Législatives. L’UC lance de graves accusations contre le PJD
La formation de Mohamed Sajid accuse le PJD d’avoir fait pression contre l’un de ses ténors pour qu’il se présente comme tête de liste PJD contre… une autorisation de station service. Détails.
Au téléphone, Mohamed Sajid élève la voix. Fait suffisamment rare pour être souligné. Il se dit indigné, scandalisé, il parle de pressions, de comportement indigne où l’on voit un parti utiliser les moyens de l’Etat pour subtiliser un candidat à un autre parti.
Les faits. Ce samedi matin, le PJD publie une nouvelle liste de candidats. Stupéfaction: l’UC y découvre le nom de Abderrahmane Lherfi, coordinateur et élu régional de l’UC dans la ville de Sidi Kacem.
M. Sajid, contacté par nos soins, affirme que Lherfi avait déposé une demande d’ouverture de station service. La procédure exige plusieurs autorisations, dont la plus importante et la plus difficile à obtenir est celle du ministère de l’Energie.
Après l’apparition de son nom sur les listes PJD, Lherfi a expliqué selon M. Sajid, que ce fut le prix à payer pour obtenir l’autorisation. M. Sajid nous précise que le député UC de la ville avait soutenu Lherfi dans sa demande, sans succès.
Toujours selon la version de Mohamed Sajid, des dirigeants de l’UC ont rencontré M. Lherfi qui leur a affirmé que le PJD a fait pression sur lui pour lui accorder l’autorisation dans des délais record, à condition qu’il intègre ce parti comme tête de liste pour les législatives.
M. Sajid ajoute qu’il mesure la gravité de l’accusation qu’il porte et qui est étayée par les propos de M. Lherfi.
Médias 24 a essayé sans succès de joindre M. Lherfi. Son fils, qui est également parlementaire UC, a refusé de faire le moindre commentaire. M. Amara, ministre de l'Energie, n'a pas répondu à nos appels.
L’UC a publié en fin d’après midi ce samedi 3 septembre, un communiqué dont voici le texte intégral:
“Le parti de l’Union Constitutionnelle (UC) constate, avec stupéfaction, l’inclusion du nom de l’un de ses militants, M. Abderrahmane El Harfi, ex- parlementaire, actuel élu régional, coordinateur provincial et candidat de l’UC, dans les listes des investitures du PJD, pour la circonscription électorale de Sidi Kacem, en totale violation de toute règle éthique et déontologique.
“La stupéfaction est d’autant plus grande que Farid El Harfi, fils de Abderrahmane El Harfi, est actuellement député UC de cette même circonscription et la famille El Harfi, est, depuis 2007, partie intégrante dans cette circonscription de l'UC. De la même manière, le parti exprime sa surprise et son étonnement quant à l’investiture d’un secrétaire général d’un autre parti sur les listes du PJD [NDLR: Najib Ouazzani d’Al Ahd], et exprime son inquiétude de voir y figurer par ailleurs, pour Marrakech Guéliz, un prédicateur salafiste takfiriste [NDLR: Hammad Kabbaj].
“Ces cooptations contre-nature dénotent d’une dérive hégémonique d’une extrême gravité pour la jeune démocratie marocaine.
“S’agissant du cas de M. El Harfi, il s’agit selon les éléments disponibles, d’une transaction au caractère immoral avéré, selon laquelle le chef du PJD et chef du gouvernement, s’est assuré, avec la complicité de son ministre de l’Energie, de l’octroi d’une autorisation d’exploitation dans une affaire commerciale, en échange de la candidature de M. El Harfi au PJD.
“Il apparaît clairement que dans cette course à l’hégémonie, le PJD ne se prive plus d’aucun moyen de pression ou de négociation, y compris les moyens qui sont du ressort de l’administration, dont le chef de gouvernement est le patron en vertu de la loi.
“Cet acte de violence délibéré va à l’encontre des pratiques démocratiques normales auxquelles aspirent tous les démocrates.
“Les cooptations électoralistes du PJD n’épargnent plus aucun parti ni aucune circonscription, en abusant volontairement des moyens de l’Etat, pour monnayer, dans des «deals» condamnables, le ralliement déclaré ou secret de plusieurs acteurs de la vie politique au PJD.
“Ceci est d’autant plus scandaleux, que le chef du PJD, par ailleurs Chef du gouvernement et de l’Administration, se plaint, dans un processus de victimisation rodé, de ce qu’il appelle l’intervention de parties tierces dans la vie partisane, sans les avoir jamais nommées.
“Au-delà de toute compétition électorale, l’UC condamne fermement ces procédés et pratiques, contraires aux choix et à l’aspiration démocratiques du Maroc.
“Face à ce plan «d’hégémonie» manifeste du PJD, l’UC s’inquiète du bon déroulement des élections législatives. En effet, au vu de ces événements et pratiques, la question de savoir si on peut toujours faire confiance au Chef du Gouvernement comme responsable politiquement de ces élections, devient légitime“.
Affaire à suivre.
Lire également: Le PJD dément, l'UC persiste
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