Le Moussem de Moulay Abdellah a attiré 1 million de visiteurs cette année
A 9 km de la ville d’El Jadida se tient le Moussem annuel de Moulay Abdellah Amghar. Célébré depuis des centaines d’années à la mémoire du saint, l’événement est certainement le plus grand des 300 moussems significatifs au Maroc. Un événement culturel et ... économique.
C’est LE rendez-vous annuel des tribus de Doukkala. Du 5 au 12 août, les habitants de la région plantent 24.000 tentes, comme chaque année, dans l’enceinte de Moulay Abdellah Amghar, près d’El Jadida. 24.000 tentes, c'est une ville qui ne dort jamais pendant 8 jours.
Une aubaine pour les entreprises et les commerçants
Connu pour ses activités religieuses, culturelles, artistiques et artisanales, le moussem se présente aussi comme une aubaine pour les entreprises et les commerçants de la ville. Ces derniers tirent profit de l’achalandage du million devisiteurs, marocains et étrangers.
"Le festival est très bon pour le commerce. Pendant une semaine, toute la ville vit au rythme du moussem et devient très animée. Les entreprises en profitent pour promouvoir leurs produits et les commerçants pour augmenter leurs ventes", affirme Taher Halam, un des organisateurs du moussem, contacté par notre rédaction.
Cette année, ce sont au total 10 entreprises qui se sont alliées au moussem, dont OCP, Coca-Cola, Asta, Cadum ou encore la Banque populaire. Ces entreprises profitent de l’afflux des visiteurs pour présenter des produits, distribuer des échantillons et même organiser des jeux tombolas.
Du côté des commerçants, les bouchers, les vendeurs de légumes, ou encore ceux de souvenirs et d’articles de "tbourida", les ventes atteignent leur apogée lors de la manifestation. Le moussem dope l’économie locale, selon notre interlocuteur:
"Le moussem génère d'exceptionnelles retombées économiques. Nous enregistrons pour l'édition de cette année 1 million de visiteurs. Si l’on estime à titre d’exemple, que chaque personne dépense en moyenne seulement 20 DH par jour, ce qui est très peu par rapport à ce qui est dépensé généralement, ce sont 20 MDH qui circulent autour du moussem chaque jour".
Une organisation à 36 MDH
Afin d’anticiper la hausse du nombre de visiteurs, cette édition a connu des réformes au niveau des infrastructures, bitumage des rues du centre, et renouvellement du réseau de l’éclairage public.
Le montant alloué à l’organisation est de 36 MDH. Celui-ci recouvre l’aménagement de l’espace du moussem, de l’espace commercial, des rues et des boulevards, du champ de fantasia, des blocs sanitaires, des bornes fontaines, l’extension du réseau de l’éclairage public, de l’eau potable. Mais aussi l’entretien des locaux administratifs, abritant les forces de l’ordre, le renforcement du réseau d’assainissement liquide et la collecte d’ordures et propreté.
Peu de recettes pour la commune
Selon M. Halam, le moussem ne rapporte pas gros à la commune de Moulay Abdellah. Sans donner de chiffres, notre interlocuteur nous explique que les recettes proviennent seulement de la location de l’abattoir et du souk. Les tentes sont quant à elles proposées gratuitement aux visiteurs.
Une ambiance festive
Le million de visiteurs marocains et étrangers de cette édition ont profité des jeux traditionnels de l’art équestre, dits tbourida, animés par un rassemblement de plus de 100 "sorbas", représentant les tribus les plus connues du domaine. Le moussem est ainsi la plus grande concentration de cavalerie au Maroc, avec plus de 1.700 cavaliers.


Outre les fameux spectacles de tbourida, on retrouve plusieurs activités religieuses au sein du mausolée, principalement des causeries et des soirées d’invocation du prophète, ainsi qu’un concours de récitation et de psalmodie du Coran.
Au programme également, la très célèbre chasse aux faucons réalisée par les tribus Oulad Frej, ainsi que plusieurs spectacles et jeux auxquels les Doukkala sont particulièrement attachés, mais aussi des soirées artistiques.

Le moussem est également réputé pour son animation nocturne. Des orchestres musicaux et des troupes folkloriques se produisent et évoluent en permanence sur de nombreuses scènes aménagées, généralement financées par les grandes marques présentes.

La société royale de l’encouragement du cheval (Sorec), relevant du ministère de l’Agriculture, est comme à chaque édition présente, à travers un village réservé aux éleveurs de chevaux dans 4 espaces: procédures administratives, espace alimentation, espace bien être du cheval et espace reproduction des chevaux.
Il s’y ajoute un village pour la promotion de la tbourida, qui prend place au Mehrek, un espace ludique avec documentation pour comprendre l’art de la tbourida.
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