Maroc-Japon: rapprochement entre Attijariwafa et la JBIC, l’AMDI et la Bank of Tokyo-Mitsubishi
La tenue de la 6e Conférence internationale de Tokyo sur le développement africain (TICAD en anglais) à Nairobi cette fin de semaine permis un rapprochement plus important entre AWB et la JBIC, la Banque du Japon pour la coopération internationale.
Après le sommet d’affaires Monde arabe-Japon tenu à Casablanca au printemps dernier, le 6e TICAD à Nairobi a été l’occasion pour Attijariwafa Bank (AWB) et l’Agence marocaine de développement des investissements (AMDI) de se rapprocher de partenaires japonais. La conférence TICAD réunit tous les trois ans le Japon et les pays africains. L’édition 2013 s’était tenue à Yokohama.
Le premier groupe bancaire marocain a signé un accord avec la JBIC, un organisme public. Pour sa part, l’AMDI a signé un mémorandum avec la Bank of Tokyo-Mitsubishi, organisme privé.
Ces mémorandums sont destinés développer les relations de travail entre les deux parties. Dans le cas d’AWB, il s’agit pour la banque de M. Kettani de renforcer une relation de travail entamée dès 2012 et 2014 avec la JBIC sur les projets énergie de Jorf Lasfar et de Safi a rappelé AWB dans un communiqué diffusé ce mardi matin.
La JBIC apporte son soutien à des projets d’entreprises japonaises à l’étranger, particulièrement les régions du monde où le Japon souhaite développer et renforcer sa présence. Le Maroc ne figurait pas en 2015 parmi les 20 principaux marchés-cibles de la Japan Bank for International Cooperation.
Dans un communiqué, la JBIC note "qu’AWB est la première banque marocaine et la sixième en Afrique avec une présence dans 24 pays, … l’objectif de la signature du mémorandum signé étant d’encourager les investissements et les exportations des entreprises japonaises vers l’Afrique et le Maroc".
Le mémorandum signé par l’AMDI vise à installer l’agence comme interlocuteur privilégié de la Bank of Tokyo-Mitsubishi et ses clients pour le marché marocain. Contacté par Médias 24, l’AMDI doit publier un communiqué “dans les prochains jours“.
Les échanges commerciaux entre le Maroc et le Japon se sont montés à près de 3 MMDH en 2015 faisant de Tokyo le 26e partenaire commercial du Maroc avec une tendance à la hausse pour 2016. En 2012, les échanges se montaient à 5,6 MMDH. Cette année-là le déficit commercial marocain avec Tokyo s’élevait à 3,7 MMDH avant de redescendre à 400 MDH en 2013.
Le Japon importe 20% de ses besoins en phosphates du Maroc et exporte une majorité de biens manufacturés.
En 2014, Tokyo a ouvert un bureau de représentation du JETRO, son organisme de promotion du commerce extérieur, à Rabat au quartier Hassane, le premier au Maghreb et le septième en Afrique.
Mais l’investissement japonais au Maroc ne représente encore que 0,02% du total. Le monde de l’industrie japonaise au Maroc est aujourd’hui représenté de manière visible par Yazaki, Sumitomo, Denso et Takata pour les équipementiers automobiles, Mitsui pour l’énergie à Jorf Lasfar et NTT dans l’offshoring à Tétouan. Le verrier Asahi prépare son implantation à l’Atlantic Zone de Kénitra pour 2019 et Mitsubishi s’intéresse au projet de réseau de gaz naturel liquéfié.
La présence marocaine, institutionnelle ou privée à Tokyo, reste très timide: aucune banque marocaine ni l’AMDI n’y disposent de bureaux. Il y existe cependant un Moroccan Business Club.
A Nairobi, la délégation marocaine était conduite par l’ambassadeur du Maroc au Kenya Abdelilah Benryane là où la majorité des pays africains étaient représentés à un niveau ministériel ou de Chef d’Etat. Le Japon était représenté par son Premier ministre Shinzo Abe; le Kenya, le Rwanda, le Tchad ou la Mauritanie par leurs présidents.
Le Japon compte 126 millions d’habitants et un revenu annuel par tête dépassant les 40.000 dollars. Après avoir commercialement conquis l’Europe et l’Amérique dans les années 1960, le pays dispose aujourd’hui d’immenses marchés émergents à ses portes: la Chine, l’Indonésie, les Philippines ou encore la Malaisie, le Vietnam et l’Inde.
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