Elections US: les Républicains sacrent Donald Trump comme candidat
Après deux jours de désordre, le Parti républicain a formellement désigné mardi 19 juillet soir Donald Trump comme candidat à la Maison Blanche, tentant d'oublier les divisions en ciblant une ennemie commune: la démocrate Hillary Clinton.
"Unité": le mot était sur les lèvres de nombreux délégués, euphoriques ou résignés, dans l'enceinte de la salle omnisports de Cleveland reconvertie pour la convention d'investiture républicaine, qui dure de lundi à jeudi dans cette ville en bordure du lac Erié.
Mais l'un des seuls moments où les milliers de délégués et d'invités républicains ont scandé un slogan d'une même voix, ce fut pour huer Hillary Clinton.
"Enfermez-la!", ont-ils lancé spontanément à quatre reprises lors d'un discours au vitriol de Chris Christie, gouverneur du New Jersey et ancien procureur fédéral, en forme de réquisitoire contre l'ancienne chef de la diplomatie de Barack Obama.
Enumérant les échecs supposés de la diplomatie américaine en Libye, Syrie, Iran, Nigeria, Russie ou Chine, Chris Christie a demandé: "Est-elle coupable ou non coupable?"
- Coupable!", a répondu la salle.
C'est cette même assemblée qui avait plongé dans un bref chaos lundi, quand des délégués anti-Trump avaient invectivé le président de séance lors d'un vote de procédure.
Mais les rebelles n'ont pas perturbé les votes solennels d'investiture de Donald Trump et de son colistier pour la vice-présidence, Mike Pence.
Une par une, dans un cérémonial folklorique, les délégations ont annoncé le résultat des primaires au micro, jusqu'à ce que l'un des fils du candidat new-yorkais, Donald Trump Jr., apporte les 89 voix de la délégation de New York au moment-clé, faisant passer son père au-dessus de la majorité requise.
"Félicitations papa, on t'aime", a dit Don Jr., entouré de son frère Eric et de ses soeurs Ivanka et Tiffany. Les délégués les plus circonspects ont applaudi poliment, tandis que les nombreux partisans de Donald Trump rugissaient.
Le candidat, conformément à la tradition, n'était pas là mardi mais, dans un court message vidéo, il s'est enorgueilli d'avoir lancé un "mouvement".
"Ensemble, nous avons obtenu des résultats historiques, avec le plus grand nombre de voix jamais obtenues dans l'histoire du parti républicain", a-t-il déclaré. "Nous devons aller jusqu'au bout".
Le milliardaire acceptera formellement l'investiture jeudi en vue de la présidentielle de novembre lors d'un discours en prime-time.
Polémique
Donald Trump Jr., 38 ans, et sa soeur Tiffany, 22 ans, ont chacun prononcé un discours. Confiant son admiration pour son père, qu'il accompagne sur les chantiers immobiliers depuis qu'il a appris à marcher, Don Jr. a décrit un homme à l'aise avec les ouvriers et appréciant "la dignité du travail".
"Quand les gens lui disent que c'est infaisable, c'est la garantie qu'il y arrivera", a affirmé le fils Trump.
Cette soirée sans fausse note a fait passer au second plan la polémique sur le discours prononcé par l'épouse de Donald Trump, Melania, lundi soir, devant 23 millions de téléspectateurs.
Ce qui devait être un grand moment pour l'ancien mannequin slovène, très discrète, a tourné au cirque médiatique après qu'un journaliste, Jarrett Hill, a relevé sur Twitter que Melania Trump avait emprunté à un discours de Michelle Obama en 2008 quelques passages, copiant mot pour mot plusieurs phrases sur les valeurs héritées de ses parents.
L'affaire humiliante a mis l'équipe de Donald Trump sur la défensive toute la journée de mardi. Des parodies de citations célèbres de Melania Trump ont fleuri sur les réseaux sociaux.
Selon le New York Times, deux anciennes plumes de George W. Bush avaient pourtant écrit un discours le mois dernier, un texte que Mme Trump a presque entièrement rejeté, illustrant l'aspect parfois amateur de l'organisation Trump.
Establishment
Les chefs républicains ont tenté à la tribune de donner un visage d'unité au parti, malgré les nombreux absents.
Paul Ryan, le quadragénaire devenu l'automne dernier le troisième personnage des Etats-Unis en tant que président de la Chambre des représentants, a fait allusion aux primaires républicaines fratricides.
"A-t-on eu des désaccords cette année? Bien sûr. Mais moi, j'appelle cela des preuves de vie", a-t-il assuré, avant de lancer quelques formules ciselées contre ses adversaires démocrates.
"Les années Obama sont presque terminées. Les années Clinton sont passées depuis longtemps", a-t-il affirmé.
Mais le ténor républicain a surtout vanté la reconstruction idéologique qu'il tente laborieusement, depuis le Congrès, de lancer.
Dans son discours, très applaudi, il n'aura prononcé le nom de Trump que deux fois.
(Avec AFP)
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