La canicule actuelle au Royaume, effet d’un phénomène climatique global “alarmant”
La canicule, ou la vague de chaleur étendue que le Royaume a connue récemment, est l'effet d’un phénomène global "alarmant" qui nécessite une action synergique de tous les acteurs concernés, y compris responsables politiques, société civile et scientifiques.
Interviewé par la MAP sur la nature de ce phénomène météorologique qui sévit sur l’ensemble du territoire national depuis juillet dernier, Abdelghani Chehbouni, représentant de l’Institut de recherche pour le développement (IRD-France), a expliqué que cette montée "incompréhensible" des températures est étroitement liée au réchauffement climatique, et plus spécifiquement au phénomène climatique "El niño", qui déclenche une levée "anormale" des températures de l'eau dans la partie Est de l'océan Pacifique Sud, et qui a également impacté les précipitations au Maroc.
Il a noté que la température dans le monde est en croissance chaque année, soulignant qu’elle s’approche maintenant du niveau de 1,2 °C de hausse, qui était prévu dans "les scénarios les plus pessimistes" des climatologues dans les années 1990, d’où la nécessite d’agir en urgence.
Cette augmentation de température est liée à l’émission des gaz à effet de serre, contrairement aux hypothèses des climato-sceptiques qui présupposent qu’il s’agit d’un cycle naturel existant depuis 8.000 ans, a-t-il signalé, faisant remarquer que cette grande vague de chaleur provoque un impact direct sur la santé de la population et, associée à la pollution, conduit à l’installation d’un anticyclone sur les villes les plus polluées, empêchant l’évacuation de la pollution, et provoquant plusieurs maladies respiratoires et différents types de cancer.
Elle a des effets incommensurables tels la sécheresse, l’insécurité alimentaire, l’augmentation du CO2 dans les océans et leur acidification et un changement remarquable au niveau des écosystèmes, notamment ceux des ressources halieutiques, d’où la réduction des tailles de plusieurs types de poisson, a-t-il ajouté.
Pire encore, ce changement d’écosystème conduit à la propagation de certaines maladies qui n’existaient pas auparavant dans plusieurs régions, comme la "chikungunya", une maladie virale infectieuse transmise par les moustiques tigres du genre "Aedes", a-t-il fait observer.
Certaines pathologies, qui n’existaient qu’en Asie, commencent à émerger récemment au sud d’Europe et risqueraient d'atteindre le Maroc, a-t-il averti, faisant savoir que les diagnostics réalisés ont révélé certains cas porteurs du virus dans la région de Camargue en France, alors qu’ils n’ont jamais voyagé en Asie.
M. Chehbouni a également salué les Etats qui sont parvenus à mettre en place un "accord historique" en vue de réduire l’augmentation de la température à 2 °C d’ici la fin du siècle.
Il a souligné que la COP22, prévue à Marrakech en novembre prochain, doit déboucher sur la mise en œuvre des décisions prises à la COP21, avec l’ambition de réduire la hausse des températures à 1,5 °C, soutenant que cette conférence se doit d'être le prélude d’un processus durable engageant sociétés et États.
(Avce MAP)
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