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Mutinerie dans un centre de l’Administration penitentiaire à Casablanca

Tous les pensionnaires de l'établissement de rééducation pour jeunes, relevant de l'administration pénitentiaire, ont été transférés vers d'autres établissements à titre provisoire. Le centre est complètement hors d'usage, tous les équipements ou presque ont été détruits. Une enquête est ouverte. Selon des informations non-officielles, quelques pensionnaires ont tenté d'accéder au local où étaient entreposées les armes de service.

Mutinerie dans un centre de l’Administration penitentiaire à Casablanca

Le 29 juillet 2016 à 12h57

Modifié 29 juillet 2016 à 12h57

Tous les pensionnaires de l'établissement de rééducation pour jeunes, relevant de l'administration pénitentiaire, ont été transférés vers d'autres établissements à titre provisoire. Le centre est complètement hors d'usage, tous les équipements ou presque ont été détruits. Une enquête est ouverte. Selon des informations non-officielles, quelques pensionnaires ont tenté d'accéder au local où étaient entreposées les armes de service.

Nuit de tension au Centre de rééducation de Aïn Sebaâ à Casablanca. Vers 19H30, et selon la version de l’Administration pénitentiaire, plusieurs pensionnaires ont provoqué un incendie pour attirer les gardiens et organiser une évasion collective. Sans le sang-froid des forces de l'ordre, dans cette situation de grande tension, il y aurait eu de nombreuses victimes.

Au moins un véhicule-citerne de la protection civile a été utilisé comme un bélier pour forcer l’ouverture des portes.

Des heurts ont été signalés entre pensionnaires et forces de l’ordre arrivées nombreuses sur les lieux.

Des scènes d'une grande violence ont été rapportées. Des tirs de sommation à balles réelles ont eu lieu (vidéo). Il n'y a pas eu de morts ni de blessés par balles. Plusieurs dizaines de familles des jeunes pensionnaires sont arrivées sur les lieux.

Dans un communiqué publié en fin de matinée, l'Administration pénitentiaire fournit un bilan des événements:

"La mutinerie et les actes de vandalisme survenus jeudi soir dans le centre de rééducation pour jeunes de Ain Sebaâ à Casablanca ont occasionné des dégâts matériels importants et des blessures dans les rangs des fonctionnaires de l'établissement et des forces de l’ordre, qui sont intervenus pour maîtriser la situation.

"Les actes de vandalisme perpétrés par des pensionnaires du Centre ont causé de gros dégâts matériels au niveau des services administratifs de l'établissement, avec la destruction de l'ensemble des bureaux et des équipements, à l’exception du bureau de l’Econome, y compris les documents relatifs à la gestion des affaires des fonctionnaires, les registres d’incarcération, les dossiers judiciaires des prisonniers, le bureau du suivi médical, les infrastructures sanitaires, les dossiers médicaux, les médicaments, ainsi que la destruction du réseau de communications.

"Au niveau du centre de détention, tous les équipements d’extinction, des téléphones fixes, des dizaines de télévisions installées dans les cellules, des équipements électriques, des équipements de sport, des lits et des draps ont été détruits. De même que cinq chambres ont été incendiées au niveau de l’un des pavillons de l’établissement.

"Les actes de destruction ont concerné également, selon la même source, les bureaux et les équipements du service de préparation à la réinsertion relevant de la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus, y compris les livres, les instruments de musique, la médiathèque, les équipements de sport, les dossiers sociaux des pensionnaires, ainsi que les classes de cours.

"D'importants dommages ont été occasionnés au portail principal de l’établissement, à l’ensemble des équipements de surveillance électronique (caméras et autres), ainsi qu’au parc automobile de l’établissement, indique la même source, précisant qu’un bus a été totalement incendié, ainsi qu’un véhicule de transport des prisonniers.

"S’y ajoute la destruction d’une ambulance, de voitures de service, de motocycles de fonctionnaires, en plus d’un camion de la protection civile et des véhicules particuliers se trouvant dans l’enceinte de l’établissement.

"Le communiqué fait état également de blessures dans les rangs des fonctionnaires et des éléments des forces de l’ordre dans le cadre de l’intervention menée pour maîtriser la situation et rétablir l’ordre et la sécurité au niveau de l’établissement. Il s’agit de cinq éléments de la police, trois membres de la protection civile, six des forces auxiliaires et cinq fonctionnaires de la DGAPR. Neuf prisonniers ont été asphyxiés et évacués à l'hôpital qu'ils ont pu quitter à l'exception d'un seul cas, selon la même source. Au total, il y a eu 28 blessés.

"Vu l’ampleur des dégâts constatés au niveau des différents équipements, installations, infrastructures et services de l’établissement, particulièrement dans les salles incendiées, la Délégation générale a décidé de transférer un nombre de détenus vers d’autres établissements.

"A cet égard, l’administration de l’établissement, sous la supervision directe de responsables à l’Administration centrale sur place, a ouvert des canaux de communication directe avec les familles des prisonniers venues s’assurer de leur état, outre l’organisation d’une visite ouverte dans ce sens.

"La Délégation générale rappelle qu’elle mènera une enquête administrative une fois rétablis l’ordre et la sécurité au sein de l’établissement, afin de déterminer les causes de ces incidents et prendre les mesures administratives qui s’imposent. De leur côté, les autorités judiciaires compétentes ouvriront une enquête judiciaire sur cette affaire". [Fin du communiqué].

Dans un communiqué publié dans la soirée de jeudi en réaction à la mutinerie dans le Centre, la DGAPR avait affirmé, sur la base des premières données recueillies sur place, que cette mutinerie a été exécutée suivant un plan minutieusement préparé par des meneurs, qui n'ont pas hésité à incendier des lits pour provoquer la fumée dans le but d'attirer et de piéger les fonctionnaires de l'établissement, leur objectif étant de les attaquer et de sortir du quartier de détention.

Ces prisonniers ont tenté ensuite de forcer la porte en bois du lieu servant de dépôt d’armes, mais leur entreprise a échoué, car ils ne sont pas parvenus à casser la grille métallique de la porte, a expliqué la délégation. Une fois sortis du quartier de détention, les mutins ont incendié et endommagé un bus de transport des prisonniers, avant de lancer des pierres contre certains fonctionnaires qui ont été légèrement blessés.

Le parquet général compétent a été avisé, de même que les autorités locales et sécuritaires, qui se sont rendues sur place, au moment où les forces de l’ordre ont encerclé l’établissement et sont intervenues à l’intérieur du quartier de détention en vue d'évacuer les groupes de prisonniers vers la cour, le but étant de maîtriser les fauteurs de trouble depuis l’intérieur.

Les éléments des forces de l’ordre, appuyés par les fonctionnaires de la DGAPR des établissements voisins et sous l'encadrement de responsables de l'Administration centrale, sont parvenus à maîtriser la situation et à rétablir l’ordre et la sécurité au sein de l’établissement, ajoute le communiqué

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