L'autorisation probable des cliniques mutualistes inquiète les professionnels
Le projet de loi relatif au code de la mutualité risque d'être amendé pour donner le droit aux mutuelles d'ouvrir leurs propres centres de soins. La situation inquiète les professionnels de la santé.
Les professionnels de la santé manifestent leur mécontentement face au projet de loi 109-12 relatif au code de la mutualité. Ce dernier risque d'être amendé par le gouvernement après avoir été approuvé par la Chambre des conseillers.
Les modifications en question concernent les articles 2 et 138 du code et donneraient aux secteurs mutualistes le droit d'exercer les prestations dévolues aux médecins des secteurs public et privé.
Contacté par Médias 24, le Dr. Mohammed Jerrar, président du Conseil nationale de l'Ordre des médecins dentistes tire la sonnette d'alarme: "Ce projet de loi, qui est censé réglementer le fonctionnement des mutuelles, risque de produire l'effet inverse" et pour cause; l'article 44 du code de la couverture médicale de base stipule, dans son chapitre dédié aux incompatibilités, qu'"il est interdit à un organisme gestionnaire d'un ou de plusieurs régimes d'assurance maladie obligatoire de base de cumuler la gestion de l'assurance maladie avec la gestion d'établissements assurant des prestations de diagnostic, de soins ou d'hospitalisation et/ou des établissements ayant pour objet la fourniture de médicaments, matériels, dispositifs et appareillages médicaux."
Or, les amendements qui risquent de se greffer au projet de loi concernent justement l'exploitation, par les organismes de mutuelle, d'établissements de prestations et de soins médicaux. C'est une aberration, selon notre source.
"Dans cette configuration, il existe un réel conflit d'intérêt. On ne peut pas être à la fois l'organisme qui collecte les cotisations, qui dispense les soins et qui contrôle la qualité des prestations. Cette situation pose un réel problème de gouvernance".
Le risque, selon Dr. Jerrar, est que "les mutuelles auront tendance à orienter leurs adhérents vers leurs propres centres de soins et à leur proposer uniquement les prestations ou les médicaments conventionnés. Cela touche donc directement la qualité des soins offerts."
Il est à noter que 3.200.000 adhérents et ayant-droits bénéficient d'une mutuelle. "L'amendement du projet de loi risque de pousser une partie des professionnels du secteur privé à mettre la clé sous la porte", s'inquiète Mohammed Jerrar.
à lire aussi
Article : Bourse de Casablanca : les minières sauvent un semestre marqué par la correction du marché (bilan)
Après un semestre marqué par une correction du marché, quelles valeurs ont résisté ? Quels secteurs ont tiré leur épingle du jeu ? Et où les investisseurs ont-ils concentré leurs échanges ? Voici le bilan des six premiers mois de 2026 à la Bourse de Casablanca à travers les principales performances de la cote.
Article : Textile : le déficit de main-d’œuvre dans la confection pèse sur les exportations
Les exportations textiles reculent de 9,1% à fin mai 2026, une baisse que les perturbations logistiques du premier trimestre ne suffisent plus à expliquer. L’aggravation de la baisse en avril et mai montre que le problème dépasse désormais le seul facteur logistique. La cause principale est aujourd’hui le déficit de main-d’œuvre, qui pèse directement sur la production, les délais de livraison et la capacité des entreprises à honorer leurs commandes.
Article : Traitement de l'eau. Le britannique Hydro Industries s'implante au Maroc avec Hydro Services Morocco
Le britannique Hydro Industries Limited s’implante au Maroc avec la création de Hydro Services Morocco, une SAS au capital de 1 MDH dédiée aux métiers du traitement de l’eau, de l’assainissement et du dessalement.
Article : Le Maroc face au choix du Rafale : les clés d'un arbitrage géopolitique contre le tout-américain
Si la volonté d'éviter une dépendance exclusive envers les États-Unis est réelle, l'équation budgétaire et le défi du nombre face à la flotte d'Alger imposent un examen attentif des réalités du terrain.
Article : Maroc-Chine : en attendant le Sahara, la relation bilatérale économique s'accélère
Dix ans après l'établissement d’un partenariat stratégique entre Rabat et Pékin au cours de la visite royale en Chine en 2016, l’ambassadrice chinoise au Maroc a célébré cet événement en déclarant que les relations économiques bilatérales ont connu une progression exceptionnelle. Si les perspectives industrielles et touristiques apparaissent plus que prometteuses, la question d'une éventuelle reconnaissance chinoise de la marocanité du Sahara au Conseil de sécurité de l'ONU demeure toujours entourée de précautions diplomatiques. Explications.
Article : IDE : le flux net progresse de 41,8% à fin mai 2026
Les investissements directs étrangers (IDE) au Maroc poursuivent leur progression à fin mai 2026. Porté par une hausse des recettes et un recul des dépenses, leur flux net atteint 23.319 MDH, en hausse de 41,8% par rapport à la même période de 2025. Dans le même temps, les investissements directs marocains à l’étranger (IDME) enregistrent également une nette progression.