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Agriculture française: Une crise sans précédent

Agriculture française: Une crise sans précédent
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Le 11 août 2016 à 10h07 | Modifié 11 août 2016 à 10h07

Crise climatique, crise des marchés, engendrant le désespoir des agriculteurs: la situation de l'agriculture française "n'a jamais été aussi grave" et selon le président de la Fédération nationale des syndicats d'éxploitants agricoles (FNSEA) Xavier Beulin, le niveau des pertes dans ce secteur va s'élever pour 2016 "de 4 à 5 milliards d'euros", toutes filières confondues.

Cette perte "résulte d'une crise de marché, d'une crise climatique et d'une crise sanitaire qui se cumulent", a expliqué mercredi 10 août M. Beulin, qui s'exprimait dans une exploitation laitière, à Sulniac (Morbihan) à l'occasion d'une rencontre avec des agriculteurs et des responsables locaux de son syndicat.

La FNSEA réalise un tour de France des régions agricoles "où l'on sent de la désespérance", selon le secrétaire général adjoint du syndicat, Daniel Prieur.

Sur ces 4 à 5 milliards d'euros de pertes sur "la ferme France, on estime qu'il y a 3 milliards, peut-être un peu plus", qui vont venir des céréales, a précisé le président du principal syndicat agricole.

Cette filière connaît de grandes difficultés pour la deuxième année, avec "des cours mondiaux très très bas" selon M. Beulin. Les intempéries au printemps, plus particulièrement dans la moitié nord de la France, ont en outre provoqué une forte chute des rendements.

"C'est globalement, a dit M. Beulin, une perte (de production) supérieure à 30% avec des pics parfois -- je pense au blé dur -- de 60%. C'est énorme", a détaillé M. Beulin.

Conséquence de cette situation dans l'agriculture française, "la FNSEA travaille sur un plan de refinancement" des exploitations, "car à ce niveau de pertes, ce ne sont pas des mesures traditionnelles qui peuvent suffire", a expliqué M. Beulin à la presse.

Alors que nombre d'exploitations ont vu leur trésorerie se dégrader, "ce que nous allons demander au gouvernement, c'est de prendre en charge un fonds de garantie ou de réassurance qui devrait permettre aux banquiers, en direct auprès des agriculteurs, de leur proposer des conditions de taux, de durée (d'emprunts) compatibles avec leur rentabilité", a poursuivi M. Beulin, qui milite aussi pour "une fiscalité agricole mieux adaptée".

Prix, valorisation de la production, revendications sur les normes et réglementations qui pèsent sur les exploitations, sont les autres chantiers prioritaires du syndicat, a rappelé Xavier Beulin.

Ce dernier a écouté pendant près de deux heures à Sulniac les participants à cette réunion, qui ont dressé un tableau souvent noir des différentes filières: volailles, porcs, œufs, viande bovine, lapins, mais aussi lait.

Ce dernier secteur se révèle très déprimé, en raison des prix très bas payés aux producteurs. Principale cible de cette colère, la politique menée par Lactalis, le numéro un mondial du lait.

Le groupe français "a affiché en juillet le prix le plus bas jamais annoncé, pour les mois de juillet août, à savoir 256 euros les 1.000 litres", a expliqué Marie-Andrée Luherne, secrétaire général de la FDSEA 56.

"C'est un très mauvais signe car ça donne la tendance" pour les autres opérateurs du secteur, a-t-elle dit.

"Pour une rémunération normale de notre travail, il faudrait un prix de 360 euros pour 1.000 litres", a précisé Mme Luherne.

Les acteurs de l'agriculture française, syndicats, banques, mutuelles, chambres d'agricultures, se réunissent le 1er septembre à Paris pour tenter de construire un plan de sortie de crise.

(Avec AFP)

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Le 11 août 2016 à 10h07

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