avec une hausse limitée de l’encours des crédits accordés de 10 MMDH, au lieu de 18 MMDH en 2015.
Ce ralentissement est combiné à une frilosité généralisée de l’offre bancaire, liée principalement à la dégradation de la solidité financière des entreprises, rapporte le top management de la BCP. Cette dégradation est marquée par la détérioration des ratios d’endettement ou le rallongement des délais clients, entre autres.
Dans ce sillage, la BCP assure poursuivre une politique de provisionnement prudente, surtout que l’encours des créances en souffrance détenues par les banques sur les entreprises a doublé, passant ainsi de 20 à 40 MMDH et atteignant un taux avoisinant les 10%.
Ainsi, au 1er semestre 2016, le coût du risque de la BCP s’est situé à 1,8 MMDH. La banque a également constitué une provision pour risques généraux supplémentaire de 134 MDH, portant celle-ci à 2,7 MMDH. Le taux de couverture consolidé atteint 73%.
Ceci dit, malgré la conjoncture atone, la BCP clôture le premier semestre 2016 avec un produit net bancaire de 8,1 MMDH, soit une amélioration de 5,5% par rapport au premier semestre 2015.
Cette augmentation été tirée à 54% par le résultat des activités de marché, et à 48% par la marge sur commissions. Par ailleurs, 69% du PNB est attribuable à l’activité de banque au Maroc.
Le résultat net part de groupe de la BCP s’est situé, pour sa part, à 1,4 MMDH, soit une croissance de 13% par rapport à la même période en 2015. Cet essor est principalement dû à la prise de participation de la BCP, à hauteur de 52% dans les banques populaires régionales.
Le résultat net du Groupe se maintient, quant à lui, au niveau de 1,7 MMDH, «malgré un important effort de provisionnement», souligne la banque. Le résultat d’exploitation a reculé pour sa part de 1,6% pour se situer à 2,36 MMDH.
Par ailleurs, la BCP arrive à maintenir ses ratios prudentiels au dessus du seuil réglementaire: son ratio de solvabilité ressort à 12,9% à fin juin 2016 et son ratio Tier1 se situe à 11%. Les fonds propres du groupe se sont également renforcés de 4%, pour dépasser la barre de 40 MMDH.
D’autre part, les dépôts de la clientèle au niveau du groupe ont crû de 1,6%, pour se situer à 254 MMDH. Les créances sur la clientèle se sont appréciées de 2,6%, pour atteindre 215 MMDH, une position qui conforte le ratio de liquidité (LCR) de la banque, qui s’est situé à 171%.
Au Maroc, l’activité de collecte et de distribution des crédits à l’économie a été portée essentiellement par le segment des particuliers, alors que la contribution du segment des entreprises continue de reculer.
A l’international, la collecte de ressources à l’échelle d'ABI, filiale du groupe BCP, a progressé de 15,4% à fin juin, pour atteindre 25,43 MMDH, alors que les concours octroyés à la clientèle se sont accrus de 23,9%, se situant à 24,8 MMDH. Ces progressions portent le PNB d’ABI à 1 MMDH, soit +10% en glissement annuel.
Le premier semestre 2016 a également été marqué par l’ouverture du capital d’ABI à Development Partners International (DPI), un fonds d’investissement britannique, qui apportera 100 millions de dollars via une augmentation de capital. Suite à cette opération, le groupe BCP restera majoritaire avec 67% des parts d’ABI, contre 75% auparavant.
À découvrir
à lire aussi
Article : Tunnel de l’Ourika. Pourquoi ce projet à 10 milliards de DH peut changer le destin de tout le Sud-Est du Royaume
Reliant Marrakech à Ouarzazate, le tunnel de l’Ourika figure parmi les projets d’infrastructure les plus stratégiques du Maroc contemporain. Mais malgré les nombreuses relances, aucun calendrier de réalisation clair n’a encore vu le jour, alors que les études de faisabilité restent suspendues au creusement d’une galerie de reconnaissance. Le point sur un chantier à 10 milliards de DH, au croisement d’enjeux techniques, économiques et territoriaux.
Article : Le Maroc en retard sur le Nouveau Modèle de développement, la trajectoire actuelle est insuffisante (BM)
Cinq ans après le lancement du Nouveau Modèle de développement (NMD), le Maroc avance, mais pas encore au rythme requis. Les réformes engagées améliorent la trajectoire, sans suffire à atteindre les objectifs fixés pour 2035. Pour rattraper cette échéance, le pays doit combiner des marchés plus efficaces, des entreprises plus dynamiques et un investissement public mieux ciblé. Il doit aussi mieux intégrer les femmes et les jeunes au marché du travail.
Article : Un droit de réponse de Setrat à Médias24
À la suite de notre article du 2 avril 2026 sur le redressement judiciaire de Setrat, la société nous a adressé un droit de réponse que nous publions ci-dessous.
Article : Élection CGEM. Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri dévoilent leur programme avant l'AG élective du 14 mai 2026
À quelques jours de l'assemblée générale élective, les deux candidats à la présidence et à la vice-présidence générale de la CGEM ont présenté un programme articulé autour de l'environnement des affaires, de la souveraineté productive, de l'innovation, du rayonnement international et des synergies internes. Ils portent l'ambition de faire passer la Confédération d'un rôle de plaidoyer à celui de la réalisation et de l'impact.
Article : Coupe du monde 2026. Soufiane Benjdida, un sacré candidat
Meilleur buteur de la Botola Pro, l’attaquant du Maghreb Association Sportive de Fès est impliqué dans plus de la moitié des réalisations de son équipe. Grâce à un ratio qui frise le but par match, l’attaquant met toutes les chances de son côté afin de participer au Mondial 2026. D’autant que ses concurrents ne sont pas dans la forme de leur vie.
Article : Élections 2026 : la FGD et le PSU feront front commun
Réunis séparément le dimanche 10 mai à Casablanca et à Mohammédia, les deux conseils nationaux ont validé des candidatures communes et une répartition des circonscriptions, quatre ans après les divisions de 2021.