Les points clés du Plan Maroc numérique 2020
Faire du Maroc l’un des trois pays les plus performants de la zone Moyen-Orient/Afrique en matière d’infrastructures datacom et d’environnement d’affaires IT, doubler le nombre de professionnels du numérique formés chaque année au Maroc pour atteindre 30.000 par an à horizon 2020… en font partie.
Présentée mardi 26 juillet par Moulay Hafid Elalamy devant les membres de l’Apebi, le plan Maroc digital s’articule autour de trois piliers qui doivent former un cercle vertueux à l’horizon 2020.
Accélérer la transformation numérique du Maroc
En s’appuyant sur trois volets:
- Le e-Gov: avec une vingtaine de projets structurels dont 80 % ayant pour vocation une transformation profonde des processus administratifs. Le but est de placer le Maroc dans le top 3 Moyen-Orient/Afrique (hors Conseil de coopération du Golfe) du classement «e-Gov» élaboré par les Nations-Unies et de réussir 4 projets structurants reconnus comme premiers en Afrique.
Ce volet repose également sur la mise en place d’un véhicule de co-investissement. Ce fonds «e-Gov» disposera d’un budget dédié et fonctionnera sur la base d’un mécanisme d’appel à manifestation d’intérêt.
La migration, l’intégration et l’interopérabilité des principaux systèmes d’information de l’Etat sont, elles aussi, ciblées.
- La résorption de la fracture numérique: elle se fera à travers l’alphabétisation numérique, le développement d’une palette de services sociaux numériques couvrant quatre domaines critiques pour le développement social tels que l’agriculture, la santé, l’éducation et l’inclusion financière. Un fonds d’innovation sociale sera créé à cet effet. En termes chiffrés, il s’agit de réduire de moitié la proportion de Marocains qui n’ont pas accès à Internet et de porter à 20 % le taux de PME équipées d’une connexion.
- La transformation de quatre secteurs critiques de l’économie nationale, qui sont la logistique portuaire, la gestion urbaine, la santé et le commerce, ainsi que les PME.
Faire du Maroc un hub numérique régional
Ce qui implique un renforcement de l’offre exportatrice numérique.
Le plan vise à atteindre un taux de croissance de l’offshoring de 5 à 10 % par an, à décrocher la place de premier hub numérique d’Afrique francophone et de deuxième hub numérique d’Afrique, après l’Afrique du Sud.
La relance du hub numérique marocain comportera deux volets : d’une part, le repositionnement stratégique vers le Business Process Outsourcing d’Europe, avec un changement de la clientèle cible et une révision totale de l’approche promotionnelle du Maroc et d’autre part, la stimulation des activités de hub numérique pour l’Afrique francophone, en développant une proposition de qualité.
Il faut savoir que pour garantir le succès de la transition numérique nationale, tout comme celui des exportations numériques, des préalables doivent être sécurisés. Parmi ces préalables, il faut favoriser l’essor de cinq à dix «locomotives» sous-sectorielles, suffisamment grandes pour figurer dans le top 30 des entreprises africaines de technologie et en encourageant l’éclosion et la croissance de start-ups , environ 500 start-ups d’ici 2020.
Pour ce qui est de la réglementation : une loi-cadre numérique devra voir le jour autour des droits numériques du citoyen, opposables aux administrations, l’intégration et l'interopérabilité des plateformes de l’Etat, l’open plateform…
Créer une place numérique Maroc
La problématique des compétences numériques doit être attaquée. Il s’agit de devenir l’un des trois pays les plus performants de la zone Moyen-Orient/Afrique en matière d’infrastructures datacom et d’environnement d’affaires IT et de doubler le nombre de professionnels du numérique formés chaque année au Maroc, pour atteindre 30.000 formations par an, à l'horizon 2020.
Notons que le conseil de gouvernement réuni le jeudi 28 juillet, a approuvé le projet de loi n° 61-16 porte institution de l’Agence du développement numérique, qui se chargera de la mise en œuvre de la stratégie de l’Etat dans le domaine du développement de l’économie numérique, l’encouragement de la diffusion des outils numériques et de la promotion de leur utilisation auprès de la population.
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